CHAPITRE DL
RÉGÉNÉRATION D’UNE RACE A L'AIDE D’UNE GRAINE QUELQUE MAUVAISE QU'ELLE SOIT. — ÉDUCATION CELLULAIRE; ÉDUCATION A GRANDE SURFACE.
Bien des éducateurs, depuis l'apparition du fléau, ont eu le regret de voir s’éteindre entre leurs mains des races remarquables pour la beauté de leurs cocons, la force et la finesse de leur soie.
Je vais faire connaître un mode d'éducation dont les résultats sont pleins d'enseignements à divers titres, et qui permet de régénérer facilement une race quelconque, à l’aide de la plus mauvaise graine, que celle-ci soit atteinte de flacherie ou de pébrine au plus haut degré. Ce mode consiste dans l'éducation que j'appellerai cellulaire et qui nous a déjà servi antérieurement à résoudre les diflicultés que soulevait la question de l'existence des taches à la surface de la peau des vers à soie.
Nous savons que les deux maladies régnantes qui se partagent tous les maux de la sériciculture sont essentiellement des maladies héréditaires et contagieuses. Supposez dès lors qu'il existe dans une graine dix, vingt, trente, quarante, cinquante œufs sur cent, exempts de corpuscules ou privés de la prédisposition héréditaire à la flacherie. Lorsque vous élèverez en commun tous les vers issus de cette graine, les malades ne tarderont pas à contagionner ceux qui sont bien portants, et l'éducation tout entière pourra périr comme si tous les œufs avaient été primitivement infectés ; si vous récoltez quelques cocons, soyez assuré qu'ils ne contiendront que des chrysalides impropres à donner de bons papillons reproducteurs. Voilà donc votre race perdue, du moins elle le sera pour vous; il ne vous restera plus que la ressource de recourir à un éducateur plus heureux, et s’il n’en existe pas dans la contrée
à Lacherbauer phot. Photogravure Dujardin, PE Garmer k