‹ Études sur la infusoires et les rhizopodes;Chapitre 64 sur 108 · Eu particulier M.M. Gruby el Delafond · texte numérisé non relu

Eu particulier M.M. Gruby el Delafond

lostomes ont une forme linéaire semblable à celle de beaucoup d'Oxytriques, ce qui sert à les distinguer des Balantidium.

Les Kondylostomes forment évidemment une variation du type des Bursariens, qui tend la main à celui des Oxytriques. La forme de ces animaux rappelle si bien celle de certaines Oxytriques, qu'on est tenté, au premier abord, de les rapporter à ce genre. Toutefois, un examen un peu approfondi montre qu'une pareille assimilation ne serait pas fondée. Les Kondylostomes sont ciliés sur toute la surface du corps, tandis que les Oxytriques ne présentent pas d'habit ciliaiie proprement dit, mais sont munies de rangées de pieds-cirrhes sur le ventre. D'ailleurs, toutes les Oxytriques ont la vésicule contractile unique et placée dans la moitié gauche de la paroi dorsale du corps. Chez , les Kondylostomes, elle peut, au contraire, être multiple et placée dans la moitié droite. L'anus est, chez ces derniers, exactement terminal, tandis que chez les Oxytriques il se trouve placé sui' la face ventrale, un peu en avant de l'extrémité postérieure et du côté droit. La parenté avec les Oxytriques se réduit donc à une forme générale à peu près identique, et à une conformation analogue de la fosse buccale. — Par contre, un examen attentif montre une parenté bien plus grande entre les Kondylostomes et les Spirostomes. La conformation anatomique de ces deux genres est toutà-fait la même, seulement la fosse buccale est beaucoup plus large et plus courte chez les Kondylostomes que chez les Spirostomes, et elle est, chez les premiers, garnie' de cirrhes du côté droit, ce qui n'a pas lieu chez les seconds. Le corps des Kondylostomes est comprimé et non cylindrique. Les sillons obliques si profonds de la surface du corps et l'excessive contractilité du parenchyme des Spirostomes, se retrouvent chez les Kondylostomes.

M. Dujardin a donc bien saisi les vraies ailinités des Kondylostomes en les plaçant avec les Spirostomes dans la famille des Bursariens.

ESPÈCES

i" Kondylostoma patèns. (V. PI. XII, Fig. 3.)

DiAGNOSE. Koiidylostome à fosse buccale triangulaire, liès-laige en avant et se terminant en pointe en arrière.

Cette espèce est caractérisée surtout par la forme de sa fosse buccale, qui est triangulaire. La base du triangle forme le bord antérieur de l'animal, et elle est à peu près

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égale à la largeur (lu corps. Le sommet, où se trouve la bouche, est placé à peu près il la fin (lu premier quart de la longueur totale, un peu plus près du bord gauche que du bord droit. Le bord antérieur et le bord gauche de la fosse buccale sont garnis de cirrhes vigoureux très-rapprochés les uns des autres, qui correspondent à la spire buccale des Spirostomes et des Plagiotomes. Ce sont les cirrhes buccaux proprement dits. Le bord droit est garni de cirrhes tout aussi vigoureux, mais ceux-ci, au lieu d'être serrés les uns contre les autres, sont très-espaces et s'agitent en général plus mollement que les cirrhes buccaux proprement dits.

L'œsophage est court et dirigé d'avant en arrière. On voit fort bien les bols alimentaires se former à son extrémité postérieure.

Les vésicules contractiles sont au nombre de huit et sont disposées en une rangée longitudinale placée près du bord droit.

Les sillons obliques de la cuticule sont largement espacés.

M. Dujardin décrit sous le nom de Kondylostonia patens (Duj. Inf., p. 516, PI. XII, Fig. 2) un Kondylostome de la Méditerranée voisin du nôtre. Nous n'oserions cependant garantir l'identité spécifique de ces animaux, car, à en juger par le plus grand nombre des figures de M. Dujardin, l'infusoire observé par cet auteur avait une bouche bien plus étroite que le nôtre, et son corps était aminci en arrière. En outre, le caractère le plus saillant du Kondylostome de M. Dujardin, c'est la présence d'un long nucléus moniliforme placé du côté gauche. On pourrait penser que ce nucléus n'est pas autre chose que la rangée des vésicules contractiles, bien que celle-ci soit placée du côté droit, car M. Dujardin n'est, en général, pas très-scrupuleux relativement à la droite et à la gauche de ses infusoires. Mais, outre que le nombre des segments de

ce nucléus en patenôtre est beaucoup trop nombreux (l'une des figuras en représente jusqu'à 47) pour permettre un tel rapprochement, nous trouvons dans l'une des figures de M. Dujardin (PI. 42, Fig. 2 c) sept corps ronds disposés en ligne le long du bord droit, lesquels sont sans aucun doute les homologues des huit vésicules contractiles de notre Kondylosloma païens.

