II, 8 149.—21II, 8 155. — 311, $ 165. —4I, $ 20; II
est la seule cause réelle, le seul principe vraiment actif. Dans toutes les sphères de la nature règne la même nécessité dialectique. La monarchie de la substance est remplacée par la monarchie de l’idée; tout est nécessaire, légitime et bon, parce que tout est logique. Ce qu’on appelle mal n’est qu’une phase du développement de l’idée, Hegel l’affirme sans crainte. Car l'idée, qui est le bien, ne se réalise que par l'opposition, par l'antithèse; elle n’arrive à une existence réelle et pleine qu'en niant sa négation, donc elle ne peut se passer du mal,
Mais, chose étrange! il est assez difficile de dire ce qu'est, selon Hegel, le péché. D’après une série de passages, il est l’état naturel de l’homme: être ignorant et grossier, celui-ci se trouve, dans sa condition primitive, opposé à sa destinée; il devrait s'élever au-dessus du
monde irrationnel et il ne s’en distingue pas encore; il devrait être esprit, et il est nature, c’est là le mal2. Mais plus souvent Hegel nomme cette première et infime période du développement humain son innocence primitive. Toutes les natures, dit-il, doivent perdre leur innocence; l'homme ne peut rester dans l’état de nature, — il en sort quand son intelligence s'ouvre, quand par la réflexion naissante il se distingue de la nature, se saisit, se comprend, S’affirme comme un
1 Rechtsphilosophie, p. 185.
2« Der Menschist von Natur bôse, sein Ansichsein, sein Natürlichscin ist das Bôse....» RARE ones: [, p. 211 et 231 — «Der Mensch als im DRE u. ungebildeten Zustande ist in einer Lage in der ex nicht sein soll und von der er sich befreien muss. Die Lehre von der Erbsünde, ohne welche das Christentlum nicht die Religion der Freiheit würe, hat diese Bedeutung» Rechtsphilosophie, p. 54.
8 Logik, TL, p. 65.
“HEGEL. 105 être à part, quand, voulant être à lui, il s'oppose à l’ensemble des choses. C'est cette rupture entre l'individu et le tout qui est proprement le mal, mal nécessaire et glorieux, car ainsi seulement l’homme arrive à la liberté et à la raison’. Le péché a son origine dans le mystère de la liberté?, il faut que l’homme sente son indépendance. Il faut qu’il goûte de l’arbre de la science; avant cela 1l n’est pas un homme, mais une bêtes; la chute estl'histoire éternelle et nécessaire de l’hommet. — Si l'intelligence exige le péché, l'intelligence en opère aussi la rédemption. Par un acte supérieur de la pensée, l’homme comprend que tout en étant individu il n’en est pas moins un membre de l’univers, il reconnaît que la séparation n’est pas réelle, que l'idée est tout et produit tout, et que rien ne peut rompre Punité essentielle de Dieu-et du monde. Le mal cesse d’être mal, dès qu’on ne le considère plus comme tel. | |
Il est curieux et instructif de revoir ces pensées, émises par Hegel dans un style désespérant et avec force contradictions et tergiversations, dans la forme populaire, simple et précise, qu’elles revêtirent dans la suite. Un disciple de Hegel nous en offre l’occasion dans un ouvrage spécial sur notre sujet5. Le contrastes,
1 Das Betrachten selbst ist das Bôse. Religionsphilosophie, p. 215 et suiv.
2 Rechisphilosophie, p. 184.
3 Tbid. p. 187.
4 Religionsphil., 1, p. 194: Der. Sündenfall ist die ewige nothwendige Geschichte des Menschen. — Cons. sur la théorie de Hegel Bartholmess, Hisioire des doctrines religieuses de la philosophie moderne, II, p. 289 et suiv. J. Müller, I, p. 528 et suiv.
5B. H. Blasche. Das Bôse im Pinklang mit der Weliordnung dargestelli, 1817.
