‹ Études sur la maladie des vers à soieChapitre 61 sur 97 · PAPILLONS RACE INDIGÈNE · texte numérisé non relu

PAPILLONS RACE INDIGÈNE

a Femelle, b mâle, c Papillon charbonné corpusculeux,

d Papillon à duvet gris mais sain.

Paris, Imp Geray Gros rue de la Montagne J'É” Geneviéve- 34

LA PÉBRINE. 185

que je viens de prescrire est tout à fait exempte de corpuscules, même à son éclosion, lorsque tous les papillons étaient privés de corpuscules, et, dans le cas d’une tolérance de 10 pour 100 de ces derniers, la proportion maximum des œufs corpusculeux dépasse rarement I OU 2 pour 100, circonstance qui s'explique par ce fait, que les œufs d’une femelle corpusculeuse ne sont pas tous, à beaucoup près, corpusculeux, généralement du moins; on remarque également que, dans une éducation dont la grande maJorité des papillons est privée de corpuscules, ceux qui en offrent proviennent ordinairement de chrysalides où ils se sont développés à un âge avancé. Les expériences du Chapitre IT sur le caractère contagieux de la pébrine donnent facilement la raison de ce fait.

Beaucoup de personnes ont paru surprises, lorsque j'ai fait connaître pour la première fois ce procédé de grainage, que l'observation de cinquante ou de cent papillons, précédée de celle d’un nombre à peu près égal de chrysalides, püt suflire à donner une idée exacte de la valeur des cocons de toute une chambrée, cocons dont le nombre s'élève souvent à vingt-cinq et trente mille, même pour une éducation d’une seule once de graine de 2 grammes.

Il est bien facile de montrer que ces craintes sont exagérées. Qu'on détermine, en effet, la proportion pour 100 de papillons corpusculeux dans un grainage, soit avec les papillons sortis le premier jour, soit avec ceux qui sortent le second et le troisième, soit enfin avec les derniers, et on reconnaitra sans peine que cette proportion est sensiblement la même. Pourtant, on comprend qu'il existe des cas où il n’en soit pas ainsi, et on doit le craindre surtout, lorsque, n’ayant pas vu soi-même l’éducation de la quatrième mue à la montée, on n’est pas sûr de son homogénéité. Mais il faut remarquer que l’examen des chrysalides porte, dans tous les cas, sur les cocons de tous les âges, et qu'il y a là une garantie contre la cause d’erreur que je signale. Pour peu que l’on ait des doutes, il est facile d’observer jusqu'aux derniers les papillons du demi-kilo porté à la chambre chaude.

Le lecteur se convaincra sans peine de l’extrème facilité d’application de la méthode de graïinage que je viens de faire connaître. Quoi de plus simple, lorsqu'une chambrée est réussie, de s'assurer qu'elle est bonne ou mauvaise pour la reproduction, en tant qu'il s’agit seulement de la maladie des corpuscules ou pébrine! Il suflira de quelques minutes d'observation sur une vingtaine de chrysalides, pour savoir si la graine des papillons qui naitront ultérieurement sera corpusculeuse, de façon à rendre improductives les éducations de cette graine. Or ce cas est d’une extrème fréquence. Que lon se reporte aux observations du $ V, p. 74; que l’on imagine cette profusion de lots de graines, infectées par le parasite, qui inondent tous Îles pays séricicoles : eh bien, il n’est pas un seul de ces lots dont la confection n’aurait pu être évitée en consacrant quelques instants à examiner au microscope les chrysalides des cocons qui les ont données. L'observation de vingt chrysalides seulement, faite pour chacun de ces lots, vers le dixième jour après la montée à la bruyère, aurait offert deux, trois, quatre, cinq, et davantage, de chrysalides corpusculeuses, et tous les papillons se seraient montrés malades au plus haut degré. Qu'elle est énorme la masse de cos, et livrés au contraire à des grainages qui ont porté la ruine chez des milliers d’éducateurs !

cons excellents perdus pour la filature depuis vingt an

Comme il n’est pas possible d'espérer que les propriétaires et les marchands de graine adopteront tous, immédiatement, mon procédé de grainage au microscope, il faut s'attendre à ce qu'il y aitencore, pendant plusieurs années, une foule de lots de graines confectionnés en suivant les usages ordinaires, et que l’on soit exposé à rencontrer à la fin des éducations un grand nombre de grainages eflectués comme autrefois, sans autre garantie que celle d’une bonne réussite de la chambrée, garantie qui, elle-mème, fait souvent défaut, lorsque le commerce des graines est pratiqué sans loyauté. L'éducateur qui voudra recourir à ces grainages pour faire sa provision de graine devra examiner ou faire examiner les papillons, et n’avoir confiance dans la graine qu'autant que la grande majorité de ceux-ci seront privés de corpuscules.