Nous n'avons malheureusement pas réussi à découvrir le nucléus chez notre Kondylostome, ce qui nous défend de nous prononcer sur l'identité ou la non-idendité des

deux formes. Dans tous les cas, nous conservons à notre espèce le rfora de Kondi/lostoma païens, et s'il devait être démontré un jour que le Kondylostome de M. Dujardin en est spécifiquement différent, on pourra lui donner le nom de Kondyl. marinum. Tel est, en effet, le nom que M. Dujardin, par un lapsus calami sans doute, donne à cet animal dans l'explication des planches. — Quant à la Trichoda païens d'Otto-Frédéric-Mueller, il est difficile de dire si elle est synonyme de l'une de ces deux formes, plutôt que d'une autre espèce.

Notre Kondylostome est une espèce marine, observée dans fjord de Bergen en Norwége, oîi elle atteint une longueur d'environ 0""",2.

î° Kondylostomapatîdum. (V. PI. XII, Fig. 4.)

DiAGNOSE. Fosse buccale (Conservant la même largeur, à peu près dans toule son étendue.

Ce Kondylostome se distingue de l'espèce précédente par la forme de sa fosse buccale, qui est beaucoup plus étroite et dont les bords droit et gauche sont à peu près parallèles entre eux. Cette fosse est en outre beaucoup moins longue, relativement à la longueur totale du corps, que chez le K. patens, et son bord antérieur est bien moins large. que l'animal lui-même. Du reste, la position des cirrhes buccaux est la même dans les deux espèces. L'œsophage est court et dirigé d'avant en arrière.

Les stries de la cuticule sont plus fines et plus rapprochées les unes des autres que dans le K. païens.

Le dessin que nous publions est fait d'après une esquisse de M. Lachmann. La vésicule contractile et le nucléus n'ont pas été observés.

Le K. patulum est, comme l'espèce précédente, un habitant des eaux de lu mer (fjord de Bergen en Norwége).

Il est possible que l'animal que M. Ehrenberg observa en 1833 à Wismar, dans la Baltique, et qu'il décrivit sous le nom d'Uroleptus païens^ ait été un Kondylostome. Son nucléus moniliforme le distingue, dans tous les cas, de la forme d'eau douce à laquelle il l'a réuni plus tard sous le nom d'Oxytricha caiidala.

\. Driiter Beitrag zur Erkeanti jss grosser Organisation in der Ricblung des klelnstenRaumes. Berlin, 1834, p. loi.

ET LES RiriZOPODES. 247

8' Genre. — BALANTIDIUM.

Les Balanlidium se distinguent des Kondylostomes par la forme de leur corps, qui est renflé en arrière et aminci en avant. Leur corps ne présente pas non plus un degré de contractilité aussi considérable et n'est pas comprimé.

Les Balantidium offrent, dans leur forme générale, une grande ressemblance avec les Bursaiies, et M. Ebrenberg leur avait, en effet, assigné une place dans son genre Bursaria. Toutefois, leur fosse buccale ne forme pas un entonnoir pénétrant aussi profondément dans l'intérieur du corps que chez ces dernières, et elle ne renferme pas de crête ou corniche en saillie portant une rangée de cirrhes différents des cirrhes du bord de la fosse. Comme chez les Kondylostomes, les cirrhes du bord antérieur et du bord gauche de la fosse buccale sont serrés les uns contre les autres, et représentent la .spire buccale des Spirostomes. Les cirrhes du bord droit sont plus rares et plus espacés.

L'anus est terminal.

ESPÈCES

j" Balantidium Entmoon.

Syn. Bursaria Enlozonn. Elir. pro parle. Int., p. 557. PI. XXXV, Fig. 3.

(V. PI. XIII, Fig. 2.)

DiAfîNOSE. Fosse buccale éiroile et longue, légèrement courbée en ,irc, dont la concavité regarrle vers le côté gauche.

