ÉSSAI D'UNE SOLUTION
Nes hommes sont hou non par leur faute-per-, sonnelle, mais par leur.origine naturelle: La. dépravation individuelle découle de la corruption de l’espècé:: Mais celui qui a créé le genre humain n’a pas formé le péché. Un changement funeste des dispositions morales, de l’homme s’est opéré au sein de Phumanité même et. à son origine, dans la vie du premier homme. Dans quelles conditions une chute a-t-elle été possible? Com-. ment une.chute du premier homme a-t-elle pu avoir. pour suite l’état actuel de l'humanité ?
1. D’après le témoignage de la conscience, homme, même à l’état normal, n’a qu’une liberté partielle. ; Nous sommes des êtres à la fois naturels et moraux. La portée de notre volonté ne s'étend pas sur toute notre existence, elle s’arrête et s'arrêtera toujours aux barrières posées par notre contingence. La créature morale était donc déjà en partie déterminée avant d’avoir à se déterminer; elle avait une existense concrète avant de tomber. |
Le péché a profondément troublé toutes nos relations; mais abstraction faite de cette altération accidentelle, les conditions naturelles de notre vie ne nous apparaissent pas comme des maux, elles se prêtent au, contraire à toutes les exigences d’un développement normal. La création actuelle, parfaite en substance, n’est donc pas issue du péché. L'événement que nous déplorons n’a pas eu lieu dans une existence antérieure, mais au commencement de l'histoire actuelle du monde.
L'homme est un être contingent. Or le fini, qui est la négation de l'infini, ne peut se concevoir sans sa propre négation. Le fini, étant opposé à Dieu, doit cesser d’être; étant voulu par Dieu, il ne peut cesser d’être. La solution de cette antinomie est l’idée du progrès. Dieu ne peut créer un être contingent sans lui donner la tendance à sortir de son état relatif et à se rapprocher de l'infini et de l’absolu. L'homme est donc créé en vue d'un progrès infini.
Soumettre la nature à sa volonté, faire de la matière un corps, un organe de l'esprit, tel est le progrès naturel de l’homme. Se soumettre lui-même et ses conquêtes à Dieu, faire de la nature le corps, l’organe de l'esprit divin, tel est son progrès moral. Nous parlons de l'existence terrestre de l’homme; son progrès ultérieur se soustrait nécessairement à notre observation.
Si le début de l’humanité fut normal, l’homme était d’abord capable de remplir cette double obligation. Destiné à régner sur la terre, 1l n’a pu être produit par la nature ni naître dans un état d'enfance et d’impuissance physique et intellectuelle qui eût fait de lui un jouet et un esclave des forces inférieures. Il reçut donc la vie non du monde déjà formé, mais de Dieu luimême, et fut doté dès le commencement d’un certain ascendant matériel et intellectuel sur la nature dont il devait être le roi. Destiné à exécuter la volonté divine, il devait la connaître et être disposé à l’accomplir. Il était donc en communion de pensée et d'affection avec Dieu, dont il devait être le serviteur, et placé avec Dieu dans ce rapport d’amour dont sa vie entière devait être la réalisation.
Un rapport d'amour est un rapport personnel et