‹ Études sur la littérature et les moeurs des Anglo-Américains au XIXe siècle [microforme]Chapitre 17 sur 138 · AU XVIII SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU XVIII SIÈCLE

cution et la verve des mots, il pressent Robespierre, Thermidor et Bonaparte,

« J'ai vu, dit-il, le rideau tomber sur le premier acte » d’un terrible drame, Le premier pas d’une grandeur qui » descend vers la tounbe s'est fait sous mes yeux. C'est une » Chose profondément triste et digne de plus de pitié et de o réflexion que ne le sera la dernière catastrophe. »Quiconque se reportera au temps où ces paroles furent écrites, les trouvera prophétiques et belles.

Ses conversations avec Jefferson, dont les opinions républicaines étaient béaucoup plus ardentes et plus prononcées que celles de Morris, prouvent que Jefferson, alors ministre plénipotentiaire des États-Unis, portait sur la France un jugement absolument semblable à celui de son compatriote. « Jefferson, dit Morris, croit qu'il n'y a rien à espérer ni à » ättendre des États-Généraux. On voudra marcher à la » république inutilement et dangerensement. Les li- » térateurs qui dominent ici, et qui ont vu les abus nom- » breux de la forme monarchique, pensent que tout ira » d'autant mieux que l'on s'écartera davantage des institu- » tions qui se rapportent au gouvernement d'un seul; c’est une erreur. Les mêmes réformateurs construisent au » fond de leurs cabinets des théories admirables. Ils y font * entrer les hommes comme un ébéniste ses morceaux de » bois et ses pièces de marqueterie dans l'ouvroge qu'il » achève. Malheureusement l'homme n'est pas fait ainsi. » En France surtout où il y a plus de passions, de vices, » de mobilité, de facultés variables que partout ailleurs, » c'est folie de bâtir une Constitution sur des théories, Les » meneurs veulent anéantir toutes les distinctions de rangs. » Je ne crois pas qu'en thèse générale l'égalité complète » soit possible, et je suis bien sûr que par rapport à la na ·

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