‹ Etudes sur la Litterature Francaise (volume 3)Chapitre 27 sur 31 · L'ÉDUCATION DANS L'UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

L'ÉDUCATION DANS L'UNIVERSITÉ

L'Université a fait beaucoup parler d'elle en ces derniers temps, et de la façon dont on n'en devrait jamais parler. Car ce n'est pas de ses méthodes d'enseignement qu'on s'est occupé, mais c'est du parti qu'elle prenait dans nos luttes politiques» Quelques-uns de ses membres, non des moindres, se sont efforcés de la jeter dans le vif des débats actuels. On a pu craindre qu'elle n'eût perdu, avec le calme qui convient à son rôle d'éducatrîce, le sentiment lui-même de la mission qui lui est confiée. On a pu dire que ce grand corps étaît atteint par la maladie du cosmopolitisme, et que, formés par des maîtres dont le cerveau est hanté par les utopies humanitaires, les enfants de nos collèges n'apprennent plus à aimer leur pays. Rien n'est plus faux ; mais aussi rien ne serait plus dangereux pour rUniversité que de laisser une pareille opinion se répandre. Elle Ta compris, et elle s'est hâtée de profiter de la première occasion qui s'est offerte^ pour rassurer les familles qui ont eu jusqu'ici confiance en elle. C'est le sens des discours qui viennent

d'ôtre prononcés pour la distribution des prix dans les lycées de Paris, et cela leur prête un intérêt exceptionnel. Les harangues débitées dans les fêtes scolaires sont ordinairement d'une banalité pompeuse et d'une froideur commuiiicative. Il n'en a pas été de même cette année. Plusieurs de ces discours portent les traces d'une réelle émotion. Ceux qui les ont prononcés, avec l'assentiment de l'autorité universitaire, ont eu à cœur de répondre à des inquiétudes qu'ils devinaient, de dissiper un malentendu dont les conséquences ne pourraient être que désastreuses, de dégager la responsabilité de l'Université elle-même, et de la tirer d'une aventure où voudraient la lancer quelques imprudents. L'exemple a été donné par M. le ministre de l'Instruction publique, A la distribution des pr:x du Concours général *, le professeur chargé du discours d'usage, M. Dufayard, s'était exprimé en excellents termes sur l'utilité des enseignements de l'histoire qui nous apprend à aimer notre tradition nationale, M. le Ministre a repris ces paroles, et il les a reprises à son compte. Mieux inspiré que beaucoup de ses prédécesseurs, il n'a pas cru qu'un représentant du gouvernement républicain fût obligé de convier la France d'aujourd'hui au mépris et à la haine de l'ancienne France; il a su parler de cette chahie mystérieuse qui unit le présent au passé;

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