EDUCATION DE VERS ISOLES
pour regenéralion des Races les plus atteintes par la Pebrine ou la Flacherie
> l'eris
mp par Alfred Char don, 3 rue |
LA FLACHERIE. 279
que vous habitez, vous vous trouverez réduit à ne plus pouvoir continuer l'éducation de la race que vous aflectionniez.
Rien de plus facile que d'éviter ce désastre. D'après ce que nous venons de dire, c’est particulièrement au caractère contagieux de la pébrine et de la flacherie qu'il faut le rapporter; il suflira donc d’empècher la contagion de s'exercer pour conserver parmi nos vers des sujets sains, capables de fournir des reproducteurs également sains. Voici le moyen très-simple d’y parvenir.
A l’époque de l’éclosion, au moment mème où les vers viennent de sortir de leurs œufs et.où ils n’ont pu encore se nuire les uns aux autres, levez-les un à un, à l’aide de très-petits fragments de feuille de muürier, que vous présenterez séparément à chacun d'eux, en vous servant d’une petite pince pour tenir la feuille et soulever le ver. Placez-les alors dans un casier ou dans des boîtes de carton, de 6 à 7 centimètres de hauteur, et de 8 à 10 de côté, chaque ver ayant sa cellule. Comme iïls paraissent avoir un grand besoin de société, il sera indispensable de couvrir chaque case d’un morceau de canevas, afin d’empècher qu'ils ne se réunissent. Le fond de tout le casier devra être également fait de canevas, pour faciliter l’aération dans les cellules.
La planche ci-jointe représente une de ces éducations arrivée à son terme.
Par ce procédé, on obtient des résultats aussi remarquables qu'imprévus.
Je me bornerai à exposer quelques-unes des nombreuses expériences que J'ai faites d’après ces indications.
Une éducation très-bien réussie, portant sur la race jaune dite milanaise, avait été livrée au grainage cellulaire. On avait mis à part, et réuni ensuite, les pontes pures, c’est-à-dire provenant des couples exempts de corpuscules, et les pontes provenant des couples dont le mâle et la femelle offraient des corpuscules dans la proportion de cent à deux cents par champ. De chacun de ces deux lots de graine, on a élevé par éducation cellulaire vingt-cinq vers, dans le mème local, avec la même feuille, et en outre cent vers du lot infecté maïs réunis à la manière ordinaire. Voici quels ont été les résultats de ces trois éducations.
La première portant sur les vers sains a fourni vingt-quatre cocons provenant de vingt-quatre vers, dont tous avaient la plus belle apparence. L'éclosion à eu lieu le 16 avril. Les vers ont fait leurs cocons dans les cellules le 15, le 16 et le 17 mai. La sortie des papillons a commencé le 10 juin; pas un seul n’avait des corpuscules. Un ver est mort dans le cours de l’éducation sans offrir ni corpuscules, ni vibrions, n1 ferment en chapelets de grains.
Rien de plus beau à voir que ces vers vivantisolément sans être gènés par d’autres, sans être Jamais souiilés ou soumis à des frottements pouvant altérer leur fraicheur. Leur peau est mate et comme argentée; on n'y découvre pas la plus petite tache, même à la loupe.
L'éducation des vingt-cinq vers isolés de la graine infectée s’est comportée de la manière suivante :
L'éclosion a eu lieu le 17 avril.
Un ver mort le 19. I n’ofirait pas de corpuscules.
Première mue le 22.
Deuxième mue le 26.
Le 30. Un ver mort montrant plus de cinq cents corpuscules par champ. Il reste dix-huit bons vers et cinq mauvais.
Troisième mue, le 1° mai. Un ver mort sans corpuscules, mais dans son canal intestinal une foule de vibrions. C’est donc un ver mort-flat.
Le 5 mai. Un ver mort; foule de corpuscules par champ.
Quatrième mue, le 7 mai. La mue se fait très-irrégulièrement. Les plus beaux vers sont en mue, alors que le 7 au soir et le 8, plusieurs ne sont pas encore endormis.
Le 10 mai. Un ver mort; plus de cinq cents corpuscules par champ.
Le 13 mai. Un des beaux vers est mort. Il n’a pas de cor puscules, mais dans le canal une foule de vibrions. C’est donc un ver mort-flat.
Le 16 mai. Quatre morts, tous très-corpuseuleux à mille et quinze cents corpuscules par champ.
Le 17 mai. Un mort à mille corpuscules par champ. Parmi les vers restant, il en est qui commencent à filer leur soie.
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Le 18 mai. Un mort; corpuscules à profusion.
Le 19 mai. Un très-beau ver meurt de flacherie.
Le 26 mai. Quatre vers morts. Tous sont pétris de corpuscules.
On relève sept cocons. A la sortie des papillons, quatre n’offrent pas de corpuscules; Les trois autres en contiennent.
Sept cocons sur vingt-cinq vers; c’est une proportion de 23 pour 100.
Voyons maintenant comment se sont comportés les cent vers réunis de la même levée, qui a fourni l’éducation cellulaire précédente.
Éclosion le 17 avril.
Première mue le 22 avril.
Délitage le 24. On compte quatre-vingt-deux vers ayant mué, quatorze n'ayant pas mué; en tout seulement quatre vingt-seize. On ne retrouve dans la litière qu’un seul des quatre vers morts; deux cents corpuscules par champ.
Deuxième mue le 28.
Délitage le 30. On compte soixante-treize vers ayant mué,
trois n'ayant pas mué, et treize vers morts dans la litière, dont voici les examens au microscope :
1. 2000 corpuscules par champ. 8. 1000 corpuscules par champ. 2 Cr0D0O » p 9. 500 » »
Les vers sont en outre assez inégaux.
La troisième mue a lieu le 3 mai. On ne retrouve que soixantequatorze vers, dont soixante-neuf ayant mué et cinq n’ayant pas mué. L’essai va très-mal. Une foule de vers sont petits et évi-
demment corpusculeux. On sacrifie les cinq vers qui n’ont pas mué. Ils sont chargés de corpuscules.
Délitage le 19. Les vers sont très-inégaux. On relève quatorze morts.
1. 2000 corpuscules par champ. 8. 500 corpuscules par champ. 2: «1500 » » 9. 800 » »