‹ Études sur la maladie des vers à soie 1870 v. 2Chapitre 17 sur 79 · A M. LE MAIRE DE CALLAS, ARKONDISSEMENT DE DRAGUIGNAN · texte numérisé non relu

A M. LE MAIRE DE CALLAS, ARKONDISSEMENT DE DRAGUIGNAN

Alais, le 'î\ avril i8GS.

Je m'empresse de répondre' à votre lettre du 20 avril courant.

Vous m'écrivez que, sous l'impression des faits consignés dans ma lettre du i5 avril à M. Dumas, lettre insérée au Moniteur du 18, vous désirez que j'examine deux sortes de graines, provenant de chambrées bien réussies, qui vont être élevées dans votre localité, où elles composeront à peu près exclusivement les éducations de cette année.

Ces deux graines forment un total de 1Z0 onces.

J'ai l'honneur de vous informer que, suivant mon appréciation, ces deux graines échoueront complètement, quelles que soient l'habileté des éducateurs

ou l'imporlance des chambrées. J'ajoute, et c'est sur ce point que j'appelle tout particulièrement votre attention, que, l'an dernier, au moment de précéder aux grainages, il n'aurait pas fallu plus de cinq à dix minutes d'un examen microscopique très-facile pour reconnaître que les cocons, excellents pour la filature, étaient tout à fait impropres à la reproduction, et que la graine des papillons qui en sortiraient porterait la désolation dans votre commune en 1868. Jugez d'ailleurs combien ces exemples pourraient être multipliés ! La veille du jour où j'ai reçu votre lettre, je répondais exactement dans les termes qui précèdent au sujet d'une graine provenant également, m'a-t-on dit, de ^ otre arrondissement, et dont les cocons qui avaient servi à la préparer ont été vendus 3o et 40 francs le kilogramme, tant la réussite de la chambrée inspirait de confiance pour la reproduction. De même que vos graines n° i et n° 2, cette troisième sorte ne donnera pas de cocons en chambrées industrielles.

Il est bien entendu, Monsieur le Maire, que si, par impossible, les éducateurs de votre localité se décident, sur ma parole, à jeter au feu les graines dont nous parlons, il y aura lieu d'en élever de petites quantités afin de mettre mon jugement à l'épreuve des faits.

Dans l'intérêt des éducateurs de votre commune comme dans celui plus général de la sériciculture dans votre département, je vous serai obligé. Monsieur le Maire, de vouloir bien demander l'insertion de cette lettre dans un des journaux du Var le plus promptement possible.

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