Enfin, s’il s’agit de graines déjà faites, et que l’on soit à la veille d’une nouvelle campagne séricicole, il ne reste plus qu’un moyen de contrôler leur qualité, e’est de recourir à la méthode italienne de l'examen des graines et de rejeter toutes celles qui, au moment de l’éclosion, se montrent corpusculeuses.

Une pratique excellente que l’on devrait introduire partout, selon moi, consisterait à exiger des marchands de graines qu'ils Joignissent toujours, aux échantillons de leurs graines, cinquante ou cent des papillons qui les ont produites. Il sufhrait, au moment du grainage, de placer des papillons dans un cornet de papier (avec un peu de camphre ou de poivre pour éloigner les insectes) et de laisser ces papillons mourir naturellement dans un lieu aéré et sec pour éviter leur putréfaction. L'examen de ces papillons, confié à une personne exercée, comme il en existe aujourd’hui dans tous les pays séricicoles, permettrait d’être fixé facilement sur la valeur de la graine.=Sans doute on pourrait être trompé par le graineur, si celui-ci avait fait accompagner sa graine de papillons autres que les vrais producteurs. Pourtant, les graineurs ne s’exposeraient pas impunément à une pareille fraude, car une expertise facile à faire dans la plupart des cas pourrait établir, dans nombre de circonstances, l'impossibilité que la graine provint des papillons joints à celle-ci. Par exemple, si la graine avait des corpuscules et que les papillons n’en eussent pas, la fraude serait certaine et sufhrait pour asseoir un jugement devant un tribunal correctionnel.

La méthode de grainage que je viens de faire connaitre a été pratiquée pour la première fois sur une grande échelle par M. Raybaud-Lange, directeur de la Ferme-École de Paillerols, membre du Conseil général des Basses-Alpes. Cet habile éducateur à préparé, en 1867, 2500 onces de graines au moyen de dix-sept chambrées choisies au microscope parmi plus de quatrevingts ; aucune de ces chambrées de choix n’avait offert, soit dans les papillons vivants, soit dans les papillons morts, plus de 10 pour 100 de sujets corpusculeux. Plusieurs même n’en offraient pas du tout, et la plupart moins de 5 pour 100. Ces dix-sept lots de graines élevées en 1868 ont tous donné des réussites très-

remarquables, aussibien dans les localités de petite que de grande culture. Enfin pas un de ces lots n’a fourni une seule éducation ayant péri de la maladie des corpuscules. J’avais publié à Pavance qu'il en serait ainsi, afin de frapper davantage l'esprit des éducateurs, et éloigner les idées si décourageantes d’épidémie ou de milieux délétères et infectés. La connaissance de ce fait me parait être un des résultats les plus importants à mettre en lumière ; aussi, je ne puis trop le redire, bien que la pébrine soit une maladie contagieuse au plus haut degré, elle ne peut jamais envahir une chambrée de façon à la détruire toutes les fois qu’on part d’une graine issue de papillons sains.

La flacherie fort développée en 1868, année exceptionnelle pour sa température élevée et sa sécheresse extraordinaire, a atteint un certain nombre des éducations des graines Raybaud- Lange de 1867, mais ceci n’infirme en rien la valeur du procédé suivi pour leur confection, lequel n’a d'autre but que de garantir les vers de la pébrine, maladie essentiellement distincte de celle des morts-flats, comme je le prouverai ultérieurement. Malgré ces échecs par la flacherie, les graines de M. Raybaud-Lange ont fourni dans cette année 1868, et dans les localités les plus éprouvées par cette dernière maladie, une moyenne de rendement dépassant 20 kilogrammes de cocons par once de 25 grammes, moyenne supérieure à celle des époques de prospérité ; et là où la maladie des morts-flats n’a pas sévi, cette moyenne de rendement a dépassé 45 kilogrammes. Ces faits ont été établis dans des Rapports oflicicls que l’on trouvera dans les Documents du second volume, notamment dans un Rapport de M. Rendu, inspecteur général de l’agriculture et dans un Rapport de M. de Lachadenède, président du Comice agricole d’Alais. En mème temps que M. Raybaud-Lange en France, M. le marquis Crivelli et M. Bellotti soumettaient également mon procédé de grainage à l’épreuve de la grande pratique industrielle, en Italie, à linstigation de M. Cornalia, directeur du Muséum d'histoire naturelle de Milan. Il résulte des publications faites par M. Cornalia en 1868, et au commencement de lPannée 1869, que cette épreuve a réussi au delà de toute espérance. Certaines chambrées d’une once seu-

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lement ont fourni jusqu’à 62 kilogrammes de cocons, résultat qui s’est produit également dans les Basses-Alpes pour une des chambrées de M. Raybaud-Lange.