Cet infusoire, le seul du genre que nous connaissions, possède une cuticule finement striée en long. Son nucléus est ovale, son œsophage court. La vésicule contractile est située dans la partie postérieure du corps. Chez la plupart des exemplaires, nous en avons observé deux, à peu près au même niveau et situés l'une dans la paroi ventrale, l'autre dans la paroi dorsale. Il serait possible que cette espèce eût réellement toujours deux vésicules et que l'une d'elles nous eût échappé quelquefois par suite du peu de transparence du parenchyme.

Ce Balantidium, qui se trouve dans l'instestin rectum des grenouilles (Rana escu-

lenta et R. temporaria) avec le Plagiotoma cordiformis, bien qu'«n moins grande abondance que cette dernière, a très-certainement été vu par M. Ehrenberg, mais il n'est pas facile de dire laquelle de ses Bursaires doit lui être rapportée. Ce savant distingue, dans l'intestin des grenouilles, cinq espèces de bursaires, qu'il nomme Bursaria cordiformis, B. Ranarum, B. intestinalis, B. Eiitozoo/i, et B. Nucleiis. La première est synonyme de la Plar/iotoma cordiformis ; la seconde est la grande Opaline comprimée ' ; la troisième est l'Opaline cylindrique". En procédant ainsi par voie d'exclusion, il ne reste plus que la B. Entozoon et la B. Nucleus qu'on puisse songer à assimiler à notre Balantidion. Les dessins de M. Ehrenberg s'éloignent tellement de celui-ci, qu'il est fort difficile de se prononcer. Toutefois, il nous paraît certain, si l'on s'en tient aux planches, que la B. Entozoon seule peut être un Balantidion et que la B. Nucleus est une Opaline comprimée. En tous cas, la dépression que M. Ehrenberg considère, à tort ou à raison, comme une bouche chez la B. Nucleus, ne peut, par sa position, correspondre à la fosse buccale de notre Balantidium, tandis que celle-ci peut bien trouver son analogue dans le sillon garni de cirrhes dont est ornée laBurs. Entozoon. L'examen du texte de M. Ehrenberg conduit à des i'ésultats un peu différents et semble montrer que ce savant a compris sous le nom de Bursaria Nucleus aussi quelques individus appartenant à l'espèce de notre Balantidium. Il dit, en effet, qu'au moment où il met sous presse il vient d'observer des parasites de la grenouille (non figurés par lui), qu'il croit devoir rapporter à la B. Nucleus; ces parasites ont, dit-il, un nucleus ovale, deux vésicules contractiles et un front triangulaire très-pointu. Cette description concorde parfaitement avec le Balantidium Entozoon, mais nullement avec les figures que M. Ehrenberg donne de ?,a B. Nucleus, figures que nous persistons à rapporter à la grande Opaline '\

i. Moins cependant le.s individus représentés dans la Fig. VU 7 de la PI. XXXV, qui appartiennent probablement au Plagioloma cordiformis.

2. Tout au moins, les individus que M.Ehrenberj; rcprésenlc dans les Fig. IV, VU, VIII et IX de sa planche XXXV. Les individus des Fig. IV, 1 et -2, dans l'intérieur desquels sont représentés des objets étrangers, appartiennent peutêtre à une autre espèce.

3. Nous avons trouvé dans l'intoslin du Triton tœniatus, près de Berlin, une autre espèce de Balantidium, que nous n'avons toutefois pas assez étudiée pour la décrire ici.

ET LKS RIIIZOPODES-

9' Genre. — L K M B A D I 11 M

Les Lembadiuin sont des Bursariens aplatis, de forme ovale lorsqu'ils sont vus de face, dont la fosse buccale, large et profonde, atteint une longueur égale aux deux tiers de la longueur du corps. Celte fosse est bordée, du côté gauche, d'une rangée de cirrhes, qui s'agitent avec ensemble de manière à simuler une membrane ondulante. La partie antérieure de la fosse porte deux faisceaux de soies dont les extrémités libres convergent eu avant.

Le genre Lembadium a été établi par M. Perty, et quelque détestable que soit la figure qu'il donne de son Lembadium bidlivum, la description qui l'accompagne ne permet pas de douter qu'il ne s'agisse d'un animal très-voisin de celui que nous rapportons à ce genre.

