‹ Études sur la maladie des vers à soie 1870 v. 2Chapitre 47 sur 79 · LETTRE DE M. L. PASTEUR A M. H. MARES · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. L. PASTEUR A M. H. MARES

CORRESPONDANT DE L* ACADÉMIE DES SCIENCES (l).

Au Pont-Gisquet, près d'AIais, le ï^^ mars 1867.

Vous connaissez les opinions 'qui résultent de mes premières recherches, et combien elles seraient consolantes pour cette belle industrie de la production de la soie, si les observations qui les appuient présentement se trouvaient conûrmées par des études nouvelles. Le fléau qui ruine depuis tantôt vingt années ces contrées du Midi, autrefois si prospères, aujourd'hui si désolées, serait une vieille affection inhérente à tous les pays sérigènes, presque à toutes les chambrées, aussi loin que l'on aille observer le ver à soie, en Europe ou dans l'Orient, dont personne ne se plaignait quand les produits des éducations étaient rémunérateurs, mais qui n'en existait pas moins, faisant de sourds ravages, et, comme le feu qui sommeille sous la cendre, toujours prêt à s'attiser par des circonstances diverses. Je pense, en outre, qu'il est facile de le combattre, de l'éloigner même entièrement, au prix d'un examen microscopique simple et rapide dans son application. Enfin, parce qu'il aurait été reconnu dans son origine et dans ses effets, ce mal prétendu terrible, on aurait à l'avenir les yeux ouverts sur lui, de façon à diminuer considérablement jusqu'à l'infhience cachée dont je parle, qui a toujours contribué à amoindrir la fortune des éducateurs. La sériciculture acquerrait ainsi une prospérité jusqu'alors inconnue ; de telle sorte que la maladie actuelle deviendrait l'occasion d'un progrès salutaire.

Plus que personne je recherche ce qui peut contrarier ces principes , en même temps que je m'efforce de contrôler les faits qui me les ont suggérés (2)

En jetant les yeux sur ces tableaux et sur ceux qui sont relatifs aux papillons japonais , vous voyez immédiatement la différence qui existe entre les grainages du Japon et ceux de notre pays. Au Japon, qui nous envoie de bonnes graines, si l'on choisit au hasard des papillons dans une foule d'éducations , on trouve un grand nombre de ces papillons absolument sans corpuscules, et parmi ceux qui sont corpusculeux, beaucoup le sont peu, comparativement à ceux des races indigènes.

(0 Montpellier, 1867; Pierre Grolier, éditeur.

(2) Suivent mes observations^ déjà reproduites au tome 1*', sur la recherche des corpuscules dans des chrysalides ou papillons antérieurs aux époques de maladie, et sur l'état corpusculeux des graines et des papillons d'éducations faites au Japon, en 1866, mis en opposition avec l'état corpusculeux des papillons de quatorze grainages indigènes de cette môme année.

Au contraire, chez nous, dans quatorze grainages pris au hasard sans choix, dans une même localité, tous les papillons sans exception sont corpusculeux, et chaque champ du microscope en montre par centaines et par milliers. N'estr il pas probable, sinon certain, que telle est la cause de Taflaiblissement considérable des graines indigènes? N'est-ce pas là Torigine de l'étisie des vers, de leur prédisposition excessive à la multiplication des corpuscules et la source des désastres de nos chambrées?

Mais que faire? Où chercher le remède? Quelque mystérieuse influence n'enveloppe-t-elle pas nos contrées séricicoles? N'existe-l-il i)as, comme on l'a pensé, une sorte de choléra des vers à soie, et le mal n'est- il pas si général qu'il soit impossible de le vaincre?

Examinons la question ainsi posée. Vous penserez sans doute que le but serait atteint si nous pouvions arriver à constituer en France un état pareil à celui du Japon, tel : i° que nous rencontrions dans les papillons de nos grainages une foule de papillons privés de corpuscules; ià° que, parmi les papillons corpusculeux, le plus grand nombre le fussent à un faible degré. Eh bien, je vais vous montrer qu'il est facile d'y arriver, et que nous pouvons, sous ces divers rapports, être supérieurs au Japon. Passons en revue, si vous le voulez bien, d'autres grainages faits en France, mais choisis et non pris au hasard. Commençons par les grainages de races japonaises. Voici le résultat de l'examen des papillons de grainages dont les éducations ont été faites sous mes yeux, au Pont-Gisquet, par MM. de Lachadonède et Despeyroux, au nom du Comice agricole d'Alais.

TABLEAU NO ÎO.

GRAIXAGE DE COCONS BLAMCS.

(Carton B,.33o8, tabl. n» t.)

PAPILLUKé

MOMBRE

founU

ET AT DES AILES

de corpasculei

à reipérleace.

par champ.

Pasd*obMrrttton.

Id.

Id,

Id,

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