‹ Etudes sur la fronde des ZygoptéridéesChapitre 96 sur 119 · AFFINITES DES Z Y GOPTER IDEES · texte numérisé non relu

AFFINITES DES Z Y GOPTER IDEES

Clepsydropsis antiqua , tout en étant prévenu que l’on a affaire à un type très ancien et très primitif, on s’attend naturellement à la voir se ramifier suivant les règles de l’édification parallèle, parce que ce sont ces règles qui gouvernent l’organisation de l’appendice chez nos plantes actuelles. La trace foliaire du C. antiqua est, nous le savons, une trace en clepsydre par excellence, c’est-à-dire qu’elle se compose essentiellement d’une lame ligneuse, horizontale, légèrement déprimée en son milieu et terminée par deux boucles périphériques. Si la fronde était bâtie suivant les règles de l’édification parallèle, chaque boucle périphérique donnerait naissance à des anneaux ligneux fermés, comme cela se produit en effet, sur le rachis primaire de C. antiqua; seulement, plus tard, ces anneaux s’aplatiraient horizontalement et non verticalement ; ils s’étrangleraient un peu en leur milieu et reproduiraient des clepsydres analogues à la pièce mère et par allèles, à elle (fig. 35 du texte).

Fig. 35. — Ce que serait la ramification de la fronde des Clepsydropsis , si le rachis primaire possédait une édification parallèle.

1, 2, 3, Etats successifs de l’anneau ligneux sortant.

L’anneau ligneux sortant s'aplatit et régénère une clepsydre parallèle et identique à la pièce mère.

Ce mode de ramification serait très simple et pourrait au besoin être considéré comme dérivé du mode de ramification par dichotomie, si fréquent chez les plantes anciennes. On imagine de même très aisément une dichotomie se produisant sur la pièce mère : la clepsydre se couperait en deux par le milieu et chacune des moitiés régénérerait une boucle périphérique à son extrémité.

Or, ou ne voit rien de tout cela sur Le rachis primaire du

Clepsydropsis antiqua (voir fig. 15etfig. 16, page 127): ni ramification parallèle, ni dichotomie simple (1). Il faut en conclure que la conception que nous avons de la structure de V appendice , feuille ou fronde , chez les plantes actuelles est inapplicable aux Zygoptéridêes. 11 nous apparaît maintenant que l’édification rectangulaire est un caractère fondamental, primordial de leurs frondes, qui, bien loin de s’affaiblir en remontant dans la série, doit au contraire, devenir de plus en plus prépondérant; ceci nous conduit précisément à imaginer les E oclepsydropsis , chez lesquels la contraction de la face antérieure de la trace foliaire sur les rachis latéraux n’aurait pas encore défiguré en partie l’édifice rectangulaire (fig. 36 du texte). Ce qui justifie aussi l’invention d’un type

Fig. 36. — E oclepsydropsis : Ce que serait la ramification de la fronde des Clepsydropsis, si les rachis de tous ordres offraient une édification rectangulaire.

H/, lame ligneuse du rachis primaire.

Ro, lames ligneuses des rachis secondaires.

R.v, lames ligneuses des rachis tertiaires.

En réalité, la fronde des Clepsydropsis n’offre une édification rectangulaire que sur le rachis primaire ; les rachis secondaires tendent à revêtir une édification parallèle (Voir tig. 15 et 16, du texte, pages 127 et 128).

semblable, c’est qu’il paraît impossible de réaliser du Clepsydropsis antiqua , en partant d’une chaîne

la trace libéro-

(1) Il est possible cependant que les rachis primaires des Clepsydropsis présentent une ou plusieurs dichotomies, mais on n’en a pas observé jusqu’ici, non plus que sur les rachis primaires des autres Zygoptéridêes.

AFFINITES DES ZYGOPTKRIDEES.

ligneuse à courbure directe, et à édification parallèle. Du moins nous pensons que cette conclusion s’impose d’ellemème, à la suite des comparaisons qui ont fait l’objet du chapitre précédent. Quant aux plantes qui possèdent une chaîne à courbure inverse, alliée à une édification parallèle, dans leurs frondes, les seules que nous connaissions sont les Anachoroptéridôes et les Botryoptéridées, qui sont plutôt dérivées elles-mêmes des Zygoptéridées.