Lorsque les Lembadion s'agitent dans l'eau dans un autre but que celui de prendre de la nourrituie, ils progressent très-rapidement, en général en ligne droite, et, dans ce cas, ils tournent continuellement autour de leur axe longitudinal, leur extrémité postérieure étant dirigée en avant. Ce mouvement de progression oflVe une apparence toute particulière, parce que le corps de l'animal, n'étant pas un solide de révolution, présente alternativement sa face large et son profil très-comprimé. — Lorsque les Lembadium errent, au contraire, lentement au milieu des algues pour chercher leur nourriture, ils progressent dans un plan plus ou moins horizontal, sans jamais tourner autour de leur axe, et alors c'est leur partie antérieure qui va de l'avant.

• ESPÈCE

Lembadium butlinum. Perty. Zur Kennln., p. iii. Pl.V,Fig.i4. (V. PI. XII, Fig. 5-6.)

Dur.NOSE. Corps ovale muni en arrière de deux longues soies flexibles; vésicule coulraetile placée sur le hord droit de la Tossc buccale.

Le Lembadium buUimim est très-comprimé et de forme ovale. Son extrémité postérieure porte deux longues soies, qui sont par conséquent dirigées en avant lorsque l'animal nage rapidement à travers les eaux. Ce ne sont point là des soies saltatrices,

car jamais nous n'avons vu les Lembarfion faire de bonds. D'ailleurs, ces soies ne présentent aucunement la rigidité particulière aux soies saltatrices, et sont, au contraire, excessivement flexibles. Elles paraissent plutôt remplir la fonction d'organes du toucher, car on voit les Lembadion changer la direction de leur natation lorsque ces soies viennent à choquer des objets étrangers.

La fosse buccale est ovale, son bord droit est à peu près parallèle au bord droit du corps, et son axe croise, par conséquent, l'axe de l'animal. Chez quelques individus, son bord antérieur est tronqué un peu obliquement du côté gauche (Fig. 6). Dans la fosse buccale même se trouve une grande excavation ovale qui en occupe toute la partie inférieure et droite. C'est l'orifice buccal, dont les dimensions sont si considérables, qu'il donne passage à des Diatomées et d'autres objets dont la longueur est égale à la moitié de celle de l'animal. — Le bord gauche de la fosse se réfléchit vers l'intérieur de celle-ci et forme une bande étroite et transparente, qui recouvre et protège la ligne d'insertion des cils buccaux. Ceux-ci se meuvent avec un ensemble tel qu'on est tenté de prendre la ligne formée par leurs extrémités libres pour une soie parallèle au bord gauche de la fosse ou pour la limite d'une membrane ondulante. — Des deux faisceaux de soies qui ornent la partie antérieure de la fosse buccale, celui de droite est inséré un peu plus en arrière que l'autre.

La vésicule contractile est placée sur le côté droit de l'animal, tout auprès de la fosse buccale, à peu près vers le milieu de la longueur totale du corps.

Le nucléus est un corps arrondi, situé dans la partie postérieure du corps.

Les individus que nous avons observés ne dépassaient guère une longueurde0""",058. Cette espèce se trouve, çà et là, aux environs de Berlin, surtout dans les tourbières de la Bruyère des Jeunes-Filles (Jungfernhaide).

Il est difficile de dire si le Èembadium buUinum de M. Perty est bien spécifiquement le même que le nôtre, M. Perty n'ayant observé ni sa vésicule contractile, ni son nucléus, ni les deux faisceaux de soies de la partie -antérieure, ni les rapports de la bouche à la fosse buccale. Cependant, M. Perty remarque que les cils de la partie po.stérieure se prolongent quelquefois en une espèce de queue, ce qui semble indiquer que son espèce avait, comme la nôtre, les deux soies caudales. Toutefois, comme nous ne trouvons dans la description que M. Perty donne de son Lembadium bullimm rien

qui ne puisse, à la rigueui , s'appliquer à notre Lcmbadium, nous avons cru devoir conserver à celui-ci le même nom spécifique. Les individus observés par M. Perty paraissent seulement avoir été un peu plus gros que les nôtres.

Quant au Lembadmm duriuHcuhm Perty (Zur Kenntniss, etc., p. 141. PI. V, Fig. 15), il sullit do dire que M. Perty lui-même fait suivre son nom générique d'un point d'interrogation, pour montrer que nid ne pourra décider si c'est un Lembadium ou autre chose.

11 est possible que la Bursaria Pupa Ehr. (Inf., p". -329. PI. XXXIV, Fig. IX), que nous n'avons pas eu l'occasion d'étudier jusqu'ici, doive rentrei- dans le genre Lembadium.

