‹ Études sur la littérature et les moeurs des Anglo-Américains au XIXe siècle [microforme]Chapitre 100 sur 138 · EMERSON, ETC · texte numérisé non relu

EMERSON, ETC

Plus varié que Cullen Bryant et Emerson, Henri Wadsworth Longfellow , aujourd'hui professeur de littérature française et espagnole au collége de Harvard, a été élevé en Europe et a voyagé en Suède et en Danemark. Le génie scandinave moderne paraît avoir exercé sur sa pensée l'in fluence la plus active. Une sévère beauté intellectuelle, une douceur particulière d’expression et de rhythme, distinguent ses vers, et spécialement le volume intitulé Voi de la Nuit,

C'est un poète du « clair de lune, „ comme disent les Américains ; il attire l’âme par sa triste et douce grandeur. L'effet de ses vers est souvent étrange, et les couleurs en sont si transparentes, que le roman sentimental en réclamerait volontiers le mérite.

Nul parmi les Anglo-Américains ne s'est élevé plus baut dans les régions moyennes de la poésie, que Henri Wadsworth Longfellow, dont nous analyserons dans le chapitre qui va suivre le poème le plus touchant.

Peu de passion et un grand calme qui approche de la majesté, une sensibilité émue dans la profondeur s’y manifestent par des vibrations et des rhythmes modérés; les poésies suédoises de Tegner donneraient seules une idée de cette mélodie lente et de cette émotion réfléchie. Longfellow nous semble occuper la première place parmi les poètes de son pays ; une saveur distincte le caractérise ; on croit sentir, en le lisant, la permanence triste des grands bruits et des grandes ombres dans ces plaines qui n'ont pas de fin et dans ces bois qui n'ont pas d'histoire.

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