Une hypothèse en amène une autre : Gomment peut-on imaginer qu’il ait existé des plantes très primitives qui possédaient d’emblée dans leurs frondes ce caractère étrange de l’édification rectangulaire, que nous ne connaissons plus aujourd’hui chez aucune famille végétale ? à moins que ce caractère 11e s’explique lui-même comme une chose toute simple, toute naturelle, un phénomène résultant fatalement deVorigine même de la fronde. I/hypothèse à laquelle nous sommes obligé de taire appel, est bien connue ; elle est depuis longtemps courante dans la science ; elle consiste à supposer que les frondes sont des stipes modifiés, produits par exemple par des dichotomies inégales du stipe. Chaque fronde serait un stipe à croissance limitée (1). Si ceci est exact, la fronde doit se ramifier primitivement à l’exemple du stipe ; elle doit avoir les apparences d’un axe. Cette hypothèse va nous permettre d’expliquer d’une façon satisfaisante l'édification rectangulaire de la fronde des E oclepsydro psis.

Considérons par exemple le stipe éd Ankyr opter Is scandens. La masse ligneuse a la forme d’une étoile à cinq branches. L’intérieur de l’étoile est rempli par des fibres primitives et ce tissu s’étend jusque dans les rayons (fig. 78, Pl. XI).

Nous ferons abstraction des stipes axillaires ; nous savons que l'extrémité de chaque branche de l’étoile ligneuse représente un point de départ, un centre d’élaboration pour toutes les frondes situées sur la même génératrice. La trace foliaire

(1) Cette hypothèse a été présentée en particulier par MM. Potonié et Tansley.

a u voisinage du stipe a la forme d’une clepsydre, ou meme une forme plus simple (voir, par exemple, la fig. 88, pl. XII, représentant la trace foliaire à' A. corrugata dans le stipe); c’est une masse ligneuse ovale, pourvue d’un centre trachéen intérieur à chaque extrémité et enveloppée de liber. Cette trace en clepsydre est dès son apparition perpendiculaire à r extrémité du rayon , qui lui a donné naissance. Si la fronde est un stipe simplifié, la trace foliaire doit pouvoir se lire de la même façon que la masse lihéro-ligneuse du stipe ; en d’autres termes, la clepsydre n’est autre chose qu’une masse lihéro-ligneuse étoilée, mais dans laquelle le nombre des rayons s’est réduit à deux, qui se sont placés dans le prolongement l’un de l’autre. La fronde à son tour doit se ramifier à l'image du stipe ; les pièces sortantes seront émises perpendiculairement aux extrémités des deux rayons qui composent la clepsydre, c’est-à-dire orientées à angle droit sur la pièce mère, ce que nous observons effectivement chez toutes les Zygoptéridées.

Ainsi se trouverait expliquée l’édification rectangulaire des frondes de Zygoptéridées, ainsi se trouverait expliquée en meme temps leur apparence d'axes.

Les mêmes considérations s’appliqueraient à des stipes comme ceux des Asterochlœna et des Aster opteris, chez lesquels l'étoile ligneuse est pleine et pourvue d'un nombre considérable de rayons ; elles s’appliqueraient également à une masse de bois pleine, on annulaire à contour circulaire ; nous n’avons donc pas à nous embarrasser de ce que pouvait être le stipe des E oclepsydropsis et ne retenant que ce qu'il y a d'essentiel dans Les constatations précédentes, nous énoncerons notre hypothèse de la façon suivante (fig. 37 du texte) :

( liiez les ancêtres des Zygoptéridées, le corps de la plante se composait essentiellement de stipes ; ces stipes ont la structure d'axes, c’est-à-dire possèdent plusieurs plans de symétrie. Chaque stipe se ramifie d'abord par dichotomie, c’est-à-dire en se divisant en deux stipes égaux à son extrémité. Par la suite, les dichotomies deviennent inégales,

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