oo
La montée n’est finie que le 25 ; elle ne donne que trois cocons seulement, dont deux très-faibles fournis par deux vers à trois mues. Tout le restant des vers est pourri de corpuscules. Les trois chrysalides des trois cocons sont très-corpusculeuses.
Je reviendrai tout à l'heure sur toutes ces observations. Voyons auparavant comment se comportent en éducation cellulaire les graines atteintes de flacherie héréditaire.
Prévoyant en 1868 que des contradictions se produiraient, touchant les principes de l’hérédité de la flacherie et de son indépendance avec la pébrine, malgré les preuves sur lesquelles je les avais établis, j'eus le soin de me procurer diverses graines parfaitement exemptes de la maladie des corpuscules, mais très-prédisposées à la maladie des morts-flats. Une entre autres provenait d’une éducation de M. de Lachadenède, président du Comice agricole d’Alais. Cette graine, faite cellulairement, afin d’éloigner toute trace de pébrine, mais issue de papillons dont un grand nombre renfermaient le ferment en chapelets de grains,
LA FLACHERIE. 283
fut soumise en 1869 aux épreuves les plus variées. Outre les trèspetites éducations de cent vers seulement, que nous fimes simultanément à Pont-Gisquet et au Collége d’Alais, la Commission des soies de Lyon en éleva deux grammes que je lui avais adressés comme spécimen d’une graine propre à démontrer la flacherte par hérédité. J’en envoyai deux autres grammes au même titre, à M. Cornalia; ce dernier échantillon fut confié par léminent directeur du Musée de Milan, à son ami le D" Levi, dont j'ai déjà antérieurement rappelé la réputation d’habileté dans l'élève des vers à soie. Dans toutes les éducations de cette graine, les vers, après avoir accompli avec une parfaite régularité leurs premières mues, ont péri sans donner un seul cocon, soit à Alais, soit à Lyon, soit à Villanova,en Illyrie. Pourtant, M. Levi et M. Paul Eymard, secrétaire de la Commission des soies de Lyon, ont fait l'un et l’autre l’aveu qu'ils avaient mis un soin extrème à bien élever ces vers, désireux qu'ils auraient été sans doute de constater que la sériciculture n’avait pas à enregistrer, une fois de plus, Île caractère héréditaire d’une maladie des vers à soie (1). I importe de noter en outre que les vers morts n’oflraient pas de corpuscules, mais tous des vibrions en abondance. Eh bien! chose vraiment digne de remarque, vingt-cinq vers de cette même graine ayant été isolés dès leur naissance et soumis à l'éducation cellulaire dans un casier dont toutes les cellules se touchaient, ont fourni huit cocons très-beaux et très-sains, soit 32 pour 100.
Quoi de plus instructif que les faits exposés dans ce Chapitre ? Que d'enseignements pour l'hygiène de notre précieux insecte et de tous les êtres vivants en général, dans ces simples observations!.. Presque tous les principes relatifs aux deux maladies régnantes, à leur nature, à leur mode de propagation, s’y trouvent condensés, en quelque sorte, pour un lecteur attentif.
(1) Voici les termes dont M. Levi s’est servi dans une lettre à M. Cornalia : M. Pasteur vous avait remis un échantillon d’une graine marquée C. C. afin de vous donner la preuve de la prédisposition héréditaire à la flacherie. « En dépit de tous les soins et de tous les spécifiques en usage pour sauver les vers de cet échantillon, tous ont péri de cette maladie. » ( Bullettino dell Associazione agrarta Friulana, novembre 1869.)
Le caractère contagieux de la pébrine et de la flacherie s’y manifeste dans les conditions les plus remarquables. Voilà deux graines : une corpusculeuse, l’autre très-affaiblie, conduisant fatalement à dès échecs, alors même qu’on les élève en très-petites éducations et avec des soins particuliers, et, néanmoins, nous avons pu en retirer des proportions de 28 et de 32 cocons pour 100 vers. Bien plus, sur ces deux nombres de cocons, il y a eu dans le premier cas, seize, et dans le second trente-deux reproducteurs sains; et tout cela a été la conséquence du seul fait de l'isolement des vers. Il a sufli de ne pas ajouter à la mortalité que devait entrainer l’hérédité, celle qui résulte du caractère contagieux de nos deux maladies.
