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J'ai visité un certain nombre de œs chambrées, et, dans aucune, la mortalité, lorsqu'elle a réellement diminué la récolte, ne pouvait être attribuée à la maladie des corpuscules, mais bien à la maladie des morts-flats qui frappait les vers delà quatrième mue à la montée (i).
Aussi peut-on dire que jamais les éducateurs n'avaient vu, jusqu'après le quatrième sommeil et souvent jusque vers la montée à la bruyère, une si grande quantité de vers comparée au nombre d'onces élevées, des vers plus beaux, plus égaux, accomplissant leurs mues avec plus de régularité. On ne voyait des vers atteints de gattine que dans les fonds, vers l'époque de la montée et surtout avec les graines où la tolérance du nombre des papillons
(i) Je prendrai la liberté de placer ici une question relative aux échecs qae les graines choisies au microscope ont éprouvés dans quelques départements par la maladie des morts-flats. Je le ferai avec la réserve qui convient lorsqu'on se pose en censeur d'autrui.
Élève-t-on bien les vers à soie dans ces départements?
L'éclosion ne s'efiectue-t-elle pas souvent par des vents très-secs sans qu'on ait le soin de donner à l'air une humidité suffisante? Dans les premiers à^^es, à l'époque des mues, l'encombrement des vers n'est-il pas excessif? La quatrième mue ue s'accomplit-clle pas souvent sous la feuille, les vers étant enveloppés de tous côtés par de la moisissure?
Quel est donc l'industriel ou le chef d'atelier qui surveille ses ouvriers aussi peu que le font les propriétaires dans tes pays séricicoles? Et de quelle industrie s'agit-il? D'une industrie qui met en œuvre la vie avec ses mille et une perturbations possibles.
Je vois, par exemple, dans le tableau précédent, que l'un des fermiers de M. de Lachadenède, qui élevait 20 grammes de la graine, lettre K, a échoué, tandis que les autres obtenaient, l'un 3/8 kilogrammes de cocons pour 3oo grammes de graine, l'autre 288 kilogrammes pour i5o grammes, un troisième 4^ kilogrammes pour 3o grammes. Ne serait-il pas impossible de soutenir que celui qui a échoué dans la plus petite éducation, c'est-à-dire avec 30 grammes seulement, a été victime de l'épidémie régnante ? Il est certain que cet éducateur a compromis le succès de sa chambrée par quelque grave négligence.
Tandis que M. Pages, maire d'Alais, obtenait dans une grande éducation de 3o onces faite avec la graine lettre D, une récolte s'élevant à 740 kilogrammes de cocons marchands, M. Max. d'Hombres ne produisait que 71 kilogrammes avec lo onces de la même graine. J'ai visité cette dernière chambrée, qui a été vraiment admirable jusqu'au moment de la montée. Alors elle a éprouvé des pertes consi* dérables par la maladie des morts-flats. Je ne saurais dire assurément quelle a été la vraie cause du mal; mais voici dans quelles conditions s'est accomplie l'éclosion des vers, et je doute que M. d'Hombres ait connaissance de ce fait dont j'ai recueilli les détails auprès de son fermier, en son absence :
Au fond d'une grande magnanerie, on tendit un drap de façon à isoler un espace suffisant, pouvant être chauffé, tant bien que mal, à l'aide d'une cheminée placée dans un coin de la magnanerie. Les 10 onces de graine étaient étalées suruoe grande table ; on n'arrosa jamais le plancher. Or, dans la première quinzaine d'avril, des vents du nord d'une sécheresse extraordinaire ont régné constamment.
corpusculeux avait été la plus grande; par exemple, pour les graines lettres A et V, qui provenaient de lots à 12 pour 100 de papillons corpusculeux. Cette espèce de foison continue des vers avec Tâge, cette augmentation nécessaire et quotidienne de la place qu'ils occupent est le propre des éducations faites avec les graines issues de papillons choisis. Tout au contraire, les vers sefondent lorsqu'on a affaire à une graine atteinte par la gattine.
Voici le tableau de 75 onces des graines de M. Ray baud- Lange, élevées dans TArdèche et distribuées par M"* Fontanille, des Vans :
Que Ton imagine ces malheureux insectes sortant tout humides de leurs coques et exposés tout à coup à l'atmosphère la plus desséchante. J'insiste sur cette circonstance que la graine était étalée sur une table, parce qu'il y a une grande différence entre ce mode d'éclosion et celui au nouet, par exemple. La graine perd 10 à 12 pour 100 de son poids au moment de l'incubation. Si elle est réunie en tas, elle se donne à elle-même l'humidité dont les vers peuvent avoir besoin, tandis que si elle est répandue sur une table, il faut de toute nécessité rendre l'atmosphère humide par des arrosages souvent répétés. L'hygromètre de Saussure, d'après quelques observations que j'ai eu l'occasion de faire, doit marquer de 72 à 80 degrés; sinon on brûle les vers, ou du moins on peut les affaiblir, et cet affaiblissement pourrait bien peut-être se traduire, de la quatrième mue à la montée, par des embarras de digestion capables d'amener la maladie des morts- flats.
