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obtenait dans ces conditions directement de la méthémoglobine; si on rédüisait cette dernière par du sulfure ammonique on obtenait de nouveau de l’hémoglobine qui, agitée au contact de l'air, se transformait en oxyhémoglobine.
Si l’on transforme de l'hémoglobine en méthémoglobine par le ferricyanure de potassium, on ne peut observer la production intermédiaire d’oxyhémoglobine.
Si l’on place en tube scellé une solution de méthémoglobine et qu'on l’'abandonne à la putréfaction, il se‘produit de l’hémoglobine et non de l’oxyhémoglobine, pourvu que l’on ait soin d'empêcher l’accès de l’air.
Hoppe-Seyler remplit à moitié un flacon à trois tubulures avec une solution de méthémoglobine. Trois tubes plongent dans ce flacon; celui qui passe’par la tubulure centrale s’enfonee dans la solution et porte à sa partie supérieure un robinet auquel est réuni un petit tube de verre disposé de façon à permettre l'examen spectroscopique du liquide qu’on y fera parvenir. L'un des tubes latéraux s'enfonce dans le liquide, l'autre s'arrête au niveau du bouchon. On balaie pendant une heure le flacon et la solution à l’aide d’un courant d’hydrogène, puis on ferme le troisième tube et l’on soulève le premier tube latéral au-dessus du niveau du liquide. On fait arriver encore l'hydrogène et on ouvre le robinet du tube médian, la pression du gaz fait monter dans ce tube le liquide, qui en chasse l’air ; on ferme le robinet, et on nettoie le tube spécial placé au-dessus du robinet, puis on le remplit de sulfure ammonique ; on ouvre de nouveau le robinet, de façon à faire arriver une petite quantité de méthémoglobine au contact du sulfure ammonique, et l’on observe au spectroscope les différentes couches superposées ; on n’aperçoit que les bandes de l’hémoglobine, et, plus au-dessus, celles de l’hémochromogène ; les bandes de l’oxyhémoglobine manquent absolument.
Autre disposition de l'expérience. Un tube à robmet placé
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verticalement est muni d’un ajutage supérieur et est réuni à sa partie inférieure par un tuyau en caoutchouc à un tube de verre. On remplit tout l'appareil de mercure, on ferme le robinet, on verse dans l’ajutage une solution de méthémoglobine, puis on ouvre le robinet et l’on abaisse le tube de verre, de façon à faire descendre la solution au dessous du robinet, que l’on referme avant de relever le tube. On nettoie alors l’ajutage et on y verse du sulfure ammonique, puis on ouvre le robinet pour laisser arriver un peu de la solution au contact du sulfure ; on constate alors au spectroscope qu'il ne se forme dans ces conditions de l’oxyhémoglobine, que si la solution de méthémoglobine contient de l'oxygène absorbé, si l’on à abandonné la solution pendant un jour seulement à la putréfaction, l'oxygène a été dépensé, et on n’observe alors dans les différentes couches du liquide que de l’hémochromogène en haut, de l’hémoglobine en bas.
Je ne discuterai pas ces expériences, puisque je n’ai pas admis le principe sur lequel elles s'appuient ; je ferai observer seulement qu'en employant un appareil analogue au premier de ceux que je viens de décrire, Saarbach obtint des résultats absolument inverses à ceux de Hoppe-Seyler. En réduisant de la méthémoglobine en hémoglobine par de petites quantités de sulfure ammonique, et en transformant de l’hémoglobine en méthémoglobine à l’aide du chlorate de potasse, il observa toujours de la méthémoglobine comme produit intermédiaire, et prétendit, pour expliquer ces divergences, que Hoppe-Seyler avait employé du sulfure ammonique en excès, pour réduire la méthémoglobine et que, d'autre part, le ferricyanure de potassium était mal choisi pour opérer la transformation inverse; parce qu’il était trop énergique et qu'on ne pouvait observer les diverses phases de l'oxydation : avec le chlorate de potasse au contraire on pouvait distinguer à l’aide du spectroscope, entre la couche de méthémoglobine au contact de la solution de chlo-
DL EOPE rate et l’hémoglobine non encore transformée, une couche d'oxyhémoglobine.
