‹ Études sur la infusoires et les rhizopodes;Chapitre 63 sur 108 · Veigl. Anal · texte numérisé non relu

Veigl. Anal

a. I/Anguiilula Ranœ Icmporari»;, que décrit M. Perty (p. 156) à propos de la Bursaria cordiformis, est, sans doute, V Ascaris acuminala.

X Slfiii, |> 185.

i. buj., p. 515.

238 ÉTUDiES SUR LES INFUSOIRES

ayant une bouche presgu'en spirale, et il ajoute simplement qu'il habite dans l'intestin des grenouilles, avec les Btirsaria intestinalis, B. Entozoon, B. micleus et/?. Banarum, dont il a fait des Opalines. M. Dujardin ne parle donc que de la cohabitation avec des Opalines.

Les cirrhes de la rangée buccale deviennent beaucoup plus longs à mesure qu'on se rapproche de la bouche. A l'entrée de celle-ci est fixée une soie roide qui fait saillie au dehors, à peu près perpendiculairement au plan du ventre.

La vésicule contractile est située dans la partie postérieure, plus près du ventre que du dos. Elle 'se contracte à de très-longs intervalles. M. Ehrenberg signale chez la Burs. cordiformis trois vésicules contractiles, sans spécifier leur position. Pour ce qui nous concerne, nous avons bien trouvé en général chez la P. cordiformis, en outre de la vésicule contractile que nous venons de décrire, plusieurs vacuoles de dimension beaucoup plus petites, mais jamais nous n'avons aperçu, chez elles, la moindre trace de contractilité. Dans tous les cas, s'il y a plusieurs vésicules contractiles, il en existe une principale, qui est celle que nous avons décrite et figurée, et les autres sont forcément beaucoup plus petites.

Le nucléus est réniforme, allongé. Il est en général placé de manière à ce que sa plus grande courbure soit parallèle au bord dorsal de l'animal.

Les téguments de la P. cordiformis sont finement striés, bien que M. Ehrenberg paraisse n'avoir rien vu de semblable. L'animal nage en général en appliquant aux objets sa face gauche, qui est très-plate ou même un peu concave, tandis que la face droite est plutôt un peti bombée.

Cette espèce habite, comme l'ont déjà signalé la plupart des auteurs, dans la partie inférieure de l'intestin des grenouilles, des rainettes et de plusieurs crapauds. Longueur moyenne : 0'""\i'i à 0,43.

3" Playiotoma Lumbrici. Duj. Inf. p. 504. PI. IX, Fig. 42.

Sï.N. Bursaria Lumbrici. Slein. Die Infus., p. 184.

DiAGNOSE. Plagiolome en foruio de hune, deux ou trois fojs aussi large que longue; la bouche un peu en arrière de la longueur totale. Habitant dans les lonibiics.

Cette espèce est figurée d'une manière assez reconnaissable par M. Dujardin. Aussi, n'en possédant qu'une esquisse imparfaite, nous nous dispensons de la figurer de nou-

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veau. M. Dujardin décrit très-exactement la manière particulière dont battent les cils de cette espèce. Il compare avec assez de justesse l'apparence produite par le niouvemenl de ces cils à celle des dents d'une crémaillère qui seraient mues, de bas en haut, d'un mouvement uniforme assez lent. C'est, du reste, une apparence qu'on retrouve chez la plupart des infusoires parasites, par exemple chez la plupart des Opalines et des Plagiotomes, et chez la Tric/iodinopsis paradoxa. M. Dujardin explique ce phénomène avec assez de vraisemblance, par un effet d'optique résultant de la juxtaposition momentanée des cils qui, s'infléchissant les uns après les autres, se trouvent superposés et présentent, d'espace en espace, un obstacle mobile au passage de la lumière.

M. Ehrenberg réunit, sous le nom de Paramecium conipressurn, le Plagiotome des lombrics et un infusoire qu'il a trouvés dans le mucus d'Anodontes, pêchées, en 4829, dans l'Oural. Néanmoins, nous avons préféré le nom de M. Dujardin à celui de M. Ehrenberg. En effet, M. Ehrenberg n'a figuré que les Plagiotomes de l'Oural, et nous ne pouvons, avec la meilleure volonté du monde, faire concorder cette figure, du reste fort imparfaite , avec le Plagiotome du lombric. Il nous paraît probable, comme M. Dujardin l'a déjà admis, que M. Ehrenberg a compris sous un même nom deux espèces différentes, l'une desquelles seulement, à savoir celle du lombric, devra conserver le nom de Plagiotoma lumbrici, proposé par M. Dujardin, tandis que l'autre, lorsqu'elle aura été retrouvée, pourra porter le nom de P. compressa Ehr. Il ne serait pas impossible que cette dernière espèce fût identique avec la Plagiotoma Concharum de M. Perty. Toutefois, la description et les figures de ce dernier sont trop incertaines pour que nous nous permettions aucune conclusion à cet égard.

4» Plagiotoma acuminata. (V. PI. XI, Fig. 6-7.)