6 Die Geyensätelichkeït.
dit Blasche, estla loiuniverselle. Ghaque être demande, pour exister et pour être connu, quelque chose qui lui soit opposé. La chaleur n’est rien sans le froid, les ténèbres rien sans la lumière, la santé rien sans les maladies. Le bien aussi n'existe que grâce au mal. Il n’y aurait pas de vertu, si le péché n'était pas, dont l'opposition réveille les forces morales, les provoque à la lutte, les fait agir et grandir, les révèle enfin dans leur magnifique supériorité. Que serait la vie sans l’hésitation, le combat, la défaile alternant avec le triomphe eten relevant l'éclat? Pourrait-on parler de progrès si l'histoire était une suile non interrompue de bonnes actions? La poésie elle-même aurait-elle encore du charme, si elle ne pouvait plus décrire les sombres drames du cœur humain? Ceci déjà doit nous convaincre qu'il n’y a rien d'arbitraire dans l'apparition du mal; qu’il est, au contraire, à sa place dans l’ordre des choses, comme les ombres dans un tableau, comme les dissonnances dans une harmonie. — Mais entrons plus avant dans l’économie du monde. Qu'est-ce que le mal? Si le bien est Dieu, l’éternelle et immuable unité, le mal est l’individualité et la variété, c’est-àdire le principe même du monde des choses finies. Chaque existence particulière s’est détachée de l’ensemble, séparée de la volonté universelle et mise en opposition avec Dieu, l'identité absolue. Lorsque le premier soleil prit forme dans la nébuleuse primitive, ce fut une chute; les planètes continuèrent la défection; chaque grain qui germe la répète. Naturellement ces ruptures, ces formations individuelles portent d’abord Je trouble dans l’univers. Elles donnent lieu aux révolutions cosmiques, aux cataclysmes, aux maladies, en
BLASCHENIL AT A 107 général au mal physique. Mais bientôt tout rentre dans lordre, la créature est mise au service de l’ensemble, l'harmonie est rétablie , le mal est vaincu. — L'homme aussi commence par une défection: il se distingue de la nature, il se constitue comme personnalité, il se concentre et s’isole, il se donne un caractère et cherche à le conserver. De là la disharmonie: une vie particulière se forme toujours au détriment de la vie générale, une nouvelle personnalité qui surgit, met celles, qui existent déjà, un peu plus à létroit, et ne peut se faire une place au soleil qu’en froissant quelques-uns de ses semblables. Quoi que l’homme fasse, il agit d’après son caractère , il fait valoir sa volonté particulière, c'est son droit d’individu. Toutes ses actions sont nécessaires, parce qu’elles découlent toutes de sa nature. Il n’y à rien d’arbitraire. Tout aussi est bien, car, vu d’en haut, vu du haut de Dieu, le monde est un, il compose une harmonie magnifique. La volonté universelle domine les volontés individuelles; chaque chose est à sa place, chaque caractère à son rôle, et même les hommes et les aclions qu’on ne peut que condamner quand on les considère en eux-mêmes, contribuent à leur façon à la perfection de l'univers. Le mal est proprement un bienfait et un bien. Il ne peut cesser d'être qu'avec le monde lui-même !.
1Comp. Marheineke, Dogmatik, 1847, p. 196 et suiv. (p. ex. « Die Ichwerdung der Natur ist zugleich das Egoistischwerden derselben»). — Strauss, Dogmatik, IL, p. 71 et suiv., p. 365 et suiv. p. 495. «L'homme, dit Strauss dans ce dernier passage, peut envisager l'humanité de deux manières différentes. Il peut la considérer comme le type idéal de la perfection humaine; ce type, n'étant réalisé nulle part, réprouve et condamne tous les hommes comme une loi redoutable. Ou bien il se
représente l'humanité d’une manière concrète, comme l’ensemble harmonieux de tous les contrastes..…, et dans cette idée, qui est le vrai
Blasche ne veut pas, il est vrai, faire l’apologie absolue du mal. Considérées en détail, dit-il une fois, les actions mauvaises sont bien réellement mauvaises et blämables, et il demande que lindividu fasse à Dieu le sacrifice de sa volonté particulière. La logique populaire à laquelle il s'adresse ne veut pas de ces réserves inconséquertes. Il faut respecter les individualités , il faut comprendre les exigences du naturel, il faut juger l'ensemble de l’homme, non ses actes isolés ! Plus un caractère est puissant, plus sans doute il prête à redire à la morale vulgaire; mais ce n’est pas ce juge qu'il faut invoquer : la mesure des actions de l'homme est la prudence et l'énergie dont elles font preuve, et l'effet qu’elles produisent. Soyez vousmême, — indépendant, original et fort, et vous serez assez vertueux ! — Voilà l'application rigoureuse des principes éthiques de Hegel et les idées régnantes du monde moderne.