J'ajouterai, en outre, que Otto répéta les mêmes expériences avec de la méthémoglobine de porc cristallisée et un appareil fort analogue à celui de Hoppe-Seyler, mais auquel il avait fait subir quelques perfectionnements. Otto ne put rien conclure de ses expériences de réduction de la méthémoglobine et ne put déterminer exactement si le spectre qu'il observait était celui de l’oxyhémoglobine ou d’un mélange de méthémoglobine alealine et d'hémoglobine réduite. Ses expériences d’oxydation furent plus précises et il n’observa jamais d'oxyhémoglobine lors de la transformation de l’hémoglobine en méthémoglobine à l'abri de l'air.
Tels sont les principaux faits invoqués à l'appui de l’hypothèse d'Hoppe-Seyler ; la plus probante de ces expériences est certainement la formation de la méthémoglobine par l’action de l'hydrogène occlus sur le palladium ; toutefois l’interprétation de cette action n’est pas elle-même exempte de critique, et l’on ne peut conclure d’une façon certaine que la méthémoglobine soit un produit moins oxygéné que l’oxyhémoglobine. Est-elle donc plus oxygénée? Je m'en vais étudier maintenant les preuves apportées à l'appui de cette opinion par les différents auteurs qui l’ont soutenue.
2° La méthémoglobine est un peroxyde d'hémoglobine. (Sorby, Jæderholm, etc.).
La méthémoglobine se produit par l'action de faibles quantités d’acides ou d'agents oxydants sur les solutions d’oxyhémoglobine. Telle est une des principales raisons alléguées pour justifier cette nouvelle manière de voir. Les acides, les oxydants fixeraient de l'oxygène sur la molécule d'oxyhémoglobine et par suite, la transformeraient en un peroxyde. Sans doute ces agents ont la propriété de donner naissance à de la méthémoglobine ; mais leur mode d'action n’est nullement connu
RU et,
d'une façon certaine; les acides, par exemple, si on les emploie en solution concentrée, transforment l’oxyhémoglobine enhématine ; on n’admet pas pour cela que l’hématine soit un peroxyde d'hémoglobine. À la production de la méthémoglobine par les oxydants, on peut du reste opposer encore sa production par des réducteurs.
Mais, ajoutent ceux qui prétendent avoir affaire à un peroxyde, si l’on traite la méthémoglobine par un agent réducteur, elle se transforme, il est vrai, en hémoglobine, non toutefois sans passer par l’état intermédiaire d’oxyhémoglobine. Sorby, laissant pendant quelques jours une solution de méthémoglobine en tube ouvert avec de la limaille de fer, constate qu'il se forme de l’oxyhémoglobine ; Jæderholm remarque que si l’on traite une solution alcaline de méthémoglobine par du sulfure ammonique ou du réactif de Stockes, on obtient d’abord de l’oxyhémoglobine, finalement de l’hémoglobine réduite. On ne peut saisir le stade intermédiaire que si l’on emploie de faibles quantités des agents réducteurs ; sinon la réaction est trop vive et trop rapide, pour qu'on puisse en observer les différentes phases. Ces expériences sont passibles d’une sérieuse objection, qui leur a déjà du reste été faite par Hoppe-Seyier. Les auteurs n’ont pas pris la précaution d'opérer à l'abri de l’air et comme l’hémoglobine réduite se transforme facilement à l’air, en oxyhémoglobine, il serait fort possible que l’oxyhémoglobine qu’ils ont obtenue en réduisant la méthémoglobine ne fût point un produit intermédiaire à cette dernière substance et à l’hémoglobine réduite, mais seulement un produit d’oxydation, par l'oxygène de l’air, de l’hémoglobine provenant de la réduction.
