‹ Études sur la maladie des vers à soie 1870 v. 2Chapitre 64 sur 79 · DE LA MALADIE DES MORTS-FLATS CHEZ LES VERS, A LA MONTÉE · texte numérisé non relu

DE LA MALADIE DES MORTS-FLATS CHEZ LES VERS, A LA MONTÉE

Je disais précédemment que les vers, très-languissants à la montée, des éducations dans lesquelles sévit la maladie des morts-flats, fournissent des papillons dont la graine est destinée à périr de cette maladie. Or, si l'on ouvre les chrysalides provenant de tels vers, et qu'après avoir détaché la poche stomacale placée sous le corselet, on en examine le contenu au microscope, on la trouve remplie de débris de feuilles plus ou moins bien digérées, presque constamment etssociées à un petit ferment en chapelets de grains, identique d'aspect et de volume au ferment de certaines fermentations visqueuses (i).

Ce ferment n'existe nulle part ailleurs dans la chrysalide, ni dans les tis> sus du corps, ni dans les liquides qui les baignent.

D'où provient ce ferment? Il n'est pas douteux qu'il n'ait pour cause occasionnelle une fermentation de la feuille de mûrier dans le canal intestinal au moment de la montée et avant cette époque ; car si l'on dépose dans un vase, à une température convenable, de la feuille de mûrier broyée avec de l'eau, déjà, au bout de vingt-quatre heures, on voit apparaître ce petit ferment, et sa présence parait correspondre à un accroissement de la viscosité naturellement propre à la bouillie de feuille de mûrier.

Dans les vers sains, dans les chrysalides saines, je n'ai jamais vu de vibrions, ni le ferment dont je parle.

Ceci posé, lorsqu'on vient à étudier le contenu résinoïde dé la poche stomacale des chrysalides de ces chambrées dont les vers ont une grande faiblesse de mouvements, bien que tous soient capables de former leurs cocons, on trouve toujours un nombre plus ou moins grand do ces chrysalides montrant le ferment dont il s'agit.

La conséquence logique de ces faits n'est-elle pas que ce ferment doit pouvoir servir de témoin de l'état maladif du ver à la montée, état maladif du-

(i) On trouvera ce ferment représenté yf^. i5 de mes Études sur le vin. {Études sur le vin, ses maladies, etc, i vol. in-8®, chez Victor Masson. — Paris, 1866.)

Je joins à ce Rapport deux dessins qui représentent le petit ferment pris dans la feuille fermentée et dhns la poche stomacale des chrysalides. Ces planches ont été reproduites dans la deuxième Partie du 1^^^ volume.

quel résulterait une prédisposition à la maladie des morts-flats dans la graine faite avec les papillons des chrysalides où ce ferment a existé ?

En d'autres termes, tout en ignorant absolument l'origine d'un lot de cocons, l'état de la chambrée qui les a fournis, on peut présumer, par un examen microscopique du contenu de la poche stomacale des chrysalides, qu'il y a eu mortalité par la maladie des morts-flats dans l'éducation ou que cette maladie sévissait sur les vers, alors même que le mal n'allait pas jusqu'à les faire périr.

Il est d'autant plus raisonnable d'admettre que des vers, au moment de faire leurs cocons, peuvent être sous l'influence de la maladie des morts-flats que tous les éducateurs savent que, dans les éducations éprouvées par cette maladie, il existe beaucoup de cocons fondus, c'est-à-dire de cocons dont les chrysalides pourrissent et se résolvent en une sanie noire souvent remplie de vibrions.

J'ai appris d'un très-habile filateur d'Alais, M. Françaison, que les dateurs ont souvent l'occasion de rencontrer des cocons qui poussent au fondu ^ c'està-dire que, dans le cas où l'on conserve les cocons sans les étouflèr préalablement, la proportion du nombre des cocons fondus augmente chaque jour. M. Françaison était d'avis que l'on ne doit jamais faire des grainages avec de tels cocons.

Enfin, on sait également qu'il existe des cocons dont les papillons pourrissent au lieu de se dessécher. M. de Plagniol, de Chomérac, que j'ai eu l'honneur de voir sur la fin de mon séjour à Paillerols, m'a dit qu'il rejetait de ses grainages, depuis longtemps, les papillons dont le liquide rendu après la sortie du cocon montrait de petits bâtonnets articulés, par la crainte que la graine de ces papillons fût atteinte de la maladie des morts-flats.

