‹ Études sur la littérature et les moeurs des Anglo-Américains au XIXe siècle [microforme]Chapitre 69 sur 138 · COOPER EN FRANCE · texte numérisé non relu

COOPER EN FRANCE

— « Bah! s'écria le général anglais! C'est vous, Harris l. Je n'aurais pas cru vois trouver ici!

en faut bien, répondit l’espion, frire quelque petite chose pour sa patrie! »

Ce nègre perſide, qui n'avait d'autre patrie que la bourse des deux adversaires, et d'autre patriotisme que sa cupidité hontense, a probablement servi de modèle au héros du roman de Cooper, the Spy.

La lecture des huit ou dix voyageurs américains qui ont visité l'Europe est d'ailleurs piquante pour un Français. Le ridicule de nos prétentions, le caractère illogique de nos habitudes et de nos mœurs ne leur échappent guère. Cooper a très-bien observé en France ce mélange dangereux de faits qui résultent du despotisme ancien et de lois ou de désirs qui appartiennent à la démocratie. Centralisez, c'est-à-dire despotisen, voilà ce que dit Napoléon après Louis XIV. Individualisez et éparpillez, voilà ce que dit la liberté des journaux , et ce que répètent les livres. Absurde mariage des termes les plus contradictoires, Un gouvernement n'est pas la juxta-position des contraires, mais la lutte féconde des intérêts dont chacun cède un peu pour gagner davantage. En France, les habitudes sont nées de l'extrême asservissement; les tendances s'élancent vers l'extrême affranchissement.

Notre monde vieilli qui cherche à se rajeunie se rapproche nécessairement, par l'intention du moins, de ce monde jeune et à peine formé, qui voudrait se donner pour accompli. La France de Mirabeau et de Voltaire cherche à se retrouver dans la république nouvelle, sortie des mains de Locke et de Washington. Nous coïncidons en plusieurs points avec cette création étrange née du puritanisme anglais, œuf démocratique venu au monde au xvil' siècle et couvé

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