‹ Études sur la maladie des vers à soieChapitre 76 sur 97 · CRISTAUX FORMANT POUSSIÈRE · texte numérisé non relu

CRISTAUX FORMANT POUSSIÈRE

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LA FLACHERIE. 239 pas répété mes expériences. C’est bien la flacherie puisqu'elle en a tous les caractères.

J'aurais encore beaucoup à dire sur les articles auxquels je réponds. Je renvoie le lecteur aux divers Chapitres de cet Ouvrage qui concernent Ja maladie des morts-flats. Au surplus, nous sommes à la veille d’une nouvelle campagne séricicole : une discussion plus approfondie serait en ce moment superflue. C’est à l'expérience et à l'observation de prononcer en dernier ressort. Pour moi, j'ai la confiance que les habiles observateurs de la station de Goritz partageront mes opinions au sujet de la flacherie, lorsqu'ils auront reproduit les expériences qui me Îles ont suggérées.

À l’occasion des résultats de mes recherches sur la nature de la maladie des morts-flats, M. Béchamp a publié une réclamation de priorité, qui a été insérée aux Comptes rendus de l’Académie des Sciences, pour la séance du 13 juin 1868. Cette réclamation est sans fondement.

Ma première Communication relative à la flacherie se trouve dans le numéro des Comptes rendus de l’Académie des Sciences du 3 juin 1867; elle avait été annoncée à M. Dumas dans ma lettre du 30 avril également insérée dans les Comptes rendus de l'Académie. Cette Note du 3 juin, que j'ai reproduite textuellement au $ {I du Chapitre précédent, décrit de Ja manière la plus précise les caractères extérieurs de Ja maladie des morts-flats. y démontre, en outre, que cette maladie est indépendante de Ta pébrine ou maladie des corpuscules, fait d’une grande importance, et entièrement ignoré avant mes recherches. C'était la preuve que deux maladies distinctes, exigeant deux ordres de travaux et de moyens préventifs, se partageaient les désastres actuels de la sériciculture. |

En 1868, j ai prouvé, d'autre part, que la flacherie était tantôt héréditaire, dans certains cas que j'ai déterminés, tantôt accidentelle; enfin j'ai découvert dans cette mème année 1868, dans le canal intestinal des vers et des chrysalides, le petit ferment en chapelets de grains, pouvant servir de témoin de la ma-

ladie, et propre à faire écarter dans les grainages les cocons qui

donneraient lieu à une graine plus ou moins prédisposée à la flacherie par hérédité.

C’est postérieurement à ma Communication du 5 juin 1867 que M. Béchamp a parlé, pour la première fois, de la maladie des morts-flats.

Quant à la nature du mal et à la cause qui peut le déterminer, M. Béchamp l’attribue à des molécules mobiles qu'il appelle microzymas et qu'il voit fourmiller partout « à la surface des vers, dans leurs liquides, dans les œufs, etc. » Je laisse à M. Béchamp la complète priorité de ces faits. Bien plus, ilne m'a jamais été possible de me former une idée de ce que cet Auteur appelle les microzymas de la flacherie. Je pressens bien que ces prétendus microzymas de la flacherie étant, pour M. Béchamp, des granulations microscopiques, ce savant désirerait qu'on püt les confondre avec le petit ferment en chapelets de grains que j'ai décrit dans ma Note du 1°" juin 1868, Note lue par moi, à la séance de ce jour du Comice agricole d'Alais, auquel cas seulement sa réclamation aurait une apparence de fondement; mais cette prétention est complétement inadmissible, car il faudrait évidemment, pour l’appuyer, que M. Béchamp püt établir que le petit ferment dont il s’agit a les mêmes habitats que son microzyma et « qu’il fourmille, en conséquence, à la surface des vers malades de flacherie, dans leurs tissus et dans leurs œufs. » Or je soutiens que jamais le ferment en chapelets de grains ne se trouve dans aucune des parties du ver ou de la chrysalide autres que le canal intestinal.

Lorsque j'eus démontré l'existence du caractère héréditaire de la flacherie dans des circonstances déterminées, M. Béchamp en donna une explication spécieuse. Tout se passerait, d’après lui, comme pour les corpuscules de Ta pébrine. Les granulations mobiles (microzymas) qui remplissent les tissus du papillon, passent dans les œufs; de là, l'hérédité du mal. Cette théorie est tout imaginaire; Je n'ai jamais rencontré dans les œufs atteints de flacherie des granulations mobiles anormales, dont les œufs sains seraient privés.

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