§ X. — Conséquence pratique des faits qui précèdent.

La conséquence pratique des faits que je \ iens d'exposer est facile à déduire.

L'observation microscopique des cocons que l'on destine au grainage devra être faite à deux points de vue : pour les corpuscules et pour le ferment en chapelets de petits grains.

On prend vingt chr^'salides ; après avoir extrait la poche stomacale et de celle-ci la matière d'aspect résineux qu'elle contient, on en délaye une parcelle dans une goutte d'eau qu'on examine au microscope. Il faut que l'on n'y découvre que des granulations amorphes.

L'observation pour les corpuscules se fait, à la manière ordinaire, sur une autre série de sujets.

La recherche de la présence du ferment en chapelets de petits grains doit se faire de préférence sur les chrysalides, circonstance qui facilite beaucoup

cette étude^ puisque la chrysalide met près de trois semaines à sortir de son cocon sous forme de papillon. A la rigueur, on peut faire cette recherche dans les papillons, mais le travail est beaucoup plus pénible, parce que, dans les papillons, la poche stomacale est très- réduite et que le ferment paraît résorbé en partie.

Le grainagcde M. Raybaud-Lange a été fait, cette année, pour chacun des lots, au double point do vue dont je viens de parler. Nous avons seulement réservé pour expériences d'études la graine de certains lots qui, malgré leur belle réussite, ont offert jusqu'à 5o, 60 et 70 pour 100 de chrysalides où le ferment en petits chapelets de grains était très-abondant.

J'ai lieu d'espérer que les lots qui n'auront point manifesté la présence de ce ferment n'auront à redouter que le développement accidentel de la maladie des morts-flats. Les cas de cette nature sont encore assez nombreux, je le crains, pour que les éducateurs prennent les plus grandes précautions dans le but de les prévenir (i).

On peut soulever ici une question intéressante. Dans le cas où l'on a affaire à une graine prédisposée héréditairement à la maladie des morts-flats, parce qu'un certain nombre de chrysalides auront montré le petit ferment en chapelets de grains, doit-on considérer cette maladie comme devant inévitablement frap[>er toutes les éducations de cette graine? La réponse à cette ques-

(i) Une aération convenable des ma(;naneries préserve de la maladie des mortsflats accidentelle.

Que faut-il entendre par l'aération des ma{];naneiies?

Beaucoup de personnes croient qu'elles aèrent quand elles ouvrent les fenêtres.

Ily a des circonstances où c'est une grande faute d*a{;ir ainsi. L'aération doit s'entendre particulièrement, du renouvellement de l'air. Que l'air soit calme et la journée très-chaude, l'ouverture des fenêtres ne fera entrer que de la chaleur.

On ne saurait trop recommander, selon moi, l'usa£;e de trappes dans le plancher des magnaneries, communiquant avec un cellier, un lieu frais quelconque au rezde-chaussée. En recouvrant ces ouvertures d'une forte toile métallique à larges mailles, elles ne peuvent donner lieu à aucun accident et les rats ne peuvent pénétrer.

Si la journée est tiês-chaude, tenez toutes les fenêtres rigoureusement fermées et que les trappes, nombreuses (une par chaque intervalle de deux fenêtres), soient ouvertes. Votre magnanerie fera l'office d'une véritable cheminée : un renouvellement rapide d'un air vif s'y fera sentir, sans aucun inconvénient pour les vers qui ne seront jamais frappés par le vent de ces trappes puisque celles-ci, placées le long des murs, seront assez éloignées des tables. L'appel de l'air frais venant du cellier du rez-de-chaussée sera d'autant plus sensible que le soleil échauffera plus fortement la toiture.

Lorsque le mistral souffle, l'air pénètre toujours assez. Il faut alors fermer soigneusement trappes et fenêtres, et ne songer qu'à entretenir dans la magnanerie une chaleur suffisante.

tion me parait devoir être affirmative dans les cas où la maladie des mortsflats aura sévi avec rigueur sur les vers d'où l'on aura tiré les reproducteurs : par exemple, s'il y a eu une mortalité sensible de la quatrième mue à la montée. Mais les résultats de la comparaison que j'ai pu faire cette année entre tant d'éducations diverses dans différents départements m'autorisent à affirmer que les conditions dans lesquelles se font les éducations, que l'alimentation, que le climat propre à une contn'îe, peuvent éloigner d'une manière parfaite la prédisposition héréditaire dont il s'agit et en guérir les vers, comme on voit tous les jours une personne affaiblie revenir à la santé ou aggraver son mal par un régime bien ou mal approprié.

