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toute réflexion, par le sentiment immédiat do son existence une et identique.
Le passage du phénomène à l’être est le premier degré de la métaphysique; le passage de l’être fini à l’être infini, du relatif à l’absolu, en est le second. C’est ici que le plus redoutable adversaire de la métaphysique n’est plus Kant; c'est le savant critique
écossais, M. Hamilton.
Sans doute, Kant a déclaré tout à fait impossible l’application des idées d’infini ou d’absolu à l’ordre de l’expérience ; il a essayé de prouver que toute tentative de ce genre est contradictoire ; et c’est là sans aucun doute qu’il a fait à la métaphysique les blessures les plus dangereuses. Mais il ne faut pas oublier qu'au-dessus de la sphère de l’expérience, dans le monde supra-sensible, Kant conserve la notion de l’a b-
solu, et il n’en considère pas l’objet comme impossible.
Il est vrai que l’absolu n’est à ses yeux que la règle suprême de la pensée, la limite nécessaire d’une raison qui ne peut remonter à l’infini la chaîne des phénomènes et des êtres, un point d’arrêt enfin. Mais je dis qu’il sullit d’accorder que la raison humaine ne peut se passer de la notion d’absolu. Car une fois ce point reconnu, le doute hyperbolique que l’on émet sur la valeur de cette idée, est de peu d’importance. La raison peut parfaitement bien prendre son parti de ne connaître les choses que suivant
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INTRODUCTION les lois de sa propre constitution ; car il est im- |) 0 ssible à un être pensant de penser à d’autres conditions que celles-là. A la vérité, Kant va plus loin, et il essaie de ruiner toute tentative de démontrer logiquement Inexistence de l’absolu ou de Dieu, en établissant que si l’on part du fini, on ne peut fonder l’infini sur le fini, et que si Ton part de l’idée de l’infini, on ne peut conclure de l’idée à l’étre. Mais je dis : si vous commencez par accorder qu’il est dans les nécessités de la raison de s’élever du fini à l’infini, du contingent à l’absolu, je n'ai pas besoin d une autre démonstration que cellelà. Ce fait fondamental que vous accordez est caché au fond de toutes vos démonstrations, et c’est lui qui en fait la force; ce que, du reste, Hégel a admirablement démontré (1). Enfin, dans le système de
Kant, la métaphysique de L’absolu est en suspens, en raison du doute sceptique qui pèse sur toutes nos connaissances; mais elle n’est pas impossible. Ce qui le prouve, c’est qu’il a suffi aux successeurs de Kant de passer par-dessus ce doute, pour construire, avec ses propres principes, la métaphysique la plus ambitieuse qui fut jamais.
M. Hamilton, le savant critique écossais, est bien plus radical; il reproche à Kant d’avoir conservé cette notion qui peut encore laisser quelque espoir aux
(I) Voy. Logique, Introduction, $ l et suiv.
INTRODUCTION