DiAGNOSE. l'Iagiolome ovalaire, teimini' on poiiile obliise aux deux extrémités ; œsophage recourbé en avant ; oucléus rond. Hahitaut le mucus des Tichogonia.

Cette espèce est clairement caractérisée par sa forme et par la disposition singulière de son œsophage. Le sillon buccal devient toujours plus profond, à mesure qu'il s'approche de la bouche, puis il se retourne brusquement en entrant dans cell^-ci, de telle sorte que l'œsophage se trouve cheminer à peu près parallèlement à la partie ex-

terne de la rangée des cirrhes buccaux, mais en étant dirigé en sens inverse, c'est-à-dire d'arrière en avant. L'extrémité libre de l'œsophage est légèrement infléchie vers le dos. Si l'on nomme arête ventrale celle qui porte la rangée externe des cirrhes buccaux, la bouche n'est pas précisément sur cette arête ventrale, mais sur la face droite de l'animal, ainsi qu'on peut s'en convaincre en considérant la figure de profd. (Fig. 7.)

La vésicule contractile est située à peu près au centre de figure de l'animal ou un peu en arrière de celui-ci, mais nous avons omis de noter si elle se trouve dans la paroi droite ou dans la paroi gauche du corps.

Le nucléus est un corps rond, placé tout auprès de la vésicule contractile, un peu en avant de celle-ci et un peu plus près de l'arête dorsale.

Les téguments sont très-fmement striés. Sur la face droite, ces stries sont disposées de telle façon qu'au-dessus de la bouche elles atteignent l'arête ventrale en formant avec elle à peu près un angle droit; au-dessous de la bouche, au contraire, elles cheminent à peu près parallèlement à cette arête.

Cette espèce se trouve en abondance dans les Tichogonia Chemnilzii Féi-. (Dreissetia pobjmorpha Van Ben.), dans les lacs de la Sprée et de la Havel. Elle vit dans la muscosité sécrétée par le manteau et les branchies de ces mollusques. Malheureusement, dans le moment où nous rédigeons ces lignes, nous n'avons pas de Tichogonia à notre portée, et nous devons renoncer à compléter nos observations sur ce Plagiotorae. Nous avons négligé de mesurer ses dimensions, mais, d'après notre dessin, il doit atteindre à peu près la taille de la Plagiotoma cordiformis des batraciens.

5" Plagiotoma Blaltarum.

SvN. Bursaria Blatlarum. Slein. Die liifusioiislh., p. ii.

Nous ne connaissons pas celte espèce, qui est mentionnée par M. Stein comme, habitant l'intestin de la Blatta orientalis et de la Blalta germanica. Au dire de cet auteur, elle a une grande ressemblance avec la Bursaria {Plagiotoma) cordiformis Ehr., ce qui permet de la faire rentrer avec certitude dans le genre Plagiotoma.

6" Plagiotoma Ggorijana.

Nous ne donnons pas de diagnose de cette espèce , parce que nous ne l'avons ob-

servée que d'une manière très-insuflisante, et nous ne pouvons rien dire d'elle, si ce n'est qu'elle rentre dans le genre Plagiotome. Cependant, cette espèce est facile à retrouver, attendu qu'elle vit en abondance dans l'intestin de VHydrophilus piceiis. Nous la dédions à M. Gyory, qui a été le premier à la signaler (Sitzengsbericht der Wiener Akademie, XXI. B^, S^^^ Ileft. 4856).

1" Plaf/iotoma coll.

Syn. Paramecium coli. Malmslen. Hygiaea.

(V. PI. XI, Fig. 10.)

OiACNOSE. Plagiotome à forme ovalaire; bouche tout près de l'extrémité antérieure; rangée des cirrhcs buccaux très-courte. Habile l'intestin de Thorame.

Nous devons la connaissance de cette espèce aux observations très-scrupuleuses de M. Malmsten, professeur à Stockholm. Bien que nous n'ayons pas eu l'occasion d'observer par nous-mêmes le Playioloma coli, nous résumerons les données de M. Malmsten, attendu que la commun^ication de cet auteur, étant écrite en suédois, n'est pas à la portée d'un public bien nombreux.

M. Malmsten décrit son Paramecium coli de la manière suivante ; « Animal en forme d'ovale arrondi, un peu pointu en avant; long d'environ O""",!. 11 change de forme, devenant tantôt plus large, lorsqu'il a pris beaucoup de nourriture, tantôt plus étroit, lorsqu'il s'agite dans le mucus intestinal, où il se tourne souvent avec vivacité autour de son axe. La peau est toute recouverte de cils disposés en rangées un peu obliques, sans qu'on puisse cependant reconnaître distinctement une distribution des cils en rhombes. En avant, non pas à l'extrémité de la pointe, mais à côté de celle-ci, se trouve l'ouverture buccale, munie de cils plus longs ; un œsophage assez long s'enfbnce dans l'intérieur en s'élargissant et se courbant un peu. Dans le parenchyme intérieur une traînée plus sombre indique la voie suivie par les aliments avalés. A l'extrémité postérieure, un peu plus du côté du ventre, est située l'ouverture anale, qui tantôt fait saillie à l'extérieur, sous forme d'une petite papille; tantôt, au contraire, forme à

