MADAME DE STAEL
» influence, si, pour récompense de vos conseils que l’on » désire toujours, vous réclamiez la libération de La- » fayette.
En un mot, la pensée que cette grande calamité peut v avoir un terme, et que vos efforts doivent contribuer, cette » pensée m'émeut à tel point que, sans m’aveugler sur lin- » discrétion de cette seconde lettre, je n'ai pu m'empêcher » de vous exprimer des espérances qui naissent à !a fois de » MON admiration pour vous et de ma pitié pour lui, »
Heureusement les armes de Bonaparte venaient au secours de l'éloquence de Coppet, de la diplomatie de Morris et des lettres de Washington. Il. de Lafayette fut enfin rendu à la liberté; et l'une des plus absurdes, l’une des plus atroces injustices des temps modernes eut un terme. La plupart des historiens, Walter Scott entr'autres dans sa Vie de Napoléon, attribuent cette libération à la vo- Jonté de Bonaparte: les documents fournis par Morris, . prouvent que la proposition vint de l'Autriche, sollicitée par Morris et le président des États-Unis,
Un autre débris de l'Europe, un autre fragment de la Jave révolutivnaire, nom fameux, proscrit, victime, le général Moreau se retrouve tout-à-coup en présence de Morris qui retiré dans son établissement agricole ne s'occupe plus que de faire prospérer ses vergers et de bien planter son parc :
« 10:novembre 1807. —Le général Moreau est venu dé- » jeuner chez moi. Nous nous promenons ensemble, et je » cherche à le dissuader de faire un voyage à la Nouvelle- * Orléans, II y renoncerait, dit-il, si ses préparatifs n°6- » taïent pas faits depuis longtemps. Je suis certain que ce voyage donnera lieu à des soupçons qui lui seront défa-