Pour réaliser ces heureuses conséquences, est-il donc nécessaire de procéder rigoureusement, comme nous l’avons fait, c’està-dire de séparer chaque ver de tous les autres? |
Oui, il faut aller jusque-là si vous voulez régénérer une race, si vous voulez tirer des reproducteurs sains d’une graine détestable, parce qu'il importe de soustraire la nourriture et l’air que respirent les rares sujets sains, ou ceux qui peuvent se guérir, aux souillures du contact, des déjections et des gaz exhalés par la foule des sujets malades, morts ou mourants. Mais, en définitive, on peut avoir rarement à résoudre ce problème de la régénération d’une race à l’aide d’une très-mauvaise graine; aussi n'est-ce pas là que se trouve le grand intérèt des faits que nous venons de constater. Ce qu'il faut y voir principalement, ce sont, d’une part, les funestes effets de la contagion des deux maladies régnantes et l'influence considérable de l'isolement, pour en arrêter les ravages. Si vous savez comprendre l’économie et la portée de ces résultats, vous vous eflorcerez de vous rapprocher le plus possible des conditions théoriques de l’éducation cellulaire; vous y parviendrez aisément en donnant à vos vers une grande surface, particulièrement dans les premiers âges; car, vu la lenteur des effets de la contagion, celle-ci est relativement bien moins dangereuse, comme Je l'ai déjà fait observer, quand elle se produit vers la fin de la vie de la larve que dans les premiers temps de son existence. Espacez donc vos vers le plus
LA FLACHERIE. 285
possible dès leur naissance ; faités-les éclore en étendant beaucoup la graine, au lieu de l’accumuler sous une grande épaisseur. Tous les jours, augmentez la surface occupée par votre éducation. Sans doute, en agissant ainsi, vous dépenserez un peu plus de nourriture, mais vous donnerez de la vigueur à vos vers, et vous supprimerez, en grande partie, la mortalité due à la contagion. En un mot, vous assurerez le succès de votre récolte, et s’il s’agit d’une éducation pour graine, vous contribuerez considérablement à la rendre eflicace au double point de vue du rendement et dela reproduction. Enfin, n'oubliez pas que, dans notre éducation cellulaire, les vers morts se trouvent naturellement isolés de tous les autres. Pour réaliser autant que possible cette condition, faites en sorte qu'une personne intelligente soit toujours occupée à enlever les vers morts ou mourants, et en général tous ceux qui paraissent ne pas être en état de pouvoir faire leurs cocons.
En suivant ces pratiques, en n'élevant que de bonnes graines, faites d’après les procédés qui sont exposés dans cet Ouvrage, et en vous conformant, d'ailleurs, aux préceptes ordinaires de l'élève du ver à soie, vous pourrez compter sur des réussites inconnues aux époques de la plus grande prospérité de l’industrie séricicole.
Afin de donner aux conseils qui précèdent une sanction pratique, je ne saurais mieux faire que de Îles appuyer sur les usages suivis par les éducateurs japonais.
On trouvera, parmi les Documents du second volume (voir p- 316 et suivantes), des nombres précis et authentiques sur la surface occupée par les vers dans les éducations du Japon. Les vers d’un carton japonais, c’est-à-dire d’une once de graine de 25 grammes environ, n occupent pas moins de 5 mètres carrés, au moment du premier sommeil. Voyons quelle est, chez nous, la surface réservée à une once de graine, à cette époque de la première mue. La planche de la page 8 représente, en grandeur naturelle, des vers pris au réveil de la première mue, dans une éducation ordinaire, c'est-à-dire que les vers y ont à peu près l’espace qu'on leur donne habituellement en France à cet âge. Or, cette
planche comprend un total de cent treize vers, et il est facile de s'assurer qu'ils occupent 28 centimètres carrés, soit, pour trente ou quarante mille vers, 7500 à 10000 centimètres carrés. C'est 1 mètre carré seulement pour quarante mille vers, ou cinq fois moins environ qu'au Japon. Pour les autres mues, nous sommes aussi parcimonieux, dans la surface occupée par nos éducations. Est-ce à dire qu'il faille changer tout le système de l'élève des vers à soie en Europe ? En aucune façon, car la place ne manque nulle part pour les premières mues.
M. de Lachadenède, président du Comice agricole d'Alais, a fait en 1868 et en 1869 des éducations pour graine à grandes surfaces qui ont eu les plus belles réussites (1), sans ètre le moins du monde atteintes par la flacherie.
Le lecteur me saura gré d’insister, par de nouvelles citations, sur l'importance qu'on attribue au Japon aux éducations à grande surface.