1. Infusorier sasom intestiualdjur hos menniskan. Hygixa Stockholm, 1857.

la surface comme une petite fossette ; tantôt, enfin, se présente sous l'apparence d'une ouverture munie de parois propres. Dans l'intérieur on voit l'organe désigné d'ordinaire sous le nom de nucléus, les vésicules contractiles, et des particules nutritives qui ont été avalées. Le contour du nucléus n'est que très-faiblement indiqué : c'est un corps oblong, elliptique. Parfois il est étranglé en son milieu, comme s'il commençait à se diviser. Les vésicules contractiles sont au nombre de deux. L'une, plus grande, est située en arrière non loin de l'ouverture anale; l'autre, plus petite, est logée dans la paroi dorsale, vers le milieu de la longueur totale. Les vésicules se contractent trèslentement et changent notablement de forme pendant la contraction. Chez quelques individus on les cherche en vain'. En outre, l'intérieur de ces animaux contient une masse plus ou moins considérable de matières étrangères qui ont été avalées : le plus souvent ce sont des cellules d'amylum plus ou moins altérées et des gouttelettes de graisse. »

A cette description nous n'avons que peu de chose à ajouter. Au premier abord on pourrait douter que les animaux vus par M. Malmsten appartiennent bien réellement au genre Plagiotoma. Cependant, nous ne conservons aucune espèce de doute à cet égard. La spire buccale n'est, il est vrai, pas très-évidente, mais ceci tient à la position de la bouche. Celle-ci étant placée très-près de l'extrémité antérieure, la place nécessaire à la rangée des cirrhes buccaux se trouve réduite à très-peu de chose. Cependant il suffit de considérei' les dessins très-soignés qui accompagnent le Mémoire de M. Malmsten, et qui sont dus au crayon de M. Lovén-, pour s'assurer que le sillon buccal existe, bien qu'il soit fort court et qu'il porte une rangée de cils plus longs que ceux qui recouvrent la surface du corps. Ces cils plus longs éloignent le Paramecium coli Malmsten des vrais Païameciums, et le rapprochent tout-à-fail des infusoires parasites appartenant au genre Plagiotome.

M. Malmsten a observé le Plagiotoma coli chez deux malades qu'il a soignés au lazaret de Stockholm. Dans les deux cas, leur présence était accompagnée d'une diarrhée chronique très-persistante, avec ulcération gangreneuse de la muqueuse intestinale.

1. Ce sont s.nns doute des individus remplis de sulistames alimentaires. 'l. La Kig. M) de notre PI. IX est la reproduction de l'un d'entre eux.

' ET LES RIIIZOPODES. 243

Cependant, il ne paraît pas, suivant Malmsten, qu'il y eût un rapport de causalité entre la présence des infusoires et celle des ulcères. L'un des deux patients, Christina Lindstrom, décéda à l'hôpital. A l'autopsie, l'estomac et Tintestin grêle ne se trouvaient pas renfermer la moindre trace d'infusoires. Par contre, il s'en trouva en grande quantité dans le cœcum ainsi que dans le processus vermiforme, où la muqueuse avait une

apparence tout-à-fait fraîche. On obtenait surtout des Plagiotomes en abondance en /T^b^^-t

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raclant la muqueuse avec la lame du scalpel. Le gros intestin était, çà et là, semé / ""*'

d'ulcères larges comme la pointe du petit doigt, ulcères qui avaient toujours pour !uj(liBRA

centre un folicule solitaire. Au-dessus de la flexure sigmoïde, l'intestin était plein d'un \</\

liquide icoreux et puant. Soit ce liquide, soit la surface même des ulcères, présen- x^^

talent bien des Plagiotomes, mais en nombre infiniment moins considérable que le

mucus des parties saines de la muqueuse. Les glandes mésenlériques étaient tuméfiées.

Un examen exact montra qu'il n'y avait point d'infusoires au-dessus de la valvule du

colon.

Il est à désirer que l'attention des médecins se porte sur les relations probables de certaines diarrhées chroniques avec la présence de Plagiotomes dans l'intestin. Peutêtre la présence de ces parasites est-elle plus fréquente qu'on ne le croit. Déjà à plusieurs reprises on ' a mentionné l'existence d'infusoires ciliés dans l'intestin de divers mammifères domestiques. Personne, jusqu'ici, n'a donné de ces parasites une description suffisante pour qu'il soit permis de rien statuer sur leur position générique. Toutefois, il n'est pas improbable qu'il s'agisse aussi, dans ce cas, de véritables Plagiotomes.

7'= Gfnre. — KONDYLOSTOMA.

Les Kondylostomes et le genre voisin des Balantidium sont caractérisés par la circonstance que leur fosse buccale est garnie, aussi bien sur le bord droit que sur le bord gauche, de cirrhes plus vigoureux que les cils de la surface du corps. Chez les genres voisins, les bords gauche et antérieur sont seuls garnis de cirrhes. Les Kondy-

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