Caractères généraux de la trace zygoptèridienne
La trace foliaire des Zygoptéridées offre les caractères suivants :
La partie centrale de la masse ligneuse est une lame dépourvue de trachées ; elle est inactive (c’est-à-dire n’intervenant pas directement dans l’élaboration des pièces sortantes) et dépourvue de trachées ; nous l’appelons : ajiolaire médiane.
A ses extrémités s’élèvent quatre pièces réceptrices , c’està-dire quatre lames ligneuses dirigées verticalement et destinées à l’émission des sorties. Chaque pièce réceptrice est composée d’un renflement récepteur ou 'pièce réceptrice proprement dite et d’un pédoncule ou antenne , qui l’unit à Vapolaire médiane.
Il y a quatre pôles fondamentaux (deux par réduction chez Tubicaulis) , un devant chaque renflement récepteur. Les pôles peuvent être extérieurs, enfermés dans une boucle ligneuse périphérique, ou intérieurs au bois; il y a deux pôles antérieurs et deux pôles postérieurs.
Le liber entoure complètement le bois ; il forme deux maxima médians avec gros tubes criblés, l’un sur la face antérieure, l’autre sur la face postérieure de l’apolaire médiane.
Les caractères ci-dessus s’appliquent à toutes les Zygoptéridées connues. Nous ajouterons que :
1° Sauf chez Ankyropteris, Asterochlœna, Gyropteris et Tubicaulis, la fronde possède deux plans de symétrie rectangulaires (un plan de symétrie principal passant par l’axe du stipe et un plan accessoire ou plan droite-gauche) et quatre files de pièces latérales, émises par paires alternativement à droite et à gauche ; les deux pièces latérales d'une même paire sont coalescentes à leur base. Chaque rachis secondaire reçoit une demi-masse ligneuse sortante émise aux dépens d’une pièce réceptrice.
CLASSIFICATION DES ZYGOPTERIDEES.
2° Sauf chez Stauropteris , les rachis secondaires sont toujours orientés à angle droit sur le rachis primaire qui les porte, et leur masse lihéro -ligneuse subit une réduction frappante de sa face antérieure, qui lui donne l’aspect d’une chaîne à courbure directe, c’est-à-dire d’un arc à concavité antérieure et pourvu de deux ou quatre pôles. Les rachis secondaires ont donc un aspect très différent des rachis primaires.
En d’autres termes : les rachis secondaires n’ont plus qu’un seul plan de symétrie ; ce plan est perpendiculaire au plan de symétrie principal du rachis primaire ; il passe par le rachis primaire et non par l’axe du stipe.
Les demi-pièces sortantes prennent naissance sur les renflements récepteurs et tournent ensuite de 90°, ou bien elles naissent directement sur les antennes, qui sont alors très développées, tandis que les renflements récepteurs sont très réduits. Les deux demi-pièces sortantes d’une même paire s’accolent sur l’axe de symétrie droite-gauche ; elles se séparent ensuite pour se rendre chacune dans un rachis secondaire.
Autres caractères de la fronde des Zy g opter idées. — La masse libéro-ligneuse unique est entourée par un endoderme, qui se continue par un tissu fondamental à grandes cellules arrondies, peu épaissies ; puis vient une gaîne mécanique sclérifiée, continue, faisant tout le tour de l’organe ; cette gaîne se compose de cellules, de tailles progressivement décroissantes en allant de l’intérieur vers l’extérieur. Autour de la gaîne, on trouve un tissu assimilateur, composé de cellules à parois minces et laissant entre elles de nombreuses lacunes ; ce tissu peut prendre un aspect étoilé. Il est revêtu d’un épiderme pourvu de stomates et d’expansions pluricellulaires, figurant des poils, des écailles ou des épines.
La succession de ces divers tissus se répète dans le même ordre chez tous les membres de la famille. La forme des cellules, la nature des émergences varient d’une espèce à
l’autre ; les vaisseaux ligneux sont scalariformes ou aréoles. Plusieurs espèces présentent des glandes à gomme unicellulaires dans le tissu fondamental à parois minces.
Caractères du stipe. — Le stipe n’est connu que dans un petit nombre de genres de Zygoptéridées : Asterochlœna , Ankyropteris et Tubicaulis ; il n’est pas possible actuellement d’en tirer des caractères généraux applicables à toute la famille.