/<3» Genre. — BURSARIA.

Lés Bursaires sont caractérisées par une vaste fosse buccale en forme d'entonnoir, qui est bordée de cils sur son pourtour, et dont la cavité renferme en outre une arête portant des cirrhes vigoureux. Les Bursaires se rapprochent donc, d'une part, des Lembadium par les grandes dimensions de leur fosse buccale, et, d'autre part, des Balantidium par la forme de cette fosse ; mais elles se distinguent de ces deux genres par la présence de l'arête chargée de cirrhes.

Le genre Bursaire, ainsi défini, perd bien de l'étendue qu'il avait dans Iss classifications jusqu'ici en usage. Dans la nomenclature de M. Ehrenberg, il formait une espèce d'asile ou de refuge avec la porte ouverte à tout venant. En eflet, parmi les nombreuses espèces que ce savant y admettait, nous trouvons des Bursariens de genres fort divers (Bursaria, Plagiotoma, Frontonia, Balantidium, Ophryogicna et, peut-être, Lembadium), et des êtres à nature douteuse, dont on ne peut pas même dire avec certitude que ce sont des infusoires (Opalines). M. Dujardin saisit déjà d'une manière un peu moins vague le type des Bursariens, et il en exclut les éléments par trop hétérogènes qu'y avait laissés M. Ehrenberg (Frontonies, Ophryoglènes, Opalines). En re-

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vanche, il réunit au genre Bursaire les Leucopluys, qui, bien que |)lus proches parents des vrais Bursaires que les Frontonia, et surtout que les Opalines, en doivent être néanmoins génériquement distingués. Il lui adjoint même, avec un point de doute il est vrai, un Colpodien: le Paramccium Bursaria.

Nous croyons rendre un véritable service à la science en séparant les uns des autres les éléments si hétérogènes qui ont été compris jusqu'ici sous le nom de Bui'saria. On peut discuter la question de savoir si celui de ces éléments auquel nous avons réservé ce nom générique avait plus de droit de le porter que tel ou tel fjutre. Mais ce n'est là qu'une question secondaire, et le genre des Bursaires. tel que nous l'admettons, a du moins l'avantage d'être clairement délimité et distinct de tous les autres.

ESPÈCES

r Bursaria décora. (V. PI. XIII, Fig. 1.)

Dr\(;NOSK. Bursaire en forme crnrne venlnie, aviinl nii loiij; iiik-Iimi* contciunié, et des vésù-ules contracliles trèsnoinbreiises, disséminées ilans loul le parcniliyuie.

Cette magnifique Bursaire est en général légèrement comprimée et représente une véritable urne, car sa fosse buccale forme une cavité infundibuliforme, in\ peu recourbée, qui pénètre jusque dans la partie postérieure du corps. Cet entonnoir est ouvert, en avant, par une troncature coupant, l;i partie antérieure de l'animal; mais cet orifice se piolonge, en outre, en une longue fente ou échancrnre sur le côté ventral -du corps. Cette fente, qui s'étend jusque veis le milieu de la longueur totale et dont les bords sont à peu près parallèles entre eux, n'est pas exactement longitudinale, mais légèrement oblique par rapport à l'axe : elle se dirige de l'avant et de lit gauche vers l'arrière et la droite. L'entonnoir, formé par la fosse buccale, est courbé de manière à tourner sa concavité du côté gauche, et la bouche, qui est placée aii fond, se tiouve être très-rapprochée de la partie postérieure. L'orifice de la fosse buccale présente, outre la longue fente ventrale, une légère échancrure du côté gauche. Soit le bord antérieur de l'animal, soit la partie supérieure de la fente ventrale, sont garnis de cils plus longs et plus forts que ceux du reste de l'habit ciliaire ; mais les cirrhes buccaux proprement dits sont bien plus vigoureux et forment à l'intérieur de la fosse infundibu-

lifoime une rangée régulière, placée sur une corniche saillante, qui, prenant son origine (lu côté gauclie, auprès de la petite échancrure latérale, descend en décrivant une courbe en S jusqu'au fond de l'entonnoir.