Parmi les personnes qui ont éprouvé en 1867 et en 1868 la méthode de grainage dont je parle et qui en ont constaté les trèsbons eflets dans des Communications rendues publiques, je citerai M. le Maréchal Vaillant, Ministre de la Maison de l'Empereur; M. Marès, correspondant de l’Académie des Sciences; M. Vilallongue, président de la Société d'Agriculture de Perpignan; MM. de Lachadenède et Despeyroux, membres du Comice agricole d’Alais ; M. Jeanjean, maire de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard), au nom du Comice agricole du Vigan; M. le comte de Rodez, membre du Conseil général de l'Hérault; M. Ligounhe, membre de la Société d'Agriculture de Montauban ; M. Ducrot, répétiteur à l’École d'Agriculture de la Saulsaye (Ain); M. Sirand, pharmacien à Grenoble; M. Haberlandt, directeur de l'Établissement séricicole de Goritz dans la Basse-Autriche, et beaucoup d’autres dont je ne rapporte pas les noms, parce que leurs observations n’ont pas donné lieu à des publications spéciales(r).

Au moment où j'écris ces lignes, je recois de M. Bellotti une Communication que ce savant naturaliste vient d'adresser à la Société des Sciences naturelles de Milan, rendant compte d’expériences qu'il a faites pendant la dernière campagne séricicole.

Elle est intitulée : Application de la méthode Pasteur à la reproduction de la semence indigène des vers à soie. Voici ses principales conclusions (2) :

« 1° La méthode suggérée pour la première fois par Pasteur

pour la reproduction de la semence saine des vers à soie et qui

(1) On trouve des extraits de toutes ces publications dans la deuxième Partie du tome II.

(2) Applicazione del metodo Pasteur per la reproduzione di sementi indigene di bachi da seta e consideraziont in proposito ; par Curisr. BezLoTri (Extrait des .Actes de la Société italienne des Sciences naturelles, t. XIT, fase. IV; séance du 26 décembre 1869). |

consiste à destiner à ce but exclusivement les œufs des papillons que le microscope montre exempts de corpuscules, est la seule méthode, parmi toutes celles qui ont été publiées jusqu’à présent, qui puisse sauver nos précieuses races de cocons jaunes et faire revenir la sériciculture à ce degré de prospérité qui la distinguait avant le développement de a maladie actuelle.

» 2° Les éducations destinées à la reproduction doivent ètre faites sur une petite échelle, en proportion peu supérieure aux besoins de chacun, avec de Ta semence préparée selon le système cellulaire. Ces éducations doivent être faites dans un local isolé et éloigné le plus possible d’autres éducations ; on doit se servir de feuilles de mürier qui par leur position ne soient pas capables d’être facilement infectées par les poussières des magnaneries voisines.

» 3° Comme il est difhcile dans beaucoup de pays de se procurer de telles conditions d'isolement des locaux et des müriers, le moyen le plus sûr d'obtenir le mème but sera de hater le plus possible Ta naissance des vers destinés à la reproduction et de faire en sorte qu'ils montent à la bruyère quand, dans la généralité des éducations industrielles dans le même pays, les vers n'ont pas passé la dernière mue.

» 4° La cause la plus certaine de linfection actuelle étant uniquement la transmission matérielle dans le ver d'éléments hétérosènes, des corpuscules ovoïdes par exemple, on doit abandonner toutes les suppositions de dégénérescence de lespèce du bombyx du mürier. Avec l’extirpation de la cause, les eflets disparaitront.

» 9° Le manque d'expérience ou de soins durant l'éducation des vers pourra causer Ja diminution ou la perte totale de [a récolte, mais ne sera pas une cause de développement de l'infection dominante quand il n’y aura pas eu préexistence de germes dans les œufs ou dans les locaux, ou qu’il n’en sera pas venu du dehors.

» 6° La nature des corpuseules n'étant pas encore précisée ni la durée de leur faculté reproductive, il faudra que, dans les magnaneries pour reproduction, on pratique chaque année d’abondants et de fréquents lavages des murs, du sol, du plafond et de tous

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les autres ustensiles. On recommande aussi les fumigations de chlore, qui sont eflicaces pour détruire les corpuscules.