M. Hermet de Cachon, interprète de la Légation de France au Japon, a traduit, en 1865, un Traité japonais sur l’art d'élever les vers à soie, dans lequel on lit les passages suivants (2):
« Faites en sorte que les vers ne soient pas trop pressés. » (Il s'agit des vers à l’éclosion.) « Les vers provenant d’un carton devront occuper un espace d’un mètre carré. Vous n'emploierez jamais assez de récipients (paniers ou claies où sont placés les jeunes vers). Faites que les vers ne soient pas en contact »..….
« N'oubliez pas d’éclaireir chaque jour les vers et d'empêcher qu'ils ne s’agglomèrent; faites-le au moyen de petits bâtons avant de leur donner la feuille »..….
(1) Parmi ces éducations dont j'ai le compte rendu très-détaillé sous les yeux, il en est qui ont un intérêt particulier, parce qu’elles ont été faites dans le but d’étudier l'influence de diverses sortes de feuilles sur la marche des vers. Contrairement à des idées généralement admises, et qui paraissent d’ailleurs appuyées sur des faits assez positifs, M. de Lachadenède n’a trouvé aucune différence appréciable entre la feuille taillée, la feuille non greffée et la feuille résultant du mélange de ces diverses sortes.
(2) La traduction de M. Hermet de Cachon a été mise en italien par M. Dell’Oro, négociant, établi au Japon. Cette version italienne a été de nouveau traduite en français par M. Pécoul, professeur au collége de Saint-Marcellin (Isère ).
LA FLACHERIE. 287
.…. © En résumé, nous dirons qu'à partir du second jour de l’éclosion, il faut écarter deux ou trois fois par jour les petits vers, au moyen de petits bâtons et empècher avec soin qu'ils ne s'entassent. »
On lit encore dans le Traité japonais, traduit par M. Léon de Rosny :
« Il faut à l'éclosion clair-semer les vers à soie provenant d'un carton sur une superficie d'environ trois syak carrés d’étendue, et leur donner de la päture en les clair-semant de plus en plus. »
La surface dont il s’agit correspond à un carré de 909 millimètres de côté.
Et ailleurs :
. & Ensuite, c'est-à-dire dans les jours qui suivent l’éclosion, il faut espacer de plus en plus les vers à soie à l’aide de batonnets minces et pointus, et chaque jour avant dé leur donner du mürier, les séparer avec ces mêmes bàâtonnets dans les endroits où ils sont trop compactes; ensuite il faut leur verser de la nourriture, en évitant de faire des tas de feuilles. »
. € À partir de la première mue, il faut maintenir les vers clair-semés »..….
« Tous les vers qui ont été maintenus compactes ne sont pas bons. »
Puissent être entendus et compris de tous nos éducateurs ces sages préceptes des auteurs bacologues d’un peuple industrieux qui, depuis 1865, a fourni à l’Europe d'immenses quantités de graines de vers à soie d’une vigueur remarquable, quoique d’un produit médiocre, préceptes auxquels les expériences exposées dans ce Chapitre donnent une autorité irrésistible !
| A os vavÀ
AGEN ET 1 crogfht ef pos | 22e x née es PR Mate pl LRU UE DLELTT: L L mine “ se & né à ED d) LUE NNE MU. ait attenant Ye Pen afin ve Lea Ar PEN CTI rame} nommant dt PTIT «tal à Me QU ve ut BR ae y butin th rirofri at n. Li , AL CE ace LEE péter ps
ut cle be: Mu aépbtus ‘ ‘4 suis din M TOUS EARENIE LUE ati-depien ts TIR | aniiMb v dede 6e 6e Pay feat QULUTS | SOUPLE south DELLE CL CE 0, 4 bite aticihe tal Aron Roth E BOITE 009 vec 2 TNT EUR CV il CIMTDIE à | RCD sfr ès ess sp :
il CUT Wunbit: ViDAt ROTIE dés. RATE ?
ren S Si Ar ME â a Sr mu Hi atomic Lerpraterw el PUS ae? 4 M pda ven d'a re anni LCR L'OC E PAE ST EURC ER EST ICPRIERUU 76 | CBI CUT. 2 abqu uy aa" caoohapte) Megan EUR ARE ons u of SES unes UND E mure ENT ’ | Date er mrdanal ani ét hi se
AT LEZ LE LES ‘HAS e! x di cotart cer és telER mi rs Fe
At l