‹ Études sur la maladie des vers à soie 1870 v. 2Chapitre 61 sur 79 · NO 1. NO · texte numérisé non relu

NO 1. NO

i^*". . . . 5 corpuscules par champ, i''' 100 corpuscules par champ.

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Ces résultats suffisaient pour que Ton pût déclarer sans hésitation que ces graines échoueraient complètement. C'est, en effet, ce qui est arrivé, ainsi que le constate la lettre qui m'a été adressée par M. le docteur Pierrugues, maire de Callas, lettre insérée dans le journal le Far^ du 14 juin, et que Ton trouvera à la page 7a de ce volume.

Je le répète, une observation microscopique de quelques minutes aurait suffi, en 1867, pour reconnaître qu'il fallait envoyer à la filature les cocons des chambrées qui ont fourni ces graines n"* 1 et 2, malgré la confiance qu'inspiraient ces cocons au point de vue de la reproduction.

En présence de résultats aussi concluants, on a peine à comprendre que des personnes s'obstinent à proclamer que les conseils de la science sont infructueux et qu'il faut en revenir aux anciennes pratiques de grainagc.

Je rapporterai d'autres faits de même nature qui se sont passés dans los Basses- Alpes. Le i5 avril 1868, j'écrivais à M. Dumas :

« Je vais vous entretenir succinctement de deux éducations qui ont

été soumises à des grainages dans le département des Basses-Alpes, en suivant les anciennes pratiques. Je ne nommerai personne. Cela n'ajouterait rien à la force de mes arguments.

» La première de ces chambrées était de 100 kilogrammes ; la seconde de 3oo: toutes deux d'une réussite fort remarquable. Elles ont produit 1200 ou i3oo onces de graine qui sont, à cette heure, l'espoir de la récolte de quelques centaines d'éducateurs.

» Je sais qu'à la suite d'un examen microscopique des papillons de ces chambrées, fait par une personne exercée, qui avait reconnu que tous ces papillons étaient fortement atteints de la maladie des corpuscules, les propriétaires furent avertis, au moins l'un d'eux, du danger de faire grainer ces chambrées. Mais ils arguèrent de la beauté des vers qui avaient fourni ces papillons et du succès extraordinaire des éducations, en ajoutant que le microscope pouvait se tromper. Les grainages eurent donc lieu. Peu de temps après mon arrivée à Alais, je me suis procuré une petite quantité des graines dont je parle et j'ai commencé à les élever. Je suis en mesure d'affirmer que toutes les chambrées de ces graines, sans exception, périront entièrement de la maladie corpusculaire.

» Heureusement ces faits ont été constatés par des hommes honorables et éclairés qui vont être prochainement désabusés et seront les premiers à proclamer leur erreur. Pécheurs repentants, ils deviendront de fervents apôtres. Par leur influence, j'en ai l'espoir, la lumière se fera, dès cette année, dans le département des Basses-Alpes, qui est, en effet, l'un de ceux dont on peut attendre un grand nombre d'excellents grainages, si les éducateurs veulent bien y prendre pour guide les résultats de mes recherches. »

11 n'y a plus d'inconvénient à faire connaître les noms des personnes dont il s'agissait dans cette lettre. C'est M. * Raybaud-Lange qui, à la suite d'un examen microscopique des papillons, avait condamné le grainage des

3oo onces, chez son ami, M. Laugier, maire d'Oraison. Dans le séjour que j'ai lait récemment dans les Basses-Alpes, j'ai eu l'honneur de voir M. Laugier, et je tiens de lui-même l'aveu que toutes les chambrées de ses 3oo onces de graine ont échoué et toutes de la gattine. Pouvait-il en être autrement? J'ai élevé une pincée de cette graine : dans une levée que j'ai faite le 9 avril, j'ai examiné un à un 20 vers prélevés au hasard ; 12 étaient corpusculeux.

Quant aux goo onces de graine de l'autre sorte, elles provenaient d'une chambrée faite à Digne, et d'une réussite assez remarquable pour que M. Guérin-Méneville en ait parlé avec éloge dans un Rapport qui a été inséré dans le Journal (f agriculture de M. Barrai (5 avril 1868.) Elle appartenait à feu M. Arnoux. J'ai suivi la trace de ces 900 onces de graine, qui ont été livrées par un négociant de Valence. L'échec a été général dans les Basses-Alpes, comme dans la Drôme, et partout où on en a élevé. Voici le résultat de l'examen microscopique de cette graine, que le graineur lui-même, dans la confiance qu'il avait de son excellente qualité, m'avait prié d'étudier, au mois de mars dernier :

(NSVFS d'aspect ordi:<aire bien fécondés :

5 œufs ensemble 3 corpuscules par champ.

6 pas de corpuscules par champ.

4 3 corpuscules par champ.

Je reviens à M. Laugier, afin de faire observer qu'en présence du succès extraordinaire des chambrées de M. Raybaud-Lange, et de l'échec général de sa propre graine, cet honorable propriétaire s'est empressé de se procurer un microscope et d'aller demander des leçons à son ami M. Raybaud-Lange. Il ne s'est pas contenté de faire un grainage d'un millier d'onces environ par sélection microscopique; il a pris soin en outre, ainsi que je l'ai rappelé tout à l'heure, de faire 40 ou 5o onces de graines par couples isolés qu'il distribuera par petites éducations, de façon à faciliter grandement ses opérations de grainage en 1869.

J'ai tenu a démontrer par ces exemples que la maladie des corpuscules sévit avec la plus grande intensité, môme dans les départements qui passent pour les plus sains, et qu'il est indispensable, là comme ailleurs, de ne jamais s'exposer à faire des grainages sans l'aide du microscope, surtout des grainages industriels d'une grande importance.

