Braun's Verjiingung, p
une Palmellacée du genre Palmoglœa. En effet chez les Desmidiacées et les Z vgnémacées, la dernière génération d'un cycle végétatif produit une cellule reproductive, qui forme la génération suivante ou génération de transition à un cycle nouveau. Cette cellule est formée par le contenu de deux cellules conjuguées qui se détache de la membrane de ces cellules. La cellule reproductive se forme alors librement entre les deux cellules-mères. • Chez la Palmoglœa au contraire la dernière génération d'un cycle végétatif passe directement à l'étal de cellule reproductive : les deux cellules qui se copulent s'unissent dans leur totalité, c'est-à-dire que non-seulement leurs contenus se mêlent pour former un corps nouveau, mais encore que les membranes elles-mêmes suivent le contenu dans cette fusion. C'est la même chose que lorsque deux gouttes d'eau se rencontrent et n'en forment plus qu'une seule.
Tandis que M. Stein avait fait ces observations sur VAclinophujs ocnlata, M. Cohn en fit d'analogues sur VA. Eichhornii, chez laquelle M. Kolliker avait constaté déjà auparavant une conjugaison. Pour nous, nous avons revu plusieurs fois le phénomène en question sur ces deux espèces, ainsi que chez VActinop/irys Sol. M. Cohn' rapporte qu'il trouva un jour une grande quantité d'Actinophrys sous une Draparnaldia dans le bassin d'un puits artésien à Breslau. Il vit plusieurs fois deux individus voisins se rapprocher lentement l'un de l'autre et leuis rayons s'entrelacer en formant une espèce de réseau. Puis des expansions vésiculaires se développèrent de part et d'autre; ces expansions se confondirent réciproquement ; les deux animalcules finirent par s'aplatir au point de contact et parurent ne plus former qu'un seul corps. M. Cohn ne se prononce pas d'une manière plus claire sur le résultat de la conjugaison. Mais il semble cependant, que malgré son parurent il vit aussi une union plus intime que celle que décrit M. Stein, car on ne pourrait dire des figures données par ce dernier, qu'elles ne paraissent représenter qu'un seul corps. Elles représentent bien plutôt plusieurs corps accolés ensemble. Toutefois M. Cohn paraît bien avoir toujours pu reconnaître les éléments de deux individus composants dans le corps résulté de la conjugaison
Bien que M. Stein déclare que la fusion de deux ou plusieurs individus ne concerne
t. Dans ni! aiticle df M. de Siehold sur la conjugaison du Diplozoon paradoxum. Zeitsclirift fiir wiss. Zoologie. III, p. 266.
ET LES r.IllZOPODES. 227
jamais que les parties superficielles et ne touche jamais le vrai foyer de l'individualité', il rapporte, lui-même, avoir trouvé fort souvent la substance intermédiaire pleine de vacuoles contenant des aliments. La nourriture s'accumule même , suivant lui , beaucoup plus volontiers dans la commissure que dans le reste des deux corps. Mais il ne dit point comment il interprèle ce fait. Il ne dit pas si, au milieu de cet amas de nourriture, il admet une ligne médiane la séparant en deux parties, dont l'une appartiendrait à l'un des individus et l'autre à l'autre. Il n'en est certainement pas ainsi. Le chyme circule librement d'un individu à l'autre. Une des meilleures preuves que dans les conjugaisons en général, l'union des cavités des deux corps est bien réelle, c'est la conjugaison de la Podophr/ia Pymm , que nous avons déjà mentionnée ailleurs. L'individu mixte , résulté de cette conjugaison , présentait 8 embryons renfermés dans une seule et même cavité, qui n'appartenait pas moins à l'un qu'à l'autre des individus composants.