3) Le péché d'après Schleiermacher.
Fr. D. Strauss à prononcé sur Schleiermacher un mot bien dur : «Après avoir livré en traître la philosophie à la théologie, dit-il, il a livré de même la théo-
Rédempteur, chaque homme est réconcilié et justifié, car chaque homme est une manifestation de l'humanité ainsi conçue. Cependant pour être justifié il faut croire, c'est-à-dire faire naître en soi cette idée de l'humanité. Aussi longtemps que l'homme tient à son individualité et ne sait pas s'élever à l'idée de l’universalité, il est plutôt une bête qu'un homme, le vil jouet des passions... Mais lorsqu'il a appris à se sentir comme une partie intégrante de l’ensemble, lorsaw’il reconnaît dans ce qui le limite et l'entrave (dans les maux et les péchés) le revers de la réalité d'autrui, une forme essentielle, une révélation de l'idée, alors il est libre de la limitation, domine ses passions et jouit de la vie divine idéale. »
SCHLEIERMACHER. 109 logie à la philosophie !» La philosophie et la théologie ont en effet toutes les deux à se plaindre des procédés de Schleiermacher; la première Jui reproche d’avoir voulu soustraire au contrôle de la raison pure tout un vaste domaine de lobservation; la seconde proteste contre l'introduction clandestine de conceptions philosophiquées dans la science religieuse. La piété chrétienne ne se reconnaît pas toujours dans l’image que Schleiermacher en a tracée; surtout elle cherche en vain chez lui le Dieu libre et conscient qui s’est révélé en Jésus. L'idée de Dieu, — c’est là la grande pierre d’achoppement dans le système de Schleiermacher, et la source dé toutes ses imperfections. Voici comment il la développe dans sa Dialectique , qui est la clef de sa Dogmatique ! : Dieu ést un postulat de nôtre raison ; car, ne voyant partout que des principes opposés, le réel et l'idéal, la force et la manifestation ; la cause et l'effet, la pensée et l’action, nous supposons nécessairement un principe supérieur, coordonnant et unissant les extrêmés; si le monde était, en réalité, divisé comme il nous apparaît, où serait la certitude? Mais, précisément parce que nous concevons tout sous la forme de la différence et de la relation, nous ne pouvons nous faire uné idée précise de Diéu sans nous engager dans des contradictions sans fin. Le théisme est donc à exclurè commé le panthéisme; nous ne pouvons concevoir Dieu ni comme force absolue, — la force ne se conçoit pas sans son effet, — ni comme sujet absolu, — uné personne n’est pas sans d’autres personnes. Le monde et Dieu né sont ni à confondre,
1 Comp. Leo, Schleiermachers Philosophische Grundanschauwung. Xenx,
comme le fait Spinosa, ni à distinguer, comme le veulent les théistes; ils ne sont pas identiques, car dans notre pensée la divinité est une unité sans pluralité, tandis que le monde est une pluralité sans unité; le monde remplit le temps et l’espace, tandis que la divinité est infinie et éternelle; le monde est la totalité des différences, la divinité en est la négation. Ils ne sont pas non plus séparables, car le monde n'est pas sans Dieu, ni Dieu sans le monde : qu’on essaie de se représenter Dieu comme existant avant le monde, et l’on s’apercevra que ce n’est plus là une idée, mais une image fantastique! ! Si le monde est sans Dieu, le fatum et la matière sont la cause des choses; si Dieu est sans le monde, Dieu est le principe du non-être et le monde est arbitraire ?. — Dans la Dogmatique, nous retrouvons les mêmes considérations. Le monde, c’està-dire la totalité des choses créées, n’est pas Dieu, car nous nous sentons absolument dépendants de Dieu , tandis que nous exerçons sur le monde qui nous environne une certaine action. D’un autre côté, le sentiment religieux nous interdit de placer Dieu en dehors du monde, car ce n’est que par l'intermédiaire du monde que nous avons conscience de lui. Dieu est lonc la toute-puissante et invisible causalité qui traverse et porte l'univers, la force vivante immatérielle et nnmuable qui, placée au-dessus du temps et de l’espace, mais non au-dessus du monde, agissant à Ja iois Hbrement et nécessairement, produit et conserve sans cesse les choses et les unit entre elles. Il n’y à point de différences en Dieu, par conséquent pas d’attibuts distincts. En lui, penser c’est vouloir, vouloir 1 Dialectique, $ 219. — 28 295,
! SCHLEIERMACHER. M c’est pouvoir, et pouvoir c’est agir; ce qu'il est, ce qu'il veut, ce qu’il peut, correspond exactement à l’ensemble des choses créées ; son essence, c’est la puissance , ou mieux, l’activité absolue! Sentir que tout ce que nous sommes et tout ce qui agit sur nous est sous la dépendance de Dieu , est absolument la même chose que croire que tout cela est compris dans la causalité universelle?, La puissance divine et la causalité universelle sont la même chose envisagée de points de vue différents?.
