‹ Études sur la maladie des vers à soie 1870 v. 2Chapitre 27 sur 79 · ET DES TRAVAUX PUBLICS · texte numérisé non relu

ET DES TRAVAUX PUBLICS

Saint-Ambroix, le i3juin 1869.

J'ai l'honneur de porter à la connaissance de Votre Excellence les résultats d'une expérience faite chez moi à Saint-Ambroix, et qui me paraît avoir une grande importance pour notre industrie séricicole, si cruellement frappée depuis vingt années.

Propriétaire de mûriers dans le département du Gard, ayant de la feuille pour élever plus de 3oo onces de graine, j'attachais un grand prix à me rendre compte de la valeur du procédé découvert par M. Pasteur pour la confection de la semence saine des vers à soie.

M. Vidal, éducateur à Saint-Ambroix , s'étant habitué dans ces dernières années à la pratique du microscope, et prétendant s'être assuré de la valeur du procédé de M. Pasteur par ses propres observations, je résolus de faire avec cet éducateur Tépreuve suivante :

M. Vidal se rendit, en 1868, à Perpignan, où la méthode do M. Pasteur avait été mise en pratique avec succès par les soins de la Société d'Agriculture de cette ville; il acheta les cocons d'une chambrée bien réussie, mais atteinte de la pébrine ; la chambrée choisie par M. Vidal fut celle du sieur Louis Robin, près de Perpignan.

Les cocons furent apportés avec les soins nécessaires à Saint-Ambroix , et Ton procéda à un grainage cellulaire dans les conditions suivantes : on mit à part cinq catégories de graine.

La première fut composée de la réunion des pontes de tous les couples de papillons qui n'offraient pas les corpuscules de la pébrine ; la deuxième, des couples qui offraient d'un à six corpuscules par champ du microscope; la troisième, des couples qui offraient de six à trente corpuscules par champ ; la quatrième, des couples qui offraient de trente à deux cents corpuscules par champ ; enfin la cinquième était composée des couples offrant de deux cents à deux ou trois mille corpuscules par champ.

Ces cinq catégories de graine, ayant pour origine une même famille de vers à soie, ont été élevées cette année, à Saint-Ambroix, sous ma surveillance, par les soins d'un magnanier expérimenté.

De là première catégorie on éleva i once de iS grammes, et de chacune des quatre autres 9 grammes.

Voici quel a été le résultat de ces cinq éducations : L'once de graine jugée pure a produit 47 kilogrammes de cocons, et l'éducation n'a rien laissé à désirer dans sa marche.

Les catégories suivantes, rangées par ordre d'infection croissante, ont produit, la première 12 kilogrammes de cocons^ soit 33 kilogrammes à l'once; la deuxième catégorie a produit 6 kilogrammes, soit 17 kilogrammes à l'once environ : une foule de vers étaient pébrinés ; la troisième catégorie a donné lieu à une mortalité considérable et a produit seulement 65o grammes de cocons, soit a kilogrammes à l'once environ. Enfin la dernière catégorie n'a pu arriver jusqu'à la quatrième mue et n'a pas donné un cocon : à l'approche de cette quatrième mue^ l'éducation avait l'aspect d'un véritable fumier.

Ces éducations ont été visitées à Saint-Ambroix par un grand nombre de personnes, sur lesquelles elles ont produit une vive impression. Dans l'intérêt de la vérité, j'ai cru devoir informer Votre Excellence de ces résultats, en reportant à qui de droit le mérite de cette nouvelle et heureuse application de la

science.

GUISQUET,

Propriétaire à Saint-Ambroix (Gard).

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