» 7° Comme l'infection du male ne peut exercer d'influence sur les œufs, l'examen microscopique des chrysalides et des papillons pour la semence cellulaire ne devra porter que sur les femelles.

» 8° Le développement de la maladie dans un seul et même individu déjà infecté étant continu, l’examen des papillons sera plus facile et plus sûr quand ils auront cessé naturellement de vivre, et pourra se faire à tout àge durant l'automne et l'hiver.

» 9° La semence préparée selon les règles données plus haut devra toujours être bien lavée et conservée durant l’hiver dans un local froid et sec. »

Une autre brochure non moins intéressante que celle de M. Bellotti me parvient au moment où je mets la dernière main à ce Paragraphe. Elle est de M. le marquis Luigi Crivelli. On y lit, page 33, que l’auteur a obtenu de 160 onces de graines, races jaunes indigènes, faites d’après mon procédé, une moyenne de 5o kilogrammes à l'once.

Depuis cinq années que les recherches que j'expose en ce moment sont commencées, j'ai eu à subir les contradictions les plus opiniatres et les plus injustes. Je me suis fait un devoir de ne conserver dans ce Livre aucune trace de ces débats : qu’il me soit permis du moins de n’y pas taire la vive satisfaction que J éprouve à la lecture de publications de la nature de celles-ci, et dont le nombre se multiplie en Italie et en France, au moment même où je suis occupé à réunir l’ensemble de mes études.

Ces résultats des observations de MM. Bellotti et Crivelli, dirigées avec une connaissance parfaite des conditions de la méthode expérimentale, confirment d’une manière remarquable les principes que J'ai établis. Ils les étendent sur un point d’une grande importance scientifique et pratique, en démontrant l’impuissance des papillons mâles à transmettre la pébrine. M. Bellotti rapporte qu'il a fait, en 1868, un grainage cellulaire à l’aide de quatre cents pontes dont les papillons lui avaient donné pour les mâles environ 60 pour 100 de corpuscules et pour les femelles 40 pour 100. Avec 40 grammes de graine née de ces papillons, en ne don-

nant aucune attention aux mâles et en rejetant seulement les pontes des couples à femelles corpusculeuses, et prenant d’ailleurs toutes les précautions nécessaires d'isolement de la chambrée, afin qu'elle ne fût pas infectée par les éducations voisines, on a obtenu une très-belle récolte, dont aucun des papillons examinés, au nombre de cent trente, n’offrit la moindre trace de corpuscules.

Le principe dont il s’agit résultait déjà des observations faites l’année précédente, en France, par M. de Rodez, et en Italie, par M. Bellotti lui-même ; mais l’expérience nouvelle de M. Bellotti parait plus décisive que les précédentes et mérite toute l’attention des éducateurs.

Un des plus grands avantages de ma méthode de confection de la graine saine est dese prèter à des grainages effectués sur la plus vaste échelle avec toute garantie de succès.

Le fléau dont souflre la sériciculture depuis vingt ans a développé outre mesure le commerce des graines, qui était à peine connu autrefois, parce que chaque éducateur pouvait faire la graine dont il avait besoin. Ce commerce n’a pas tardé à donner licu aux fraudes les plus coupables. Aujourd'hui il est tombé dans un discrédit dont on ne saurait se faire une idée exacte quand on n’a pas habité les départements séricicoles.

Pourtant iln’est pas douteux, selon moi, que le commerce des graines survivra à la crise. Aussi il importe extrèmement de bien comprendre la vraie cause de la déplorable situation actuelle. Si ce commerce eùt pu se faire avec des garanties suffisantes, avec la certitude de livrer une marchandise irréprochable, il me parait évident qu'il serait arrivé pour ce genre de production ce qui a lieu dans toutes les industries : des maisons honorables se seraient fondées et auraient grandi, appuyant leur réputation sur le succès constant de leurs graines, tandis que les établissements dont les livraisons auraient donné lieu à des échecs seraient tombés. Mais il ne servait de rien d'aborder ce commerce avec une entière loyauté. Le mal déjouait la prudence des plus sages parce qu'on était réduit, pour juger de la qualité des chambrées sous le rapport de la reproduction, à l'examen des vers au moment de la montée, observation toujours bonne à consulter,