Dans une nouvelle expérience que Hoppe-Seyler qualifie de «par trop naïve », Jæderholm a également négligé d'éliminer cette cause d'erreur, l’oxygène de l’air. Jæderholm employait des solutions d’hémoglobine réduite qui étaient contenues dans
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des tubes à essais fermés par un caoutchouc étranglé par une pince. Il ouvrait ce tube, projetait dans ces solutions des fragments de ferrieyanure, refermait le tube, et observait ensuite au spectroscope de la méthémoglobine et de l’oxyhémoglobine. Hoppe-Seyler attribue la formation d’oxyhémoglobine à l’air mécaniquement entrainé et a, en effet, obtenu la production d’oxyhémoglobine dans des conditions identiques, en remplaçant les cristaux de ferricyanure par de petits morceaux de quartz qui n'étaient cependant capables de produire aucune oxydation. Toutefois, pour répondre aux eritiques de ses adversaires, Jæderholm reprit ses expériences, en empêchant complètement l'accès de l’air, et il put constater que dans la réduction de la méthémoglobine, que cette réduction eût lieu sous l’influence de la putréfaction ou d’agents réducteurs, 1l se produisait toujours de l’oxyhémoglobine comme terme de passage.
Nous avons déjà vu, dans le précédent paragraphe, comment Saarbach était parvenu à obtenir de l’oxyhémoglobine en transformant, à l'abri de l'air, l’hémoglobine en méthémoglobine par le chlorate de potasse ; mais nous avons également vu, à cette occasion, les résultats inverses fournis par Marchand et Hoppe-Seyler, d’abord, et par Otto, ensuite.
Rien n’est done certain, aucune des preuves alléguées n’est exempte de critique, et il n’est pas permis d'affirmer que la méthémoglobine est un peroxyde d’hémoglobine ; il ne me reste plus actuellement qu'à examiner la troisième hypothèse et à voir si les expériences sur lesquelles elle se base méritent d'entraîner notre conviction.
3° La méthémoglobine contient la même quantité d'oxygène que l’oxyhémoglobine. (Hüfner, Otto, Richard Külz).
Dès 1870, Ray Lancaster avait exprimé de la façon suivante ses vues sur la nature de la méthémoglobine : « Elle est probablement, avait-il dit, de l’hémoglobine ayant subi une légère
ebOde modification dans son état moléculaire, ce qui expliquerait sa facile formation et reconversion ; il reste à déterminer s’il se produit dans ces changements quelque perte ou addition d’éléments chimiques. »
En 1882, Hüfner et Otto purent obtenir de la méthémoglobine de porc cristallisée par le procédé que j'ai indiqué cidessus. Les cristaux desséchés furent analysés ainsi que ceux d’oxyhémoglobine du même animal. Les résultats trouvés dans les deux cas furent assez concordants, comme le montre le tableau suivant :
Oxyhémoglobine Méthémoglobine
(porc) (porc) (Carbone. 40e DE lise BRETON Hydrogène: 4 02 0e de 71,18 :
AZOtbEnT Ne A0 23 EEE 16,19 SOUDE Per dope (O0 MARNE 0,66 Fer TS OS Rae Tr 0,45 RS OA 4 NOR Me ER 21,58
Hüfner et Otto, se basant sur l’analogie de ces résultats, émirent les premiers l’idée qu'il était fort possible que la méthémoglobine ne différât de l’oxyhémoglobine que par le mode d'union de l’oxygène qu’elle renferme et nullement par la quantité de cet oxygène. Toutefois, il faut remarquer ici, comme l'avait déjà indiqué Hoppe-Seyler, que l'analyse chimique ne peut pas donner des notions bien exactes sur la constitution de deux corps dont les molécules ont des dimensions telles, que l'addition ou la suppression d’un atome d'oxygène peut fort bien être mise sur le compte des erreurs expérimentales. >
Dans un nouveau mémoire, Otto s'efforce de démontrer la réalité de l'hypothèse qu'il vient d'émettre avec Hüfner. Voici le procédé auquel il a recours : il détermine à l’aide du spectrophotomètre la quantité d’oxyhémoglobine contenue dans un