Ce n’est pas ici le lieu d'examiner s’il y a une différence réelle entre cette notion de Dieu et celle que donne Spinosa“; encore moins, si elle répond au sentiment chrétien. Ge qui nous importe, c’est de constater que Schleiermacher a été amené comme Spinosa | au déterminisme le plus absolu. Tout est à tous les degrés de la vie complétement subordonné à l’activité divine, les causes relatives sont comprises dans la cause absolue, et les forces réparties dans le monde sont, sans exception, les instruments par lesquels Dieu agit comme il le veut et comme il l’a voulu de toute éternité. L'homme aussi n’est qu'un anneau dans cette grande chaîne des causes et des effets; chacune de ses actions est la résultante nécessaire des dispositions intérieures et des influences extérieures. L'action qu'il fait n’est pas moins la sienne, car quand il reçoit
1$ 54, 3. Comp. ce que dit Spinosa, Æth., I, pr. 34: Dei potentia est ipsa \psius essentia.
2$ 46. — 3 Dogmatique, I, p. 228.
4Schleiermacher ne se défend d’ailleurs que très-mollement contre l'accusation. de panthéisme, p. 49 et suiv. Voy. sur la question Baur, L'Église au XIXe siècle, p. 202 et suiv.
5$ 46, surtout, p. 230 et suiv.
412 III. L'IMPUTATION DU PÉCHÉ, du monde une impression , il la fait entrer dans son âme, il se l’assimile , il la transforme selon son caprice ou sa réflexion, selon ses sentiments ou sa moralité, il lui imprime le sceau de son individualité et la fait rentrer ainsi changée dans la circulation de la vie. Cette activité partielle qu'il exerce, cette faculté de produire dans le monde un certain changement, de faire passer l'impression reçue par le prisme de son intelligence, par le creuset de son caractère, constitue la liberté de l’homme. Mais toutes les créatures ont leur part de cette liberté : le moindre rouage fait subir au mouvement qu'il a reçu une modification plus ou moins notable, et l’impulsion transmise diffère toujours de impulsion donnée. Et cette liberté n’est que relative, elle découle de l’individualité, et l’individualité est formée par Dieu. Dieu, en dotant chaque être de certaines propriétés, lui mesure une certaine part d’indépendance et de spontanéité; il distingue la créature des autres êtres, mais non de lui-même ; il la sépare, mais ne l'isole pas ; il l’oppose à une partie mais non à l’ensemble des choses. En dernière instance, tout provient de Dieu, tout dépend de Dieu; eu égard à lui, il n'y a pas dans le monde des êtres. contingents de différence stricte entre la liberté et la nécessité!. — Le monde est l’expression complète et exacte de la volonté divine. Dieu ne veut que ce qui est, et tout ce qui est est voulu par Dieu?. Il faut donc aussi considérer Dieu comme l’auteur du péchéi. Mais qu'est-ce que le péché ? RS et EN
1$ 49. 81, 2. Dialectique, $ 198. Note: be Libre arbitre est le produit de la coexistence de l’homme avec tout ce qui l'entoure. — On sait
que Schleiermacher n’admet pas d'influence réelle de la raison sur la volonté. Christ. Sitte, p. 115 ct suiv. — ? Dogmatique, $ 54, — 8$ 79.
