‹ Études sur la circulation et les banquesChapitre 7 sur 130 · DU CRÉDIT EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU CRÉDIT EN GÉNÉRAL

tard par celui des banques de circulation. En même temps les besoins des gouvernements donnèrent naissance au crédit public qui, du système des emprunts remboursables et temporaires, est successivement passé à celui des emprunts à rentes viagères, et à l'institution actuelle des rentes perpétuelles et des dettes flottantes.

Toutes les nations modernes ont cherché dans le crédit commercial et public, organisé sur une large échelle, des éléments de puissance industrielle . et politique, et toutes en ont cruellement éprouvé les abus. Il a donné des victoires, mais en escomptant l'avenir; il a décuplé la production, mais souvent au prix des souffrances des classes laborieuses ; il a multiplié les richesses, mais rendu les fortunes précaires. Force redoutable à qui l'emploie, il peut être pour les peuples une source d'opulence et de misère , de grandeur actuelle et de faiblesse future.

De toutes les institutions qui contribuent au développement du crédit, les banques de circulation sont celles qui exercent l'influence la plus étendue. Aussi ont-elles donné lieu aux débats les plus animés. Parmi ces discussions, les unes ont eu pour objet la comparaison des avantages et des inconvénients intrinsèques des banques, le principe même de leur admission ou de leur exclusion. Les autres n'ont porté que sur des points de détail, relatifs à l'or g a-

irisation de ces puissantes machines financières, tels que la recherche du meilleur emploi du capital, celle du rapport à établir entre la somme des billets et les réserves métalliques. .

Mais toutes ces controverses sont dominées par une question plus élevée, celle de savoir si le développement relatif des divers moyens de circulation ne doit pas varier suivant les temps, les lieux, l'organisation économique et la situation politique des sociétés.

C'est cette question que nous nous proposons . d'abord de traiter. Jusqu'ici, on a considéré les banques de circulation sous un point de vue général et abstrait, et négligé l'appréciation des milieux si différents dans lesquels elles peuvent fonctionner. Aussi, la plupart des écrivains qui ont discuté sur les avantages et les dangers de ces établissements sont-ils tombés dans les extrêmes opposés de l'engouement ou de l'hostilité systématique, parce qu'ils ont prétendu poser des règles absolues, là où il n'en saurait peut-être exister que de relatives.

Reconnaître, par l'analyse du phénomène compliqué de la circulation, les conditions spécialement favorables à l'emploi du numéraire ou des monnaies de confiance ; rechercher l'influence qu'exercent sur ces conditions les lois civiles, l'état de la propriété foncière et mobilière, le développement de l'agriculture, de l'industrie et du commerce, l'assiette

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