Le parenchyme présente une apparence cellulaire très-remarquable, analogue à celle du tissu de V Actinopimjs Eichhornii, mais formée par des éléments plus petits. Cette apparence est due à la présence d'une foule de cavités arrondies pleines de liquide, serrées les unes contre les autres, et séparées par une matière granuleuse intermédiaire. Dans toute l'étendue de ce parenchyme, aussi bien sur la face dorsale que sur la face ventrale, soit en avant, soit en arrière, sont disséminées de nombreuses vésicules contractiles, qu'on reconnaîtra dans notre figure à leurs contours plus marqués que ceux des cavités à apparence celluleuse du parenchyme.

Le nucléusesl une longue bande étroite et contournée, qui est situé dans la moitié postéiieure du corps.

Nous avons observé cette Bursaire à Berlin, où elle est loin d'être commune, mais où M. Lieberkiihn nous a dit cependant l'avoir rencontrée aussi. Elle atteint en moyenne une longueur do 0""",55. Son parenchyme paraît offrir une certaine résistance à la putréfaction, car. dans une bouteille qui en renfermait un très-grand nombre, et se trouvait sans doute trop petite pour suffire à leurs ébats, nous trouvâmes, au bout de deux jours, les Bursaires mortes jonchant le sol, mais conservant encore parfaitement leur forme.

La nnrsaria imncalclla Ehr. (Inf., p. 326, PI. XXXIV, Fig. V) doit être fort voisine de la précédente par sa forme. Elle possède aussi un nucléus en bande allongée, disposé, il est vrai, autrement que chez la B. docora. Cependant, M. Ehrenberg ne fait nullement mention chez elle des nombreuses vésicules contractiles, mais signale, au contraire, une grosse vésicule qui doit être constante, et qui, par suite, semble devoir être une vésicule contractile unique. Malgré cela, nous aurions rapporté notre B. décora à la B. truncatella Ehr., si M. Lieberkiihn ne nous avait assuré qu'elles sont spécifiquement différentes. Cet observateur a, en effet, rencontré la véritable B. truncatella, et s'est assuré qu'elle est dépourvue des nombreuses vésicules contractiles qui caractérisent la B. décora.

Outre ces deux espèces, il en est encore une troisième qui devra peut-être être rapportée au genre Bursaria dans ses limites actuelles. C'est la Bnrsaria Vorticella Ehr. (Inf.,,p. 3%, PI. XXXIV, Fig. 6). Cet infusoire ne nous est pas connu, et M. Ehrenberg disant lui-même qu'il n'est pas bien sûr qu'il soit différent du Leucophrys patula, nous ne nous permettrons pas de rien exprimer sur la position probable de cet animal.

Les autres espèces qui ont été décrites sous le nom de Bursaria doivent être réparties comme suit: La Bursaria cordiformis Ehr. et la B. laterilia Ehr. sont des Plagiotoma ; la Biirs. patula Duj., la B. spirUjera Duj. et la Burs. vireiis Perty sont des Leucophrys {L. patula) ; la B. /lava Ehr. est une Ophryoglène ; la B. leucas et la B. vcrnalis Ehr. sont des Frontonia {F. leucas Ehr.) ; la B. Entozoon est un Balantidium; la B. Banarum Ehr., la B. intestinalis Ehr. et probablement aussi la B. Nuclcus Ehr. sont des Opalines; la B. Loxodes Perty est un Parameciura {P. Bursaria); la B. Pupa Ehr. est probablement un Lembadium. Enfin, la position de la/?, auranliaca Ehr. et de la B. vorax Ehr. est encore douteuse. Si l'on s'en tient aux paroles de M. Ehrenberg, il n'est pas impossible que la première soit une Nassule, et la seconde pourrait bien être voisine des Kondylostomes.

if' Genre. ~ M ET 0 PU S.

Les Metopus spnl munis d'une fosse buccale oblique très-allongée, analogue à celle des Paramecium, et dominée par un prolongement en coupole du front, soit de la partie antérieure du corps.

Les Metopus offrent une grande analogie avec les Paramecium et sont un des chaînons qui unissent d'une manière intime la famille des Bursariens à celle des Colpodéens. Mais ils s'éloignent des Paramecium par la circonstance que leur fosse buccale est bordée par des cils beaucoup plus vigoureux que ceux du reste de la surface du corps, et ce caractère leur assigne une place dans la famille des Bursariens. Toutefois, nous ne nous dissimulons pas que le genre Metopus, et, jusqu'à un certain point,

ET I.KS lîHIZOPODES. 255

les genres suivants, ceux des Oj3hryoglènes et des Frontonia, font une tache dans la famille des Bursaiiens et qu'ils tendent la main à leurs voisins les Colpodéens. Une circonstance qui dislingue encore les Metopus des auties Bursaiiens, c'est que les cils plus vigoureux ne se boinent pas à former une rangée de cirrhes buccaux, mais qu'ils recouvrent toute la partie antérieuie de l'animal, en particulier la proéminence que, pour rester en Jiarmonie avec la terminologie habituelle de M. Ehrenberg, nous avons nommée le froid.

