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des solutions aqueuses ou acides. Une solution aqueuse brune devient rouge et présente le spectre de la méthémoglobine alcaline, si on l’additionne de quelques gouttes d’ammoniaque ; de même si l'on fait agir sur elle du bioxyde d'azote pur.
Jæderholm a constaté que, si l'on fait passer à travers une solution de méthémoglobine présentant le spectre à quatre bandes de la méthémoglobine acide, un courant d'hydrogène pur, cette solution prend peu à peu uñe coloration rouge et présente bientôt le spectre de la méthémoglobine alcaline; ce phénomène se produit alors même que l’hydrogène est passé à travers un tube à boule rempli d'acide sulfurique, ce qui prouve bien qu’il n’est point dû à quelque corps alcalin mécaniquement entraîné. Il est même nécessaire que l'hydrogène soit aussi pur que possible et ne renferme pas trace de substance réductrice, qui, en provoquant une réduction partielle, troublerait le résultat de l'expérience. Vient-on à agiter énergiquement avec de l'air la solntion modifiée par le courant d'hydrogène, on réussit souvent à la faire redevenir brune et à lui faire ainsi présenter de nouveau le spectre à quatre bandes. — On peut aussi, par l'agitation énergique à l'air, transformer en solution à quatre bandes d'absorption une solution de méthémoglobine contenant 0,02 °/, de carbonate de soude.
Pour expliquer ces phénomènes, on pourrait supposer, dit Jæderholm, que la méthémoglobine ordinaire à quatre bandes est un peu plus riche en oxygène que celle à trois bandes, ou qu’elle contient de l’acide carbonique ou quelque acide volatil provenant de l’alcool employé pour la production de la méthémoglobine acide et qui serait déplacé par le courant d'hydrogène. Mais l’auteur ne peut rien conclure de certain et se borne à. faire part de ses observations. — Nous avons vu que les solutions aqueuses de méthémoglobine sont toujours légèrement acides, à cause de la présence d'acides gras, pour la pluparttrès
LEO volatils; ne pourrait on admettre que ces acides sont déplacés par le courant d'hydrogène et que, lorsqu'on agite à l’air une solution de méthémoglobine contenant du carbonate de soude, la transformation de cette méthémoglobine en méthémoglobine acide doit être attribuée à l'acide carbonique de l’air ?
La méthémoglobine en solution alcaline ou acide se transforme en hémoglobine, lorsqu'on lui ajoute du sulfure ammonique, ou de l’ammoniaque et du liquide de Stockes, ou de l’hydrosulfite de sodium neutralisé. Cette hémoglobine, au contact de l’air, repasse à l’état d’oxyhémoglobine; c’est là un des caractères les plus saillants de la méthémoglobine, caractère qui permet de la distinguer de l’hématine. Celle-ci, en effet, en solution neutre ou légèrement alcaline, est transformée par les agents réducteurs en hémochromogène. Un autre caractère distinctif de ces deux substances consiste dans la solubilité de la méthémoglobine dans l’eau, l’hématine n'étant solubie dans l’eau qu’en présence d’un corps alcalin (Hoppe-Sevyler). Enfin un autre caractère distinctif consiste dans les apparences spectroscopiques que j'étudierai tout à l’heure.
Si on laisse de la méthémoglobine se putréfier à l’abri de l'oxygène de l’air, elle se transforme en hémoglobine comme sous l'influence des agents réducteurs. Si l’on opère avec de la méthémoglobine de chien et de cheval, on peut obtenir de cette sorte, au bout de quelques mois, dans des tubes scellés à la lampe, une transformation compléte de la méthémoglobine en hémoglobine. On peuttransformer cette hémoglobine en oxyhémoglobine, que l’on peut ensuite faire cristalliser. Mais il est toutefois nécessaire de prendre quelques précautions ; car, lors de l’accès de l’air dans les tubes, il se reformerait de la méthémoglobine en quantité notable ; aussi faut-il refroidir fortement et ajouter de l'alcool pour séparer l’oxyhémoglobine à mesure qu'elle se forme.
Le sous-acétate de plomb précipite la méthémoglobine ; le
RES précipité est soluble dans un excès de réactif (Hoppe-Seyler). Preyer prétend au contraire que les solutions de méthémoglobine ne sont point précipitées par le sous-acétate de plomb.
Le nitrate d'argent, le chlorure mercurique, précipitent également la méthémoglobine.
Sous l’action des acides ou de corps alcalins énergiques, la méthémoglobine est décomposée en hématine et en une matière albuminoïde. On obtient par exemple de l’hématine en chauffant une solution de méthémoglobine avec de l’ammoniaque, ou en la traitant par une lessive concentrée de potasse caustique.
La poudre de zinc et l’amalgame de sodium peuvent aussi décomposer la méthémoglobine ; il se forme dans ces cas des substances incolores que l’on peut obtenir à l’état cristallin. La réaction marche plus vite et mieux avec la poudre de zinc ; si après l'addition de cette poudre on évapore la solution décolorée, on obtient des cristaux d’une substance renfermant du zinc et une matière organique. La forme de ces cristaux rappelle un peu celle de l’urée. Les cristaux que l’on obtenait dans les mêmes conditions avec l’amalgame de sodium avaient probablement une constitution analogue, mais contenaient du sodium au lieu de zine. Les corps qui s’étaient formés dans ces circonstances étaient sans doute des sels de sodium ou de zinc et de quelque acide organique (J. Otto).
Spectre de la méthémoglobine. — La méthémoglobine présente deux spectres différents, suivant la modification sous laquelle on la considère. Je vais d'abord étudier le spectre de la modification acide.
Les auteurs sont loin d’être d'accord sur les apparences spectrales de la méthémoglobine acide.
D'après Hoppe-Seyler, le spectre de la méthémoglobine acide serait constitué par une bande unique d'absorption dans
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le rouge entre C et D. Si des solutions de méthémoglobine présentent, outre la bande dans le rouge, deux bandes entre DetE, c’est que ces solutions contiennent un mélange d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine ; plus la proportion de méthémoglobine est forte dans la solution, plus la bande dans le rouge est intense et plus les deux bandes de l’oxyhémoglobine s’atténuent.
Pour Marchand, la méthémoglobine acide est caractérisée par une bande d’absorption unique dans le rouge ; cette bande ressemble beaucoup à celle de l’hématine acide, mais n’occupe pas exactement la même position : elle est un peu plus rapprochée du vert; avec des solutions étendues le reste du spectre n’est pas modifié ; avec des solutions concentrées tous les rayons sont éteints jusqu’au rouge.
Lancaster admet que le spectre de la méthémoglobine est constitué par deux bandes : une dans le rouge et une dans le bleu entre b et F; quand la solution n’est pas pure, qu’elle contient un peu d’oxyhémoglobine, les deux spectres se superposent et forment un spectre à quatre bandes: si l’on fait passer pendant huit heures un courant d'acide carbonique à travers une solution concentrée d’oxyhémoglobine, on obtient un mélange d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine qui donne un spectre à quatre bandes ; mais, si par l'addition d’un peu d'acide acétique étendu on transforme l’oxyhémoglobine non encore décomposée en méthémoglobine, le liquide ne présente plus que deux bandes d'absorption. Il ne se serait pas formé ici, d’après le même auteur, de l’hématine, puisque l’on pouvait par réduction retransformer toute la matière colorante en hémoglobine.
Henninger considère le spectre de la méthémoglobine comme présentant trois bandes d'absorption. D’après Henninger on observe, lorsqu'on examine une solution aqueuse de cette substance, « une bande très nette dans le rouge entre C