‹ Études sur la littérature et les moeurs des Anglo-Américains au XIXe siècle [microforme]Chapitre 77 sur 138 · LE CODE BLEU · texte numérisé non relu

LE CODE BLEU

ticut pour avoir mis au four un pâté destiné au susdit Harding, et mistriss Hunt femme de Goodman ayant reçu ou donné un certain baiser relatif au même personnage , évidemment redoutable, est fouettée et chassée. Toutes ces exécutions, qui tombent, comme on le voit, sur des baisers et des pâtés, datent de janvier 1643. Notre don Juan William Harding poursuit sa carrière jusqu’en 1651; en décembre de cette dernière année, nous le retrouvons ; il a épuisé l’indulgence des juges, des pères et des maris. On le condamne « à payer cinq livres sterling à M. Malbon, cinq autres livres à M. Andrews, à quitter la colonie, et à être fouetté trés-sévérement, „ Triste fin pour un don Juan.

Telle était la législation calviniste qui civilisait et préparait les États-Unis. Plusieurs des articles de son « code bleu » se font remarquer par leur terrible concision :« Aucun quaker ne recevra le logement ni la nourriture. —Quiconque se fera quaker sera banni, et, s’il revient, sera pendu. » Le crime des quakers, selon les puritains, était de ne pas vouloir tuer les sauvages. Les articles suivants valent encore mieux: — « Art, 17. Le jour du Seigneur, personne ne courra; on ne se promènera pas dans son jardin ni ailleurs, et l’on marchera seulement avec gravité pour aller à l'église ou pour en revenir, — Art. 18. Le jour du Seigneur , personne ne voyagera, ne fera la cuisine, ne fera le lit, ne balaiera la maison, ne se coupera les cheveux, ou ne fera sa barbe, — Art. 31. Il est défendu à tout le monde de lire la liturgie anglicane , de fêter la Noël, de faire des pâtés de hâchis (mince-pies) ; de danser, et de jouer de tout instrument, le tambour, la trompette et la guimbarde exceptés. »

Voilà certes une civilisation qui n’instituera pas de cours

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