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mais n'oflrant aucune garantie sérieuse; car c’est un des faits les mieux établis concernant la maladie actuelle, que les chambrées les plus réussieseomme produits en cocons donnent fréquemment des graines détestables. On agissait donc au hasard, livrant à la filature d'excellents cocons pour graine, au moment même où on en gardait d’autres très-défectueux. Aussi les graineurs honnètes ne se livraient qu’en tremblant à des grainages importants, et les propriétaires plus craintifs encore opéraient bien plus à titre d'essai que dans un but industriel. Quoi de plus douloureux, en eflet, que de livrer une graine que l’on voyait échouer ensuite chez tous ceux qui l’élevaient! Voilà pourquoi la confection de grandes masses de graines indigènes ne pouvait guère exister qu'entre des mains coupables. En d’autres termes, ce qui manquait à cette industrie, pour la rendre profitable à tous, producteurs honnêtes et consommateurs, ec’était la connaissance d’un procédé pratique, eflcace, permettant de rechercher quels sont les cocons bons pour faire de la graine.

Les choses sont bien changées aujourd’hui : la confection de la graine sur une grande échelle est possible; le grainage industriel peut n'être plus une source de mécomptes. Loin qu'il doive servir comme par le passé, à l'entretien et à la propagation du fléau, on peut y recourir pour vaincre le mal rapidement et sûrement; les plus honnêtes gens peuvent s’y livrer avec confiance et ajouter aux avantages pécuniaires de cette industrie la considération d’un grand service rendu aux éducateurs. Il ne saurait y avoir que des graineurs sans moralité qui puissent regretter le progrès dù à mes recherches. Tous les autres me doivent reconnaissance pour le service que je leur ai rendu en leur faisant connaitre un moyen de se confier avec loyauté et toute chance de succès à une industrie Jucrative. Beaucoup le comprennent ainsi, car le nombre de ceux qui adoptent mes vues s’accroit chaque jour.

La moyenne du rendement des graines japonaises, en 1869, n'a pas dépassé, dans les Cévennes et probablement aussi dans toute la France, 10 à 12 kilogrammes par 25 grammes de graine.

« Or, un rendement de 10 à 12 kilogrammes au prix moyen de I. 13

6,50 suflit à peine pour payer tous les frais de l'éducation (1). » En jetant les yeux sur.la planche ci-jointe, on peut se faire une idée de la supériorité de nos races indigènes sur celles du Japon. Il est vrai que le ver à soie indigène qui file un des cocons A, A, B exige un peu plus de nourriture que celui des cocons C et D; mais la différence dans le poids de feuilles employées ne compense pas, à beaucoup près, celle des récoltes et des prix de vente.

Le Kilogramme des cocons À, A, B, se paye 87,50, 9,50 et quelquefois mème 10 francs. En outre, tandis qu'il faut seulement 5 à 600 de ces cocons au Kilogramme, il en faut de 700 à 1000 et plus en cocons japonais. Aussi 1 once de 25 grammes de graine indigène fournit de 35 à 5o kilogrammes et plus dans les bonnes réussites, tandis que les cartons japonais dépassent rarement 20 à 30 kilogrammes dans les mêmes conditions de succès.

Aujourd’hui que les procédés exposés dans cet Ouvrage reçoivent lapprobation des sériciculteurs les plus éminents et le plus intéressés à connaitre la vérité, ce serait folie de ne pas recourir à Jeur application pour se débarrasser progressivement et le plus promptement possible des races japonaises.

Dans la Basse-Autriche, ces procédés ont donné lieu, en 1869, aux résultats les plus favorables chez M. Levi de Villanova, un des plus grands propriétaires de müriers de lIllyrie et du Frioul et dont la réputation d'habileté dans la culture des vers à soie est universelle dans ces contrées. Voici comment s'exprime M. le D' Gaddi dans une Note adressée à la Revue de Sériciculture, publiée à Milan, par M. Franceschini (2) :

« Dans ma relation sur la confection de semences de vers à soie à laquelle j'ai coopéré chez MM. Levi de Villanova et que vous avez bien voulu insérer dans votre estimé journal, je vous ai

promis de vous faire connaitre le résultat de l'éducation de ces

(1) Voir, au sujet de ces données numériques, le rapport de M. Jeanjean, secrétaire du Comice du Vigan, t. If, p. 133.

(2) Numéro du 14 février 1870. Cette Note est intitulée : De la nécessité de régcnérer les races indigènes à cocons jaunes, par le Dr A. Gaddi,

= ” : Picartse,

74 Lackerbauer ad.nat. pinæ

a b, Cocons jaunes et blanc indigénes.

c d,Cocons vert et blanc du Japon.

Imp. Geny -Gros ,Laris

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