Cette opinion m'est suggérée également par les résultats des éducations de quelques-unes des graines de M. Raybaud-Lange et par mes observations récentes sur les grainages qui ont été faits à Paillerols.

Je suis porté à croire que, l'an dernier, comme cette année, il a dû exister dans les grainages de Paillerols des lots offrant le petit ferment, témoin présumé de la maladie des morts-flats, et que , notamment , les graines A et C, livrées cette année par M. Raybaud-Lange, devaient avoir une prédisposition héréditaire à la maladie des morts-flats. Dans les Basses-Alpes, où le succès de toutes les graines de M. Raybaud-Lange a été général, les conditions des éducations, alimentation avec feuille de mûriers non taillés, ou circonstances atmosphériques, auraient guéri les vers de la prédisposition que je suppose avoir existé dans ces graines pour la maladie des morts-flats.

De môme, je suis persuadé que la graine Gignan, de Nîmes, celle de Roux, à Ganges, étaient issues de chambrées où, sans aucun doute, on aurait rencontré, l'an dernier, une foule de chrysalides contenant le ferment en chapelets de grains, car les éducations de ces graines ont eu de nombreux échecs par les morts-flats (i). La graine Mazel devait être dans le môme cas.

La graine Guchens, au contraire, et la graine de M. de Chavannes devaient être tout à fait à l'abri de la prédisposition à cette maladie ; ces graines n'ont éprouvé qu'accidentellement et dans des cas rares les effets de ce mal, même dans les départements les plus éprouvés (2).

(i) Des graines choisies au microscope, la graine Gignan est celle qui a été h plus éprouvée par la maladie des morts-flats. Heureusement il n'en existait que 40 onces. J'ai su depuis que les vers qui avaient donné cette graine avaient été élevés dans un local où le renouvellement de l'air était trcs-diffîcile, circonstance très- propre à donner la maladie dont il s'agit.

(3) Foir page 82 le Rapport de M. de Lachadenède, président dn Comice d'Alais, sur diverses sortes de graines choisies, dont l'une avait été faite à Choisy-le-Roi, près de Paris, par M*"^ de Chavannes. M. de Chavannes, chargé d'inspections générales séricicoles, et fort au courant de tout ce qui concerne les éducations, avait eu le soin d'examiner au microscope un grand nombre des papillons du graioage

Une preuve manifeste du développement accidentel possible de la maladie des morts-flats s'est présentée, cette annexe, pour la graine de Chavannes. L'éducation de Choisy-le-Roi a péri de cette maladie.

§ XI. — Des essais précoces.

Je ne saurais mieux faire comprendre la grande influence des conditions de réducation pour emj)écher le développement accidentel de la maladie des morts-flats qu'en retraçant ici les résultats des essais précoces de cette année sur les graines choisies au microscope en 18G7. Parmi ces graines, voici les noms de toutes celles qui, à ma connaissance, ont été élevées en février et en mars dans les établissements d'essais précoces de Saint-Hippolyte (Gard) €t de Ganges (Hérault) :

Graine de Sauve, il cocons blancs.

Graine de Sauve, à cocons jaunes.

Graine Mazel, h cocons blancs.

Graine Mazel, à cocons jaunes.

Graine Guchens, à cocons jaunes.

Graine Roux, de Saint-Rauzille, à cocons blancs. Graine Raybaud-Lan<;c, à cocons jaunes, lettre G. Graine » » » lettre K.

Graine » » m lettre I.

Graine » n » lettre J.

Graine » » » lettre L.

Graine » » » lettre B.