Caractères des fructifications. — La meme remarque s’applique aux fructifications ; on ne connaît avec certitude que celles de S. oldhamia. B. Renault a décrit de beaux sporanges du Stéphanien, qui pourraient appartenir à E. Lacattei ; il a décrit aussi des sporanges qu’il rapportait à D. esnostensis. Enfin, on connaît les fructifications des Corynepteris , qui seraient des empreintes de plantes appartenant à la famille des Zygoptéridées.
Les diagnoses latines adoptées parles auteurs, qui nous ont précédé, pour les différents groupes ou espèces de la famille des Zygoptéridées sont notoirement insuffisantes; il n’est pas possible en se servant de ces définitions de déterminer une seule Zygoptéridée fût-ce la plus simple ou la plus répandue. Par exemple, les diagnoses latines données par Stenzel pour le genre Tubicaulis et pour l’espèce T. Solenites ne caractérisent nullement la plante ; la diagnose donnée par MlleM.-C. Stopes pour son T. Sutcliffii ne permet pas de dire s’il s’agit d’an Tubicaulis ou d’un Anachor opter is .
Nous avons jugé utile dans ces conditions de publier de nouvelles diagnoses pour tous les genres de la famille des Zygoptéridées, en tâchant de donner à chacun ses véritables caractères. Ce travail était encore rendu nécessaire par les modifications considérables que nous avons dû apporter à la classification. Nous donnerons en même temps la diagnose de la plupart des espèces. Toutes ces diagnoses ne se rapportent qu’aux frondes.
Nous n’avons pas cru devoir employer la langue latine,
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ainsi qu’il est d’usage, pour la rédaction des diagnoses. Nous avons préféré nous servir de la langue française, qui rend mieux tous les détails de notre pensée.
Genre GLEPSYDROPSIS, Unger, 1856.
Trace zygoptéridienne très condensée. La masse ligneuse, ovale, allongée, présente en son milieu un léger étranglement. Elle se renfle à ses extrémités, qui sont constituées par deux boucles périphériques épaisses, à contour interne elliptique. Les trachées paraissent disséminées sur tout le pourtour de l’ellipse ; au lieu de quatre pôles fondamentaux, nous aurions donc ici deux ellipses polaires. Les boucles périphériques ne s’ouvrent jamais ; elles sont remplies par des fibres primitives.
La pièce sortante est libérée par un étranglement de la boucle périphérique.
Pièce sortante n’ayant qu’un seul plan de symétrie, perpendiculaire au plan de symétrie principal du rachis primaire ; elle a la forme d’un anneau fermé, elle ne se divise probablement pas en deux demi-pièces (1). L’arc postérieur de l’anneau sortant est épaissi, l’arc antérieur est mince. Les ramifications de cet anneau sont encore des anneaux fermés, à face antérieure également réduite.
Ce genre comprend probablement plusieurs espèces ; mais
(1) Stenzel dit que la pièce sortante de C. kirgisica se divise en deux demipièces, comme celle de Z. primaria ou celle de T. solenites ; sur sa fig. 38, pl. IV (3*7), il dessine en effet une fronde 6, qui présenterait nettement cette particularité ; mais ce caractère ne se retrouve sur aucune des autres frondes de la figure, d’ailleurs très exacte, de Stenzel ; au contraire sur la fronde et sur les frondes des fig. 40, 41, 42 et 43, la pièce sortante paraît n’alimenter qu’un seul rachis latéral, ce qui suppose qu’elle n’a pas subi de division. D’autre part, en examinant très attentivement l’échantillon de C. kirgisica du Musée de Breslau nous n’avons jamais pu observer avec certitude la division de la pièce sortante ; celle-ci est souvent détruite, et la cavité, qu’elle occupait, a été aplatie ; c’est ce phénomène, qui peut faire croire qu’on est en présence d’une pièce en train de se diviser. — Nous remarquerons enfin, que sur les rachis de C.antiqua, que nous avons étudiés, la forme de l’anneau sortant n’annonce nullement une dichotomie prochaine.
nous ne sommes pas encore en mesure d’indiquer leurs caractères distinctifs. Presque toutes proviennent du Culm de Saalfeld en Thuringe.
C. antiqua Unger (fig. 94 et 95, pl. XIII), est très abondant dans la Grauwacke de Saalfeld.