ESPÈCE

Metopvs sigmoïdes. (V.. PI. XII, Fig. 1.)

niAGXOSE. Cor|>.s aplati recourbé en forme de S; l)i)iiclu! iiluée ;i peu près vers le milieu de la longueur totale vésicule contractile près de l'extrémité [)OStérieure.

Le Metopus sigmoïdes est déprimé et présente exactement la forme d'un S. L'inflexion supérieure de l'S est formée parle front, au-dessous duquel commence la fosse buccale ou sillon buccal. Ce sillon, large à son origine, traverse obliquement la face ventrale de l'animal en se rétrécissant graduellement et en décrivant une courbe dont la concavité regarde le côté gauche. Le sillon s'arrête non loin du bord droit dans la région médiane, et là se trouve l'orifice buccal qui conduit dans un œsophage fort court.

La cavité digestive répèle parfaitement la forme extérieure du corps et pénètre jusque dans le front. Là se trouve constamment un amas de granules fortement réfringents, à signification encore problématique. Ces granules rappellent ceux qu'on trouve fréquemment chez le Par. Aurélia et chez certaines Nassules. — La position de l'anus ne nous est pas connue. Il est probable qu'elle est terminale.

La vésicule contractile est. spacieuse et logée dans la courbe postérieure de l'S.

Le nucléus est un corps discoïdal placé au milieu du corps, immédiatement en arrière de la fosse buccale'. Il a souvent une apparence granuleuse.

Nous avons rencontré à plusieurs reprises le Metopus sigmoïdes dans les étangs des environs de Berlin, oîi il est cependant loin d'être abondant.

iî' Genre. — OPHRYOGLENA

Les Ophryoglènes sont des infusoires ciliés à corps plus ou moins sphérique ou ovoïde, dont la bouche est assez distante du pôle antérieur. Elle est placée dans une fosse ayant la forme d'un croissant, dont la concavité serait tournée du côté droit. Sur le bord de cette fosse est placé un organe singulier, à fonction inconnue, dont la forme rappelle tout-à-fait celle d'un verre de montre. M. Lieberkiihn a été le premier à signaler cet organe chez VOphryoglena flavicans et VO. flava. Nous renvoyons au Mémoire de cet auteur', pour de plus amples détails sur cet organe, ainsi que sur le système vasculaije très-développé des deux espèces précitées ; car le récit de nos propres observations ne serait qu'une répétition des observations antérieures de M. Lieberkiihn.

La fosse buccale est bordée de cils plus longs que ceux de la suiface buccale, et c'est ce caractère qui assigne aux Ophryoglènes une place dans la famille des Bursariens. Toutefois, ces cils sont loin d'atteindre la force des cirrhes buccaux de la plupart des genres précédents; ils ressemblent bien davantage aux cils de l'habit ciliaire, aussi ne les reconnaît-on d'ordinaire que lorsque l'animal est tourné de manière à ce que la bouche se trouve sur le bord. On voit alors clairement les cils buccaux dépasser notablement les autres en longueur. Nous croyons nous souvenir que ces cils- plus longs ne bordent que le côté convexe ou gauche de la fosse buccale; cependant, M. Lieberkiihn dit que la fente buccale (Mundfalte) porte des cils plus longs sur tout son pourtour. Il se pourrait donc que notre opinion soit erronnée. La bouche conduit dans un pharynx tubuleux qui renferme un groupe de cils (lambeau ciliaire, Wimperlappen de M. Lieberkiihn) comparable à celui qu'on voit dans l'œsophage des Paramecium, mais bien plus développé.

Le caractère essentiel du genre Ophryoglène était, pour M. Ehrenberg, la présence d'une tache dite ocularre. M. Lieberkiihn a suffisamment montré que la tache de pigment est souvent plus ou moins diffuse et ne peut, en aucun cas, compter dans la caractéristique du genre, puisque la Bursaria (lava Ehr. est une véritable Ophryo-

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