Toutes ces graines ont fourni de 90 à 100 cocons pour 100 vers comptés au premier repas après la première mue (i). La maladie des morts-flats, pas plus que la pébrine, n'a donc détruit un seul de ces essais, tandis que, aux éducations industrielles et dans certains départements, notamment dans le Gard et dans l'Hérault, qui sont les départements où ont été faits les essais précoces dont il s'agit , quelques-unes de ces graines ont subi l'influence de la maladie des morts-flats.

de M"* de Chavannes et les avait trouvés tous exempts de corpuscules, ainsi que j*aî eu Toccasion nioi>mème de m'en assurer. La graine a été livrée à M. le président du Comice agricole d'Alais. Elle a réussi dans le Gard à peu près chez tous les éducateurs, comme le constate le Rapport de M. de Ijicbadcnède.

(1) Voir mes lettres à M. Dumas au sujet des essais précoces, écrites d'Alais le 10 mars et le 10 avril 1868.

Maintenant que nous avons quelques idées sur la cause probable de cette dernière maladie, il n'est guère possible de se rendre compte de la différence entre les résultats des essais précoces et ceux des éducations industrielles qu'en l'attribuant à la différence de nature des feuilles au moment des essais précoces et pendant les grandes éducations d'avril et de mai, et au moindre nombre des germes de maladie transportés par l'air en février et mars. Les essais précoces, en un mot, paraissent réaliser ces conditions générales d'éducations qii seraient propres, ainsi que je le disais tout à l'heure, à guérir les vers de la prédisposition à la maladie des morts-flats quand elle n'est pas trop accusée dans la graine. Leur influence est insensible, au contraire, dans d'autres circonstances, puisque j'ai vu échouer aux essais précoces de Ganges et de Saint-Hippolyte les lots de graine provenant des papillons exempts de corpuscules et choisis dans des éducations où il y avait eu une mortalité plus ou moins marquée par les morls-flats.

Conclusions.

Deux maladies sévissent présentement sur les vers à soie et toutes deux probablement depuis vingt ans.

La plus développée, la plus dangereuse, celle qui est répandue dans tous nos départements et dans tous les pays séricicoles, est la maladie appelée en France du nom de pébrincj en Italie du nom de gattine, et que j'ai désignée de préférence, dans ce Rapport, du nom de maladie des corpuscules. Lorsqu'elle est déclarée chez les vers à soie, aucun remède connu ne peut arrêter ses ravages. Heureusement la connaissance d'un remède n'a rien de nécessaire. Les faits consignés dans ce Rapport démontrent que l'on peut prévenir cette maladie d'une manière absolue, au moment de la confection des graines, en écartant les éducations dont les papillons et surtout les chrysalides sont chargées du petit organisme anormal désigné du nom de corpuscules de Cornalia. Jamais un œuf quelconque ne contient de ces corpuscules quand il a été produit par des papillons qui n'en contenaient pas eux-mêmes. En outre, j'ai prouvé que la maladie se développe assez lentement pour qu'elle ne puisse détruire une chambrée quand elle n'est pas héréditaire par hérédité congéniale et par la présence effective des corpuscules dans les œufs au moment de leur éclosion.

Il faut donc élever exclusivement des graines exemptes de cette maladie corpusculaire, condition que l'on réalise sûrement par l'examen microscopique préalable des cocons destinés au grainage.

De telles graines existent partout, mais spécialement dans les pays de petite culture. On peut en multiplier le nombre à volonté en faisant faire des éducations avec des graines choisies elles-mêmes préalablement, suivant la

méthode de grainage dont il s'agit. Cette méthode a fiasse déjà dans la grande pratique. Il n'y a plus qu'à en multiplier les bons eflets.

Que des grands propriétaires, que des graineurs éclairés et probes, au lieu d'aller porter au Japon l'argent de la France pour la munir de graines de races très -inférieures aux nôtres, suivent l'exemple que leur ont donné pour la première fois M. Raybaud-Lange et la Commission départementale des Pyrénées-Orientales, qu'ils se transportent dans nos départements de petite production, qu'ils y fassent élever une graine pure, qu'ils en surveillent les éducations et qu'ils choisissent au microscope les meilleures chambrées résultantes pour les livrer au grainage. Tout en fais^ant leur propre fortune, ils donneront à la sériciculture une prospérité qu'elle n'a jamais connue.

Les graines mises à l'abri des atteintes de la pébrine. ont un rendement qui peut aller au double de celui des époques de prospérité.