Par suite de ses vues sur le peu d'mtimité de la conjugaison, M. Stein considère la zygose des Actinophrys comme un fait purement accidentel. Cette opinion résulte aussi en partie de ce que cet observateur refuse à ces Rhizopodes toute espèce de faculté locomotrice. Ce sont donc pour lui des circonstances tout à fait extérieures et fortuites qui amènent deux Actinophrys en contact et occasionnent leur fusion. Ce serait partant la réalisation complète du phénomène dont M. Dujardin regrettait la non-existence, lorsqu'il constatait avec M. Peltier que deux Arcelles se rencontrent sans s'unir. Cependant les Actinophrys sont bien susceptibles de se mouvoir réellement, quoique avec une excessive lenteur et par un mécanisme peu apparent. L'opinion la plus vraisemblable est celle de M. Cohn ", qui prétend que les mouvements des Actinophrys s'opèrent à l'aide des rayons ou pseudopodes que ces animalcules allongent en ligne droite, jusqu'à ce qu'ils rencontrent un point où ils puissent s'agglutiner. Ils raccourcissent alors ces rayons, et , l'extrémité de ceux-ci étant fixée, c'est le corps lui-même qui se trouve mis en mouvement '.
1 II est vrai que nous ne savons oii placer ce foyer, cliez un Rhizopode encore moins que chez un infusoire. •i. Zeitscbrill fiir wiss. Zoologie, III'" Bd., p. 66.
3. M. Botliwell dit avoir vu sauter les Actinophrys (Quarterly Journal for microseopical Science, 1833), mais nous sommes tentés de croire qu"il les a confondues, comme M. N'icolet, avec des Halléries.
M. Stein a été le premier à découvrir la conjugaison des Acinétiniens, savoir chez son Acthiophrys Sol et sa Podophrija fixa, qui, ainsi que nous l'avons montré ailleurs *, ne sont qu'une seule et même espèce, à laquelle nous conservons le nom ûe Podopirrya fioca, déjà donné par M. Ehrenberg. Peut-être que si M. Stein n'eût point confondu les Acinétiniens et les Actinophrys, l'existence de la zygose chez ces deux groupes d'animaux si différents, l'eût engagé à voir dans ce phénomène autre chose que le résultat d'une rencontre purement fortuite. Il est bien difticile pour nous de voir dans la zygose un phénomène aussi simple. Que deux individus, pourvus de téguments aussi évidents que le sont ceux d'un Acinétinien, puissent venir à se souder par accident, uniquement parce qu'une circonstance fortuite les a rapprochés l'un de l'autre, à peu près comme le feraient deux gouttes d'un liquide visqueux, c'est ce qui nous parait peu probable. Il y a nécessairement ici une résorption préalable des téguments, résorption qui est aussi, dans ce cas, suivie d'une soudure beaucoup plus intime que celle qu'admet M. Stein. Ici, également, nous avons constaté le passage des particules de la cavité du corps d'un des individus primitifs dans celle de l'autre. L'exemple déjà mentionné des deux Podophrya Pyrum (PI. I, fjg. 4), donnant lieu à un individu mixte qui renferme huit embiyons dans un^' seule cavité, est d'ailleurs sans réplique. M. Stein relève avec beaucoup d'insistance la circonstance que l'individu résulté de la fusion, contient toujours un nombre de nucléus égal à celui des individus composants, ce qui est une preuve, suivant lui, du peu d'intimité de la conjugaison. Mais il ne nous semble, à priori, point nécessaire que les nucléus se soudent pour qu'une fusion réelle de deux ou plusieurs individus en une seule, ait lieu. Si nous savions que \emoi des infusoires ait sa source dans le nucléus, il en serait a.utrement. Mais ce n'est là qu'une hypothèse gratuite. Chez un infusoire cilié , qui se prépare à produire des germes internes, le nucléus se divise en plusieurs fragments, mais l'infusoire n'en reste pas moins un mdividu malgré cette pluralité de nucléus, aussi bien que la femelle d'un vertébré, quoiqu'elle ait des ovules dans ses ovaires. Du reste, nous savons qu'il est des genres d'Infusoires et de Rhizopodes chez lesquels la multiplicité des nucléus est normale.
M. Stein a vu et figuré une conjugaison de la Podophrya fixa avec sa prétendue