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sonnés par le nitrite d'amyle ; il examina le sang au spectroscope et décrivit son spectre ; le sang contenait de la méthémoglobine, que Gamgee lui-même prit plus tard pour un nitrite d'hémoglobine et Rabuteau pour de l’hématine acide. Chez les animaux qui ont inhalé des vapeurs de nitrite d’amyle les combustions respiratoires sont fort diminuées ; si l’on met chez ces animaux une artère à nu, on voit que le sang qui y circule a une teinte brun foncé (Jolyet et Regnard).
La plupart des nitrites, l'acide nitreux et le peroxyde d'azote introduits dans l'organisme par injections ou inhalations exercent sur le sang la même action que le nitrite d’amyle. Giacosa, en étudiant l’action des nitrites sur les animaux, examina leurs urines et n’y trouva pas trace de matière colorante du sang; il en conclut qu'il n’y avait point ici dissolution de cette matière colorante dans le plasma; la méthémoglobine formée par l’action des nitrites serait fixée dans les globules rouges du sang.
Toutefois l’altération subie par le sang sous l'influence des nitrites, c’est-à-dire la transformation de l’oxyhémoglobine en méthémoglobine dans l'organisme, peut n’être que passagère ; le globule est capable d’absorber à nouveau l'oxygène et de reprendre ses fonctions ; c’est ainsi que si l’on suspend à temps les inhalations de nitrite d’amyle, si l’on ne pousse pas trop loin les injections de nitrite de sodium, on peut constater au bout d’un certain temps que le sang a recouvré ses propriétés normales ; il ne présente plus à l'examen spectroscopique la bande, dans le rouge, de la méthémoglobine, mais seulement les deux bandes de l’oxyhémoglobine. Cette transformation pourrait même s'effectuer in vitro (Jolyet et Regnard) ; tel n’est point l'avis de Giacosa ; mais, d’après Hénocque, en défibrinant et aérant du sang d’un animal intoxiqué par le nitrite de sodium, aussitôt après sa sortie des vaisseaux, on pourrait faire repasser la méthémoglobine qu’il contient à l’état
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d'oxyhémoglobine. Le sang, ayant subi l’action du nitrite d'amyle, présenterait de même, au bout de quelques heures, selon Hayem, le spectre de l’oxyhémoglobine, alors même que ce sang aurait été conservé en dehors de l'organisme. Ce phénomène doit être attribué, non pas comme le prétend Hénocque à une oxydation de la méthémoglobine en présence de l’air atmosphérique, mais bien à une propriété inhérente à la méthémoglobine formée dans les globules rouges vivants. Hénocque à du reste étudié la durée de la transformation de l’oxyhémoglobine en méthémoglobine et de la transformation inverse dans le sang d'animaux auxquels il injectait diversés quantités de nitrites de sodium ou d’amyle et a dressé des courbes pour représenter la marche du phénomène ; il est arrivé ainsi aux Conclusions suivantes :
L'action du nitrite de sodium est immédiate si on l’injecte dans la cavité péritonéale ; elle est plus lente si on a recours aux injections sous-cutanées, plus lente encore si on injecte le nitrite dans l'estomac. Cette action a une durée variable; le nitrite s’élimine dès son absorption ; la méthémoglobine disparait au bout d’un certain temps si l’on cesse l’administration de l'agent toxique ; elle disparait graduellement d’abord, rapidement ensuite. Si les doses sont trop fortes, la capacité respiratoire du sang est considérablement diminuée, et cette transformation ne peut plus se faire ; l'animal meurt.
Action du nitrobenxol. — Le nitrobenzol introduit dans l’organisme provoquerait également une modification du sang, mais non de même nature que celle due aux nitrites (Lewin, Starkow) ; il se produirait ici de l’hématine et non de la méthémoglobine, en même temps qu’une altération et une destruction du globule sanguin. Chez les animaux empoisonnés par le mitrobenzol, la contenance du sang en oxygène diminue énormément, et devient d'autant plus faible que l’action du poison est plus énergique.
Lite IL est pourtant fort possible que, comme le signale Marchand, et comme je l’ai déjà du reste indiqué à propos de l’action du nitrobenzol sur les solutions d’oxyhémoglobine, il se produise ici de la méthémoglobine.
Lewin attribue au binitrobenzol, à l’éther éthylique, au formiate d’éthyle, ete., les mêmes propriétés qu’au nitrobenzol.
Action du sulfure de carbone. — Le sulfure de carbone exercerait aussi, d’après le même auteur, une action analogue sur l'organisme. Il transformerait l’oxyhémoglobine en hématine, peut-être en méthémoglobine, si, comme le prétend Marchand, Lewin a confondu avec le spectre de cette substance celui de l’hématine. Toutefois MM. Engel et Kiener ont intoxiqué avec le sulfure de carbone, 12 lapins dans les conditions les plus variées, et dans aucun cas, l'examen au spectroscope du sang ou du sérum sanguin ne leur a permis de constater la présence de méthémoglobine. Ils ont observé l'altération des globules dans les intoxications à doses massives ; l’hémoglobine n’est jamais passée dans les urines ; dans un seul cas, il s’est produit une hématurie passagère, qui devait sans doute être mise sur le compte de l'irritation rénale. Peut-être faut-il attribuer l’action du sulfure de carbone, comme l’a avancé Dujardin-Beaumetz, à l'hydrogène sulfuré que peut dégager ce liquide, lorsqu'il est impur ; il se produirait dans ce cas le composé que nous avons étudié sous le nom de sulfure de méthémoglobine.
Action des chlorates.— Dans l’intoxication par les chlorates de potassium ou de sodium, on a également pu constater la production de méthémoglobine dans le sang ; les globules rouges sont détruits sous l’action de ces agents; ils sont, d’après Marchand, éliminés par les reins dont ils provoquent des altérations ; l'hémoglobine est décomposée ; le sang a une couleur
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brun chocolat; il est facilement coagulable et sa capacité d'absorption pour l'oxygène est diminuée. La mort peut surveuir si l’action à été trop énergique, soit par suite du défaut d'absorption d'oxygène par les globules, soit par suite d’altérations rénales causées par l'élimination des cadavres de ces globules (Marchand). Si au contraire les doses de chlorate employées ne sont pas trop fortes, tout peut rentrer dans l’ordre au bout d’un certain temps.
Action de l’acide pyrogallique. — Chez les animaux intoxiqués par l’acide pyrogallique, le sang se désoxygène graduellement à mesure que l’intoxication augmente; sa capacité respiratoire diminue ; 1l prend une couleur sépia et présente le spectre de la méthémoglobine. Cette action peut se produire dans les vaisseaux à l'abri du contact de l’air (Quinquaud). Pour Claude Bernard, aucontraire, la présence de l'air est nécessaire et la transformation de l’oxyhémoglobine n'aurait lieu qu'au moment où le sang traverse les poumons.
Action de la kairine. — Le sang des animaux kairinisés présente des propriétés semblables à celui des animaux empoisonnés par les chlorates et par lacide pyrogallique ; il est couleur brun-sépia, se coagule facilement, absorbe l’oxygène en moins grande quantité et contient sans doute de la méthémoglobine ; toutefois on a seulement constaté la formation de cette substance par l’action directe du chlorhydrate de kairine sur le sang in vitro. Krückenberg prétend que sous l’action de la kairine, il se forme dans le sang de l’hématine.
Action de l'hydrogène arsénié. — On pourrait aussi, d’après certains auteurs, constater la production de méthémoglobine dans le sang dans les cas d'intoxication par l'hydrogène arsénié. Le fait n’est point démontré.