L'ordre des Inver sicatènales
Le terme de Botryoptéridées a été adopté par plusieurs anatomistes pour désigner l’ensemble des trois genres : Zygopteris , Anachor opte ris et Botryopteris. Ce choix n’était pas heureux, puisque Botryopteris était des trois genres, le dernier découvert et qu’il apparaissait plutôt comme dérivé des Anachor opteris. D’autre part, chacun des trois genres primitifs constitue en réalité une famille très importante. La famille des Zygoptéridées en particulier ne comprend pas moins de 1 1 genres et de 25 espèces, répartis à divers niveaux du Culm, du Westphalien inférieur, du Stéphanien et du Permien. Le terme de Botryoptéridées ne peut plus prétendre à désigner l’ordre formé par la réunion des trois familles. M. C.-Eg. Bertrand a proposé le nom d Bnversicatènales, qui a l’avantage de rappeler un caractère essentiel, commun à toutes les Fougères de ce groupe et qui les sépare de toutes les autres Fougères connues, savoir : la courbure
(1) Pendant l’impression de notre travail, nous avons reçu la nouvelle édition des Studies de M. le Dr Scott et les Lectures on the évolution of the Filicinean voscular System de M. A. G. Tansley, que nous n’avions pas encore pu consulter. Nous regrettons de ne pas pouvoir donner ici l’analyse des intéressants chapitres consacrés aux Botryoptéridées par ces deux auteurs. On relèvera des divergences assez importantes entre leur classification et la nôtre ; mais on reconnaîtra sans peine, que ces divergences tiennent essentiellement à ce que MM. Scott et Tansley n’ont pas eu à leur disposition tous les documents, que nous avons utilisés.
CLASSIFICATION DES ZYGOPTERIDEES.
inverse de la chaîne libéro-ligneuse de leurs frondes (i). C’est ce terme que nous adopterons.
La fronde des Inversicaténales possède en outre les caractères suivants :
La trace foliaire se compose d’un massif libéro-ligneux unique, elle est pourvue de deux ou quatre pôles fondamentaux au maximum. La masse ligneuse revêt toujours une forme très caractéristique ; elle offre des régions spécialement différenciées pour l’émission des pièces sortantes, et que nous appellerons pièces réceptrices .
Nous distinguerons les trois familles de la façon suivante :
I. — En général, quatre pièces réceptrices, rarement deux par réduction ; en général deux plans de symétrie rectangulaires et pièces sortantes tournées de 90° par rapport à la pièce mère. Lame ligneuse centrale, quand elle existe, horizontale, apolaù'e. Les éléments de protoxylème destinés aux pièces sortantes prennent naissance sur les pièces réceptrices . Famille des Zygoptêridêes.
IL — Deux pièces réceptrices seulement. Lame ligneuse centrale pourvue de deux pôles, souvent en cupules, à sa face antérieure. Les éléments de protoxylème destinés aux pièces sortantes, prennent naissance sur la lame ligneuse centrale et se rendent ensuite sur les pièces réceptrices ; pièces sortantes parallèles à la pièce mère.
a) Lame ligneuse centrale horizontale, pourvue de deux pôles en
cupules à sa face antérieure. Pièces réceptrices, adhérant à la lame ligneuse centrale par leur extrémité antérieure, et
ayant leur extrémité postérieure plus ou moins enroulée .
. . . Famille des Anachoroptéridèes.
b) Lame ligneuse centrale verticale, pourvue d’un ou deux pôles à
son extrémité antérieure ; pôles encore souvent en cupules ; pièces réceptrices dirigées verticalement et soudées à la lame
ligneuse centrale par leur extrémité postérieure .
. Famille des Botryoptèridées.
(1) Dans le cas des Anachoropteris, des Gyropteris, des Tubicanlis, l’expression de courbure inverse se comprend toute seule ; elle indique, que la convexité de la chaîne libéro-ligneuse est tournée vers le stipe ; la courbure de cette chaîne est donc inverse de ce qu'elle est chez toutes les Fougères actuelles . Dans le cas des genres Clepsydropsis, DLplolabis, etc., cette expression aura besoin d’être précisée; c’est ce que nous ferons dans la 4e partie de notre étude. - ‘ ,