‹ Etudes sur la Litterature Francaise (volume 3)Chapitre 6 sur 31 · Voltaire à M°»« de Pompadour, lo août · texte numérisé non relu

Voltaire à M°»« de Pompadour, lo août

C'était prendre à Tégard de la vérité une licence que la poésie autorise peut-être. A part lui et dans la prose du sentiment intime, Voltaire dut convenir que, d'un côté comme de l'autre, on ne Tencourageait pas.

Cependant ce qui d'abord n'avait dû être qu'un séjour passager se changeait en établissement. Voltaire devenait, non plus Thôte, mais le domestique du roi de Prusse aux appointements de vingt mille francs. Il recevait le titre de chambellan et portait la clé d'or en sautoir. Voltaire avait trop le goût des titres honorifiques et la manie des décorations pour se refuser à des offres si séduisantes. Il mit toute son habileté à ne pas se faire déposséder de ses anciens titres, tandis qu'il en acquérait de nouveaux, et réussit, en devenant chambellan du roi de Prusse, à rester gentilhomme du roi de France. Aussitôt il est repris par sa chimère diplomatique et termine une lettre à Puisieulx par ce postscriptum : « Permettez-moi d'ajouter qu'il peut y avoir des occasions où un Français de plus auprès de Sa Majesté prussienne, zélé pour le roi et pour sa patrie, pourrait ne pas être inutile. Je ne suis guère en état de rendre service, je n'ai que de la bonne volonté, et je suis sûr que des sentiments aussi purs que les miens trouveront grâce auprès de vous *. » Naturellement c'est sur l'appui de

Page 1