SCHLEIERMACIHER. 118
* Nous avons déjà entendu et critiqué la définition que Schleiermacher donne de la piété: c’est, selon lui, le sentiment inné et naturel à l’homme de la dépendance absolue dans laquelle il est placé, avec l’universalité des êtres finis, vis-à-vis de l’Être suprême qui est Dieu. Or ce sentiment, le plus élevé qui soit dans l'homme, n'occupe jamais à lui seul notre âme entière; c’est toujours à propos d’une chose ou d’un évenement que nous nous élevons à Dieu’; la conscience de Dieu n’est pas sans la conscience du monde? , et la piété consiste plus spécialement à allier à nos impressions, à nos pensées, nos désirs, nos résolutions, à tout ce qui surgit en nous dans tous les moments de notre vie le sentiment de Dieu et de sa toute-puissante présenceÿ. L'homme est d'autant plus pieux qu'il lui est aisé d'évoquer ce sentiment et doux de s’incliner avec tout ce qu'il fait et tout ce qu'il éprouve sous la volonté divine. Il l’est d'autant moins qu'il a de la peine à faire naître en lui ce sentiment‘. Lorsque ses idées et ses affections répugnent à l'idée de Dieu, lorsqu'il lui faut un effort pénible et désagréable pour se représenter l’Étre suprême, lorsquela conscience qu’il a de lui-même et du monde exclut la conscience de Dieu ou ne s’y
1« Der religiôse Mensch hat heim Arg daraus, dus Bewusstsein Gottes mur au haben an dem frischen w. lebendigen Bewusstscin cines irdischen.» Dialectique, p. 155.
2 Dogmatique, $ 5, 3.
3 Quidquid cupimus et agimus, cujus causa sumus, quatenus Dei habemus ideum, sive quatenus Deum cognoscimus, ad religionem refero……. Summum mentis bonum est Dei cognitio, et sumvma mentis virtus Deum cognoscere. Hic erga Deum amor mentem maxime oçcupare debet; est eninr hic amor junctus ommibus corporis afiectionibus.…. Spinosa, 0. c., p. 356, 348 et 400.
associe que difficilement, il est dans l’état anormal et coupable du péché. Le péché est donc l’impiété, c’està-dire d’un côté la faiblesse du sentiment religieux , son impuissance à devenir en nous le sentiment dominant; de l’autre côté, le développement excessif du sentiment mondain, la prétention des impressions naturelles à remplir seules âme humaine. Si nous appelons esprit ce qui nous élève à Dieu, et chair les fonctions de l’âme, depuis la sensation jusqu’à la raison spéculaiive, qui sont dirigées vers le monde, le péché est l'incompatibilité de la chair et de l'esprit, l'opposition entre la conscience supérieure et la conscience inférieurei.
Un tel état n’est pas celui du chrétien. Par la foi en Jésus, l'esprit a reçu chez lui la suprématie et aspire sans cesse à ramener la multiplicité des idées mondaines à l’unité de l'idée de Dieu. L'homme natarel, par contre, celui qui est encore en dehors de linfluence du christanisme , ignore la vraie piété. Les sentiments inférieurs l'absorbent, la conscience supérieure est étouffée, obscurcie et souillée; incapable de faire le bien, il ne peut pas même tendre à une amélioration de sa vie morale?. Dans tout le domaine de l'humanité dépravée il n°y a pas une action porfaitement bonne, c’est-à-dire manifesiant purement et complétement l'énergie du sentiment religieux ÿ. Ce qu'il y a de plus noble dans la justice civile est œuvre de la chairé, et tout ce qui provient de l'action propre de la chair est mauvais. Or l’homme se trouve dans cet état depuis sa naissance, l'humanité y est depuis le premier homme. La prévalence de la chair a donc sa cause au delà de l'origine de notre existence individuelle, — le péché est originel”.
2 $ 65 ot 67. — 2$ 70. — 3 P. 409. — 4P, 380, — 5$ 69.