‹ Études sur la doctrine chrétienne du péchéChapitre 27 sur 47 · LE NOUVEL, HOMME · texte numérisé non relu

LE NOUVEL, HOMME

Le chrétien est une nouvelle créature; sa nature morale est complètement transformée (2 Cor.V,17; Gal.VI,45). L'esprit est devenu dans son intelligence un nouveau sens, une nouvelle lumière (p. ex. 1 Cor. IT, 40 et suiv.), dans sa volonté une force morale, Ovraus eoû (1 Cor. [, 18; Col. I, 11), qui le dirige (Rom. VILLE, 14), produit en lui de bonnes déterminations (Gal. V, 22 et suiv.) et le fait vivre d’une vie nouvelle (Rom. VI, 4). Toute cette action salutaire de Dieu sur l’homme se, résume dans la parole de lapôtre: « L'amour de Dieu est versé dans nos cœurs par l’esprit saint qui nous a été donné » (Rom. V,5); dydxm Toù eo, Ce n’est pas l'amour que Dieu à pour nous, mais bien notre amour pour Dieu; nous devons au Saint-Esprit la vraie disposition religieuse. Grâce à la nouvelle nature, l’ancienne a perdu sur l’homme son autorité absolue; 1l y a eu une rupture dans l'existence de l’homme: il est mort pour le péché (Rom. VI, 11) et la nature dépravée est morte pour lui (v. 6); le péché ne peut plus le dominer (v. 14). Cependant aussi longtemps que l’homme vit ici-bas, l’ancienne nature existe et cherche à reconquérir son pouvoir (Gal. V, 17), il y a lutte entre l'esprit et la chair. Il s’agit de crucifier la chair (Gal. V, 24), de se dépouiller du corps de la chair (Col. II, 11), d’exterminer les organes terrestres (III, 5), de déposer l’ancien homme (Éphés. IV, 29; Col. III, 9): le chrétien doit, par la lutte contre les mauvaises dispositions de sa volonté, se défaire de plus en plus de sa nature primitive, en tant que celle-ci est corrompue par le péché. D'un autre côté, il doit devenir un homme nouveau (Éph. IV, 93 et suiv.), il doit se transformer (Rom. XII, 2). En soumettant de

plus en plus à Christ ses pensées, ses désirs, ses dispositions (2 Cor. X, 5), il se pénètre et se remplit de sa vie et de son esprit (Éphés. II, 17; Col. IT, 6. 40 etc.), il fait de lui sa disposition morale (Phil. IF, 5; 1 Cor. I1,16) et la forme de sa vie (Gal. IV, 19).

C’est à la grâce de Dieu que le chrétien doit tout ce qu'il est (4 Cor. XV, 10). La foi même n'est pas son œuvre. Toute capacité (ixavornç) vient de Dieu (2 Cor. IT, 5): c’est lui qui ouvre les cœurs (comp. Actes XVI, 14), qui produit le repentir (2 Tim. Il, 25), qui éclaire l'intelligence (2 Cor. IV, 6); c’est lui qui commence (Phil. I, 6), qui nous fait vouloir et nous donne le pouvoir (Phil. 1,18 ; comp. Éphés. I, 19). Ceux-là croient qu'il a disposés à croire (Actes XIIT, 48; comp. Matth. XIIT, 3 et suiv., la parabole du Semeur). — Et cependant l’apôtre ne sait rien d’un décret éternel de Dieu, prédestinant les uns au salut, les autres à la perdition; car Ephés. [, 4 il s’agit d’une prédestination collective, et Rom. IX, 6 et suiv. parle d'individus choisis par Dieu, non pour être sauvés ou damnés, mais pour jouer dans le développement du royaume de Dieu tel rôle, honorable ou infâme. Les hommes peuvent résister à la volonté divine et refuser l’obéissance (Rom. X, 16; Hébr. IV, 7 et suiv.; comp. Luc VIT, 30; Actes VII, 51). Nous sommes l’œuvre de Dieu (Éphés. IT, 10) ; mais Dieu accomplit son œuvre en nous par les exhortations de l'Évangile, c’est-à-dire par l’intermédiaire de notre volonté et de notre libre arbitre.

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