Il me semble que la lecture attentive de la première partie de ce Rapport persuadera tous les éducateurs qu'on peut prévenir d'une manière certaine la maladie régnante par excellence, la maladie des corpuscules, et que les graines

mises à Tabri de ces atteintes donnent des récoltes pouvant aller au double de celles des époques de prospérité.

J'arrive maintenant à la maladie des morts-flats.

§ Vn. — De LA MALADIE DES MORTS-PLATS.

Dans son Traité des maladies actuelles du ver à soie (publié en 1859), M. de Quatrefages avait insisté beaucoup sur les maladies intercurrentes. 11 considérait la pébrine comme étant la maladie unique, préexistant partout aux autres maladies, affaiblissant les vers et les rendant infiniment plus accessibles anx inQuences morbides qui pouvaient agir sur eux.

M. de Plagniol, de Chomérac, qui a le mérite d'avoir été un des premiers en France à s'occuper des corpuscules de Cornalia, a, de son côté, insisté sur ces maladies accessoires dès Tannée 1861 .

En lisant attentivement ce qu'ont écrit ces auteurs, on peut se con^^aincre que la maladie des morts-flats mérite une mention particulière parmi ces maladies dites intercurrentes, M. de Quatrefages signale cette maladie comme générale à Valleraugue en 1859, et je trouve dans une Note de M. de Plagniol, ce passage :

« n en est autrement de la maladie des passis, morts-flats, flétris, qui, cette année (en 186 1), a été la ruine des graines d'Orient. »

Je suis donc porté à croire que cette maladie des morts-flats a fait des ravages sensibles depuis le commencement de la crise séricicole.

En 1867, dans une lettre adressée à M. Dumas, insérée aux Comptes rendus de la séance de l'Académie des Sciences du 3 juin 1867, j'ai démontré que cette maladie était indépendante de celle des corpuscules (1), et j'ai donné des preuves de sa grande extension. « L'immense désastre de la sériciculture

(i) J'ai déjà dit ce que j'entendais par cette indépendance. Je ne préjuge pas la question des liens cachés que peuvent avoir entre elles les deux maladies.

On pourrait soutenir, dans l'état actuel des choses, que la maladie des mortsflats, ou mieux l'influence des causes qui la déterminent, afiaiblit les vers de façon à multiplier et à grossir les mauvais effets de la présence des corpuscules ; qu'ainsi ce serait cette maladie qui amènerait le développement occasionnel des corpuscules dès les premiers ùges de la chrysalide, et, par suite, ce grand nombre d'œufs corpusculcux qui inondent les pays séricicoles depuis vingt ans.

Avec non moins de raisons apparentes, on pourrait prétendre, au contraire, que c'est la maladie des corpuscules qui prédispose les vers à la maladie des mortsflats.

En d'autres termes, il y a beaucoup de recherches à faire sur les liens qui peuvent exister entre ces deux maladies, si tant est que de tels liens existent réellement.

» depuis vingt ans, disais-je à M. Dumas, est tout entier dans cette maladie » et dans celle des corpuscules. » Aussi, dans la grande épreuve qui allait être tentée, en 1868, sur les graines des chambrées choisies au microscope, toutes mes craintes étaient relatives à l'apparition de cette maladie. Ces craintes étaient fondées. Dans plusieurs départements, notamment dans l'Ardèche, risère, le Gard, la maladie des morts-flats a sévi avec assez d'intensité pour atteindre môme les graines robustes qui avaient été mises à l'abri de la maladie des corpuscules.

Voici le tableau complet et détaillé de toutes les éducations entreprises dans la circonscription d'Alais avec 220 onces de graines de M. Raybaud-Lange, qui avaient été distribuées par M. de Lachadenède, président du Comice de cette ville. Ce tableau est extrait d'une lettre de M. de Lachadenède.

Je ferai observer, en passant, que la seule manière de se former une opinion exacte sur la qualité d'une graine dans une localité déterminée consiste à dresser, comme je le fais ici, un tableau détaillé de tous les résultats offerts par un poids connu et assez considérable de cette graine distribuée entre un grand nombre d'éducateurs de cette localité. En agissant autrement, on peut être conduit aux jugements les plus erronés suivant qu'on porte les yeux de préférence, soit sur les réussites, soit sur les insuccès.

Les lettres A, B, C, D, J, K, L, V désignent huit des sortes de graines. Or, nous voyons qu'il n'y a pas une de ces sortes qui n'ait eu des réussites. Quant au rendement moyen, il a été de ^V"= 20*^^,6 supérieur au rendement moyen de l'ancienne prospérité.

GRAINE DE 1 - 31 ËDL'CATIONS.

. RATBAUD-LAHGE.

RBNpBMENt HOTEN : 30^', 6 P

s DEI 1 DVCtTimi.

H. de Boiuon. (Commune d'Allègre.)...

H- de Lucoun. (Commune de Baisset.). ■

H. CéKir Pabre. .

M. de Coehorn. (Saint-Jena-du'Ggird.) . . .

M. Villaret. (Commune de Serru. ]

M. PoDiet. (Ardèche.)

' do Lochailcnèile. (Serfâs.) i

Pai;y».(0(.mm"'.i,.S'.|'riïiit-do9-Vieui.)'

H. Mai. d'Uonibres. (Vénéiobrei.)

' de MBubec. (Rivières.^

M. Tuech. (SalindreB.) ',

»■'' de Cambis. (Salindres.). .

" VarÎD d'ALnïelle. (Serï»s.

M. deLogcre». (Ardèche.)

M. RiviËrei de Jean. (AUis.) . .

M. de Lachsdenède. (Servi

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