I. Voltaire, Mémoires
SOUS le portrait du Prussien! » Aussi est-il peu surprenant que lorsqu'il vint à la cour demander son congé, il y ait été accueilli avec une froideur marquée. Le roi, lui laissant àpeine achever sa demande, lui répondit sèchement qu'il pourrait aller où il voudrait, et lui tourna le dos. Seule M"^^ de Pompadour s'efforça d'atténuer la rudesse de ce congé et chargea Voltaire de ses compliments pour le roi de Prusse, si toutefois elle osait prendre cette liberté. Au ministère des affaires étrangères, où était alors le comte de Puisieulx, Voltaire trouva aussi grise mine, et comme il demandait si on n'aurait pas quelque commission pour Berlin, la réponse fut : « Absolument aucune. » Voltaire en arrivant à Potsdam n'était donc chargé que des seuls compliments de M°^6 de Pompadour. A peine eut-il prononcé le nom de la marquise : « Mais je ne la connais pas, » interrompit Frédéric. Cela n'empêche pas Voltaire d'écrire qu'il s'est acquitté de la commission et qu'elle a été bien reçue.
Dans ces lieux jadis peu connus, Beaux lieux aujourd'hui devenus Dignes d*élernelle mémoire, Vos compliments sont parvenus Au favori de la Victoire.
Vos myrtes sont dans cet asile Avec les lauriers confondus.
J*ai l'honneur, de la part d*Achille, De rendre ^s^râces à Vénus *.