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volume exactement mesuré d’une solution de cette substance ; au moyen de la pompe à mercure, il extrait l'oxygène de cette solution; il recueille cet oxygène dans un tube gradué, de façon à connaître exactement son volume. Après avoir été soumise à l’action de la pompe, la solution d’oxyhémoglobine contient un mélange d’hémoglobine et de méthémoglobine; de plus, elle s’est un peu concentrée par suite de l’évaporation de l’eau ; on l’étend donc jusqu’à ce qu’elle occupe le volume primitif ; puis on l’agite à l'air, afin de transformer l’hémoglobine en oxyhémoglobine et l’on cherche, au spectro-photomètre, sa contenance en méthémoglobine et oxyhémoglobine. Cette contenance connue, on peut déterminer la quantité d'oxygène que devrait théoriquement fournir l’oxyhémoglobine qui reste dans la solution pour passer à l’état d’hémoglobine, et voir quelle relation existe entre cette quantité calculée et le volume directement mesuré. Si ces deux valeurs sont égales, c’est que l’oxyhémoglobine qui s’est transformée en méthémoglobine, n’a ni absorbé, n1 abandonné d'oxygène, et, par suite, en contient la même proportion ; si, au contraire, la valeur calculée est plus faible que la valeur trouvée, c’est que la méthémoglobine est un hyperoxyde; elle serait un oxyde inférieur si la première valeur était plus forte que la deuxième. :
Dans ses expériences, Otto trouva constamment concordance entre les deux volumes d'oxygène, et en conclut que la méthémoglobine ne différait de l’oxyhémoglobine que par son mode de groupement moléculaire. Il trouva en outre que la somme des quantités d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine en solution après l'aspiration par la pompe, était égale à la quantité d’oxyhémoglobine en solution avant le début de l’expérience ; ce qui prouve'qu'il ne s’est point produit dans la réaction de substance étrangère, que toute l’oxyhémoglobine disparue a été transformée en méthémoglobine. Les résultats de
ces expériences sont du reste consignés dans le tableau
suivant :
itinérante a sense onnt Loris
Avant l'aspiration Après l'aspiration par la pompe
par da pompe et agitation à l'air ee Pat, 24% 4 1e A sn :
OXYHÉMOALO =] ORANRAGUE | OR HIMOULO» MÉTIÉMOULO = O EXTRACTI- WINR hux WNR HN À RECURLUU RAA en solution valeulé ou solution | en solution RQ Eh un Eu, ou co, ce, 1, 24ÿ 1,497 0,5S4 0,658 0,682 0,6996 1,839 à, 4410 1, au4 0,600 1,468 1,4833 2,055 4,470 1,959 0,693 1,598 1,6251 3,330 4,243 3,084 1,401 2,12 2,5098 2,448 2,049 1,078 0,736 2,036 2,0109 L,5TS 1,0% 0,988 0,588 1,168 1,1876
Comme on le voit, la concordance des chiffres des deux dernières colonnes est presque rigoureuse, Remarquons en outre que les solutions d'oxyhémoglobine employées pour ces déterminations étaient obtenues on dissolvant dans de l'eau à 80°, privée d'air par une ébullition prolongée, des cristaux d'oxyhémoglohine de chien, Les expériences d'Otto ne me paraissent pourant pas tout à fait à l'abri de critique. En effet les constantes photométriques dont se servait l'auteur pour la détermination de la contenance des solutions en méthémoglobine avaient 616 déterminées pour le sang de chien d'une Façon Lout-à-fait indirecte; elles pouvaient done ne pas être absolument exactes et lausser par suite légèrement les résul- Lats, En outre, il eût été nécessaire de constater que, lorsqu'on avait fit le vide au-dessus de la solution d'oxyhémoglobine, il ne restait réellement dans cette solution que de la méthémoglobine et de l'hémoglobine réduite, Il est sans doute probable que les choses ke passent ainsi: mais il est utile de s’en assu-