Dans le cas où l'éducateur ne pourra se procurer de la graine offrant la garantie du mode de fabrication dont je parle, il faudra qu'il ait recours à la méthode italienne de MM. Vittadini et Cornalia, établie sur la découverte fondamentale de leur savant compatriote, le docteur Osimo, découverte qui consiste dans la présence possible des corpuscules dans les œufs des vers à soie. La méthode italienne a beaucoup de désavantages, comparée à celle que j'ai fait connaître; mais après celle-ci^ c'est la plus sûre qui puisse être employée.

La supériorité de la méthode que j'appellerai la méthode française^ si l'on me permet cette expression, c'est qu'elle se prête à la confection de grainages efiTectués sur la plus vaste échelle et qu'elle peut empêcher entièrement l'existence de la mauvaise graine. Elle a été appliquée cette année avec un grand succès, en Italie même, par le marquis Luigi Crivelli et par M. Bellotti (i).

La seconde maladie, à laquelle on n'avait pas donné, avant mes recherches, l'attention qu'elle mérite, est la maladie connue depuis très- longtemps sous le nom de maladie des morts-Jlats . Elle est beaucoup moins répandue que la pébrine. Des localités, des départements entiers l'ont à peine remarquée cette année même, où, néanmoins, les grandes chaleurs orageuses du mois de mai et les gelées tardives qui ont atteint la feuille au mois d'avril ont favorisé son apparition et son développement.

Elle se présente, soit héréditairement, soit par accident, sur les graines les plus pures. Dans les deux cas, elle peut déterminer l'insuccès des chambrées en frappant les vers avant qu'ils fassent leurs cocons.

(i) Voir la lettre que le professeur E. Cornalia a adressée au directeur de La PerseveramOf de Milan, à la date du to juillet 1868. (N® de La Perseveranzay du 30 juillet.)

MM. Crivelli et Bellotti ont obtenu un rendement moyen de ^8 kilogrammes à Tonce.

Pourtant, même dans les départements les plus atteints par cette maladie, le rendement moyen des éducations industrielles avec les graines choisies pour être à l'épreuve de la pébrine s'est élevé souvent au chiffre de l'ancienne prospérité et l'a môme dépassé dans plusieurs localités.

Tout porte à croire, et tel est le progrès principal de mes études de cette année, relativement à cette seconde maladie, que, par une observation microscopique facile et corrélative de celle de la recherche des chambrées exemptes de la maladie des corpuscules, on pourra éliminer également celles qui fourniraient des graines prédisposées héréditairement à la maladie des morts-flats. Dès cette année, des grainages importants ont pu être faits dans ces conditions.

En résumé, bien que la maladie des morts-flats réclame encore de nouvelles recherches, il reste acquis et démontré qu'un progrès considérable est accompli : la maladie régnante par excellence, la pébrine, est vaincue, en ce sens qu'il est démontré avec une rigueur qui ne laisse rien à désirer qu'elle peut être écartée par l'application simple et pratique du procédé de grainage dont j'ai eu pour objet principal d'exposer les résultats industriels dans ce Rapport.

Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de rendre hommage en terminante quelques personnes dévouées à l'obligeance desquelles j'ai dû très-souvent avoir recours» Ce sont MM. de Lachadenède, président du Comice agricole d'Alais, et M. Despeyroux, professeur au collège de cette ville ; M. Jeanjean, maire de Saint-Hippolyte et secrétaire du Comice du Vigan; M. le comte de Rodez, directeur de la magnanerie expérimentale de Ganges ; enfin, M. Vilallongue, président de la Société d'agriculture de Perpignan, et M. Siau, trésorier de cette Société. Je remphs un devoir en les priant de recevoir ici publiquement l'expression de ma reconnaissance pour les facilités dont ils ont entouré mes études.

J'ai à peine besoin d'ajouter que j'ai été secondé, cette année, avec le même dévouement et la même intelligence que les années précédentes, par les deux jeunes professeurs de l'Université que S. Exe. le Ministre de l'Instruction publique a bien voulu autoriser à me prêter leur concours. M. Maillot, agrégé de l'Université, a pu assister avec beaucoup de fruit la Société d'Agriculture de Perpignan dans les nombreux services qu'elle a rendus aux éducateurs du département des Pyrénées-Orientales, au moment de la confection des graines. La collaboration de M. Duclaux, professeur suppléant de la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand, m'a été indispensable pour les observations que j'ai faites dans les Basses-Alpes, pendant la durée du mois de juin.

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