A Saint-Hippolyte et à Ganges, j'ai vu les vers endormis du quatrième sommeil, qui est le plus critique, littéralement enveloppés dans un duvet de moisissure que les magnaniers prenaient pour des fils de soie. On sait comment vivent les moisissures; elles s'emparent de l'oxygène de l'air et dégagent de l'acide carbonique.
Frr Jmponair AMUude A^MàuiftK au mamtmi de U mue
Beaucoup de vers passent donc un ou deux jours dans une atmosphère irrespirable. La race japonaise est mieux avisée ; elle s'endort volontiers la tète levée et libre en dehors de la litière.
En résumé, les propriétaires doivent s'instruire dans l'art d'élever les vers à soie et prendre soin de surveiller leurs magnaneries, notamment aux époques critiques pour la vie du ver à soie.
MOUS DES EDCCATECRS.
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M"« FonlMiille, des Vans (Ar-
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M"" Fonlanille. idem
M. Cmbalusier. de Graviéres
M-"' ïeuïB Bouvier, de» Asajons
(Ardècha)
M. Marron, deB«me(Ardèche) M. Martin, de GraTières(Ardèche) M. Toulouae, de Sai^^ADd^é (Ar dèche).
M. Talion, du Gras ( Ardèche). ,
M. Deneyrolles, de MejraDnci
(Gard) f
M. Fromenl, d'Anna» (Ardèehe).
M. Toulouse, d'Orsens(GarJ)..
M. Gaae, desVansCArdèehe)...
M. Julien Co^le, do Saiat- André
M. PertuB, des Van, (Ardèche)..
M. Domerguc, de Charabonas
M. Borellj, do Salelles (Àrdèche) M. Cha5tel,de (:has»ai;ner(Ard.) H. Alban, do tianne (Ardèche), .
M"" Marie Védel, du Gras (Ard.) H. Murjas, des Vans Ardccho)..
M. Joffraia, de ifllauie Ard.)-' M. Dcathanol, de S8lelies(Ard.).
H. Gascon, de Graviàres (Ard.).
M"" EuRénia Éiesqnc, de Sa-
M"-" Marie Clensoj., d« Saint- Paul (Ardèche)
C'est le même résultat que dans le Gard. A côté de belles réussites propres à toutes les sortes de graines, il y a eu des échecs par la maladie des mortsflats. La gattinen a frappé aucune des chambrées. Malgré les insuccès, le rendement moyen s'élève à plus de 20 kilogrammes par once de 25 grammes.
§ VIU. — De LA NATURE DE LA MALADIE DES MORTS-FLATS ET DE SON CARACTÈRE HÉRÉDITAIRE DANS CERTAINS CAS DÉTERMINES.
La maladie des morts-flats est donc la seule maladie qu'aient à redouter les graines choisies au microscope. Mais qu'est-ce donc que cette maladie?
Je suis porté à croire qu'elle est propre au canal intestinal et provoquée peut-être par une nourriture trop substantielle, trop chargée de matière verte. Ce serait une sorte d'indigestion qui permettrait à la feuille de fermenter dans le canal intestinal, comme elle ferait dans un vase inerte. Loin que la feuille soit malade dans certaines contrées, je la jugerais volontiers trop abondante en certains principes peu digestifs, par suite d'une exubérance dans la végétation. Telle est peut-être la cause de la différence qui a toujours été remarquée «ntre les effets de la feuille de mûriers sauvages, non taillés, et celles des mûriers cultivés, à taille souvent renouvelée.
Bien que la fermentation de la feuille dans le canal intestinal soit accompagnée de la présence de divers organismes, par exemple de vibrions, ces organismes paraissent être un effet plutôt qu'une cause. Si l'on peut espérer guérir ou prévenir le mal chez des vers prédisposés constitutionnellement ou par leur alimentation à subir l'influence de la maladie des morts-flats, n'est-ce pas par des toniques qu'il faudrait essayer d'agir (i). Mais je m'empresse de le reconnaître, il n'y a en tout ceci que des vues préconçues. J'ai hâte d'arriver à des faits précis.
En 1866 et 1867, certaines observations m'avaient porté à admettre que la maladie des morts-flats pouvait être héréditaire, ou, du moins, que les vers pouvaient avoir une prédisposition constitutionnelle à cette maladie ; mais les preuves positives de ce fait n'existaient pas. Je les ai acquises en 1868.
Tai fait élever aux établissements d'essais précoces de Saint-Hippolyte et de Ganges plusieurs k ts de graines préparées dans les conditions suivantes : les papillons producteurs provenaient d'éducations ou la mortalité par les ïtiorts-flats, de la quatrième mue à la montée, avait été très-sensible; en Outre, ces papillons n'offraient pas la moindre atteinte de la maladie des cor-
Ci) J'ai fait quelques essais encore peu concluants, mais pourtant favorables à cer- ^siins égards, avec diverses préparations ayant ce caractère. On sait combien il faut •*cpéter et varier de telles expériences pour en déduire une conclusion certaine. Je ■^e m'y arrête donc pas davantage pour le moment.