‹ Etudes sur la fronde des ZygoptéridéesChapitre 80 sur 119 · Objection touchant la nature des pôles ligneux · texte numérisé non relu

Objection touchant la nature des pôles ligneux

Troisième objection. — Les pôles fondamentaux sont intérieurs au bois chez S. oldhamia et extérieurs chez A. westphaliensis; le mode de différenciation ligneuse est donc changé et dès lors, toute comparaison ultérieure des deux traces foliaires est sans objet.

L’objection aurait à coup sûr plus de valeur, si nous ne connaissions que les genres Stauropteris et Ankyropteris ; mais à côté A? Ankyropteris, il y a Zygopteris et Etapteris et les différences qui séparent le premier genre du second ne sont pas plus grandes que celles qui séparent le second des deux derniers. Nous montrerons plus tard, que la différenciation ligneuse ma pas changé en passant au genre Stauropteris; pour l’instant nous ne nous occuperons que de la nature des pôles.

Les pôles fondamentaux sont placés devant les renflements récepteurs dans tous les genres de Zygoptéridées. Ils sont nettement extérieurs chez Etapteris , c’est-à-dire situés tout à fait au bord du bois et contre le liber. Ils sont encore extérieurs chez Diplolabis et Zygopteris ; mais chez le premier

CLASSIFICATION DES ZYGOPTÉRIDÈES. 171

au moins, les pôles sont périodiquement enfermés à l’intérieur d’une boucle périphérique temporaire, résultant de l’union des deux demi-pièces sortantes sur l’axe de symétrie droitegauche; nous dirons cependant qu’ils restent extérieurs, parce qu’il y a toujours du liber devant eux. Chez Ankyropteris , la boucle ligneuse périphérique ne s’ouvre jamais ; grâce à un dispositif, que nous avons décrit (2e partie, chap. II), les sorties sont libérées sans interrompre un seul instant la continuité du filament ; et nous avons noté que ceci est un caractère primitif, qui se retrouve chez Clepsydropsis et Asterochlœna. On peut dire encore, que les pôles sont extérieurs ; on peut dire aussi qu’ils sont en voie de devenir intérieurs au bois, mais qu’une certaine quantité de liber a été emprisonnée avec eux. Si nous imaginons que ce liber interne diminue progressivement jusqu’à disparaître, le filament viendra s’appliquer sur les antennes ; la boucle ligneuse finira par se remplir et les pôles deviendront vraiment intérieurs au bois.

Ce phénomène se produit périodiquement chez A. Williamsoni; les boucles périphériques sont ici beaucoup plus petites que chez A. ivestphaliensis ; à chaque nouvelle rentrée, le liber de la boucle se termine en cul de sac en descendant ; les pôles ligneux deviennent intérieurs au bois, puis s’éteignent. A. Wüliamsoni, constitue donc une transition très nette vers le genre Slauvopteris ; c’est ce que montre le tableau suivant :

Etapteris : pôles toujours intérieurs sans restriction.

Zygopteris'. pôles extérieurs, mais périodiquement enfermés dans une boucle ligneuse périphérique temporaire remplie de liber.

Ankyr opter Is ivestphaliensis : pôle extérieurs, mais enfermés dans une boucle périphérique permanente.

A. Wüliamsoni : pôles, tantôt extérieurs, mais enfermés dans une boucle périphérique, tantôt tout à fait intérieurs.

Stauropteris : pôles toujours intérieurs au bois.

Le phénomène de la fermeture des divergeants ligneux est du reste en étroite relation avec le nouveau mode de réception de la pièce rentrante ; celle-ci en venant s’attacher presque toute entière sur les deux antennes, tout en conservant un léger contact avec les rendements récepteurs, enferme normalement les pôles trachéens à l’intérieur du bois.

En somme, tous les caractères nouveaux relevés jusqu’ici chez les Stauropteris existaient déjà en germe chez les Ankyropteris et d’une façon plus générale dans les trois grandes séries parallèles :

Page 1