I. Juillet
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il a su rendre hommage à Tœuvre bienfaisante de nos rois; il a, comme un bon « cocardier », invité les enfants à s'instruire en écoutant et en saluant le « tambour du régiment qui passe x>. En quelques traits éloquents, il a retracé les émotions du jeune homme peu à peu initié au patriotisme par l'enseignement du collège. « Il comprendra combien il a fallu de temps et d'efforts pour rapprocher et unir nos provinces si différentes d'esprit et de climat, combien il a fallu de conquêtes, de guerres et de massacres pour mêler et fondre dans Tardent creuset tant de races diverses par le langage et par les mœurs. •• Il nommera avec orgueil nos grands hommes de guerre. Il souffrira du martyre de la plus pure et de la plus grande des héroïnes... Il ssntira palpiter le génie de la race qui inspira et porta si haut nos savants, nos écrivains, nos artistes, nos philosophes... Les voiles tomberont. L'idéal national lui apparaîtra soudain dans sa gloire. 11 aura compris la grandeur sublime du mot Patrie. » En tenant aux jeunes genscelangageferme et élevé, M. Leygues se montrait Thomme de sa fonction. L'aimable cadet de Gascogne associé aux destinées éphémères d'un cabinet de combat faisait place au grand maître de TUniversité.
Deux discours surtout doivent être signalés pour la noblesse des sentiments, pour une sorte de gravité attristée et d'ardente générosité, ceux de
M. Albert Vandal et de M.Maurice Croiset.M. Vandal avoue son « admiration pour ces Universités d'Outre-Rhin qui ont su, pendant la majeure partie de ce siècle, se faire des foyers de propagande patriotique, autant que de culture intellectuelle intense; elles ont su recueillir, conserver, aviver l'étincelle sacrée et en faire un grand feu; c'est chez elles que s'est élaboré, en somme, par de patients efforts, le relèvement de l'Allemagne ». M. Maurice Croiset, professeur au Collège de France^ fait le procès à la manie du cosmopolitisme. « L'exotisme gagne de proche en proche sans qu'on s'en défie. II règne sur le costume, sur les usages du monde, sur le roman,'sur la philosophie, sur le théâtre, et, si nous n'y prenions garde, il finirait même par nous envahir le cœur... Pourtant nous sommes encore un cerJLain nombre de Français de France, un peu arriérés peut-être, un peu chauvins, qui ne pouvons pas réussir à nous faire une âme « foraine ». J'entends par là une âme sans attache fixe, sans traditions, une âme vagabonde qui ne soit à Taise qu'en sa petite roulotte intellectuelle, et qui voisine indifféremment avec les pitres bariolés de toutes les nations. » De si pressants appels prennent une autorité incontestable quand ils émanent d'hommes aussi connus pour leur modération et pour l'indépendance de leur esprit.
Quelques-uns des discours dûs aux plus jeunes
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parmi nos professeurs de lycée n'ont été ni moins significatifs, ni moins nets. M. André Bellessort, professeur au lycée Janson de Sailly, a beaucoup voyagé. II a rencontré au cours de ses pérégrinations plusieurs de ces Anglo-Saxons dont on vante Tindividualisme, et a été frappé de les trouver fort différents de l'image qu'on en a trop aisément accréditée chez nous: «ils avaient tous un admirable respect de Tautorité, tous dépendaient religieusement de leurs traditions séculaires et semblaient obéir à une consigne reçue de toute éternité. » M. Louis Bodin, en quelques pages d'un charme pénétrant, a célébré cette forme plus intime du patriotisme qui est Tamour de la province natale, et expliqué les leçons qui se dégagent de cette vie de province, tout imprégnée des souvenirs et de la poésie du passé. M. Pichon a analysé le sens du passé que développe en nous l'étude des lettres classiques. C'est iMicore un maître de conférences de la Sorbonne, M. Dejob, qui a réfuté ce paradoxe par lequel on voudrait nous faire prendre les luttes commerciales pour des luttes pacifiques. En fait, il n'est pas une nation commerçante qui n'ait soutenu son commerce par de bonnes armées et par de bonnes flottes de gucîrre. fVest un universitaire, fils d'universitaire, M. Gidel, qui, prenant pour sujet de son allocution la concpiclc du Soudan, a retracé les épisodes les plus saisissants de cette guerre où sont réunis.
comme en un faisceau triomphal, ICvSnoms des Borgnis-Desbordes, des Combes, des Gallieni, des Archinard et des Marchand. C'est un membre de l'Institut, M. Cagnat, et c'est M, Berr donnante leurs auditeurs du lycée Henri IV les mêmes conseils patriotiques. — Je pourrais prolonger cette énumération et multiplier les citations; mais je ne me suis pas proposé de greffer sur le palmarès des élèves un palmarès des professeurs. Il me suffit d'avoir constaté la force et la généralité d'un courant. Dans aucun de ces discours officiels, je n'ai trouvé trace de ces théories d'après lesquelles on sacrifierait la besogne vulgaire de faire de nos jeunes gens des citoyens français, à la tâche plus relevée d'en faire des citoyens du monde. En revanche, partout s'y affirme la volonté de fortifier chez eux le sentiment national, le culte de la tradition proprement française, le respect du passé, et cet esprit d'absolu dévouement à la Patrie qui trouve dans l'accomplissement du devoir militaire son expression concrète. Depuis le ministre jusqu'aux professeurs, tous ceux qui ont parlé au nom de l'Université ont éprouvé le besoin de s'expliquer sur ces matières, sans laisser aucune place au doute. Ils sont allés au plus pressé. Ils nous ont apporté un témoignage qui nous est précieux. Ils ont droit à la gratitude de tous ceux qui aiment l'Université, qui n'ont jamais douté d'elle, et qui