WASHINGTON IRVING
sinage de New- York se pretait admirabiement à ce système d'éducation. Quelques minutes de chemin conduisaient la jeunesse de la ville au milieu de vertes prairies, sous de frais ombrages, sur le bord de belles eaux qui, dans l'hiver, recouvertes d'un épais cristal de glace, invitaient les patineurs à rivaliser d'exploits avec leurs ancètres de la Hollande. La ville de New-York était alors placée dans la situation la plus pittoresque : Édinbourg seule en Europe pouvait lui disputer l'avantage sous ce rapport. Ces environs agrestes n'existent plus aujourd’hui : des rues pavées, des bâtiments en brique ont remplacé la verdure, le maçon a chassé bien loin le jardinier, une route en fer a fait disparaître jusqu'aux fraîches grottes de Hobaken. „ Ce qu'il y & de plus intime et de plus vrai dans le talent d'Irving, se rapporte à ces souvenirs presque hollandais de son enfance,
Ses courses n'allaient pas plus loin que l’île fleurie de Manhattan et les grèves. voisines; son imagination n'avait été bercée que de souvenirs bourgeois et paisiblea Jamais il n’avait rêvé ni la vie des forêts lointaines, ui la plume tombée des ailes du flamand au vêtement d'or, ni la fleur du désert ou les colonnes de rochers sauvages qui bordent le Mississipi. Ce qu'il y a chez lui de grâce et de noblesse n'appartient pas à cette sphere primitive et rude. Jeune, il avait vécu au milieu d'une population active et commergante, saus regretter les sources vives, bruissant au sein des bois antiques, le daim qui les traverse, la hutte da colon, le lac aux lames d'eau resplendissantes, De bonne heure il avait vu s’agiter autour de lui les pétites rivalités provinciales, et cette observation fine, digne de Teniers et de Wouvermans, qui le distingue s'était encore accrue.
«La ville, dit un contemporain, présentait, il y a cinquante