‹ Études sur la littérature et les moeurs des Anglo-Américains au XIXe siècle [microforme]Chapitre 22 sur 138 · LE RAINCY · texte numérisé non relu

LE RAINCY

» me plaindre de ce simulacre de repas. Après déjeuner nous allons à la messe dans la chapelle, La tribune supé- » rieufe contient un évêque, un abbé, la duchesse, ses » dames d'honneur et quelques amis. Madame de Chastel- » lux est dans la nef, à genoux ; nous nous amusons d'une » infinité de plaisanteries que M. de S. . et M. de Cu- » bières font tour-à-tour. On met une chandelle dans la » poche de côté de l’évêque, la mêche sortant de la poche, » et on l'allume dans cet état. Tout le monde est d'une » gaîté folle, on rit immodérément pendant que l'office » continue; la duchesse seule tâche de garder son sé- » rieux. Voilà qui est très-édifiant pour les domestiques à » genoux vis-à-vis de nous, et pour les villageois qui assis - » tent à l'office, debout. Promenade après cette cérémonie » religieuse. Nous montons em bateau, et les Messieurs » rament sous un soleil brûlant, opération qui n'a rien de + rafraîchissant ni de délassant pour eux. On dine à cinq » heures. Des fenêtres de la salle à manger nous aperce- * vons une foule de peuple qui nous contemple. Hélas! „ combien leurs sentiments de vénération s'äffaibliraient, » s'ils savaient de quoi nous nous entretenons, combien » nos amusements sont vulgaires, combien toutes ces àm « sont frivoles! » 3 Trois ans après, le peuple avait découvert la nullité cachée sous ces murs ; et Morris, qui avait pris en pitié une vénération imbécile, la vit se changer en haine forcenée, La Bastille est prise : Versailles reste calme et muette. « Il est de bon goût à la cour, dit Morris, de sembler » croire que tout est tranquille, Demain peut-être, quand » on verra les murs de la citadelle fumänte, se résignerabon à convenir qu'il y a eu dubruit dans Paris. » Plein de mépris pour cette apathie des courtisans, qui conti-

— uma eu ce de

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