‹ Études sur la littérature et les moeurs des Anglo-Américains au XIXe siècle [microforme]Chapitre 33 sur 138 · LB DOCTEUR CHANNING · texte numérisé non relu

LB DOCTEUR CHANNING

les intérêts matériels seront satisfaits, l'opposition qui ne tardera pas à se former servira de contre-poids à l'opinion. L'indépendance naîtra, les libres saillies de l'esprit ne serent plus un crime, les fourches caudines seront détruites ; l'inquisition populaire s'évanouira, et chaque père de ſamille cessera d'être, selon la singulière expression de Cooper, « un familier du Saint-Office républicain. »

Ce péché démocratique, ce besoin de capter le peuple et de plaire à tous, sont trop faciles à reconnaître dans les œuvres du docteur Channing. Le tombeau de Mahomet, suspendu entre ciel et terre, ne vacille pas dans une situstion plus périlleuse, Le docteur aime la liberté, mais il ne nie point que le despotisme n'ait ses avantages. II veut que l'Europe l'applaudisse; mais il brigue aussi les éloges de l'Amérique ; le regard fixé sur les deux mondes à la fois, wemblant de manquer l'une des deux popularités qu'il convoite, faisant la révérence à tous les partis, décochant une phrase flatieuse pour toutes les sectes, se réservant un

moyen de retraite et un asile dans toutes les opinions pos-

elbles; unitaire sans exagération ; il excuse les torts de l'église romaine, en avouant le mérite et l'éloquence des philosophes français, souvent accusés d'athélsme ; il aime Ja République et défend les Bourbons; ne repousse pas les jésuites et convient de leurs torts; injurie Bonaparte sans révoquer en doute son génie ; il n'est hostile ni à l'imagination ni à l'esprit, pourvu que la modération leur serve de règle et que le sérieux les accompagne; il estime inſiniment la philosophie critique, lorsqu'elle w' unit à la religion; et se monire dévoué aux intérêts de la foi quand elle ne dégénère pas en intolérance ; bref, il y a dans ses prédilections tant de réserves, dans ses opinions tant de modifications, de réticences, de nuances, de con-

osition qui ne ds à l'opinion.

l'esprit ne seont détruites ; ue père de ſarssion de Coo n. »

pter le peuple naître dans les de Mahomet, lans une situarié, mais il ne es, Il veut que si les éloges de pndes à la fois, pularités qu'il tis, décochant e réservant un s opinions posse les torts de l'éloquence des éisme ; il aime epousse pas les Bonaparte sans le ni à l'imagition leur serve ; ilestime infle b'unit à la rau de la foi de; bref, il y a ns ses opinions

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