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RECHERCHE ET DOSAGE DE LA MÉTHÉMOGLOBINE

On peut le plus souvent reconnaitre directement à l'examen spectroscopique la présence de méthémoglobine dans un liquide suspect; comme on a généralement affaire dans les examens de cette nature à un mélange d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine,onreconnaït cette dernière substance àsa bande d'absorption dans le rouge; il faut remarquer pourtant que cette bande n'apparaît que pour une certaine proportion de méthémoglobine observée et que de la méthémoglobine peut exister dans un liquide sans que l’on puisse cependant y déceler sa présence à l’aide de ce procédé de recherche. C’est ce dont on peut du reste facilement s'assurer (comme je l’ai fait moi-même) en mélangeant dans des proportions convenables des solutions d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine, et constatant qu'il n’est pas alors possible de distinguer la bande dans le rouge: il en est naturellement de même si on place entre la source lumineuse et la fente du spectroscope deux cuves à épaisseur variable contenant, l’une de la méthémoglobine, l’autre de l’oxyhémoglo-bine et que l’on diminue suffisamment l’épaisseur de la première solution que doit traverser la lumière.

Si de la méthémoglobine se produit en faible quantité dans l'organisme, il sera difficile de démontrer sa présence dans le sang ; Car, pour regarder le sang au spectroscope, il faudra l'examiner en couche très mince ou encore le diluer fortement, à cause de son grand pouvoir absorbant, et dans ces conditions

; — 8T — la petite proportion de méthémoglobine qu’il contiendra n’exer- . cera plus sur la lumière d’action suffisante pour qu’on puisse apercevoir la bande dans le rouge du spectre. Hayem a constaté le fait en ajoutant, soit an vitro, soit par injection intraveineuse, une petite quantité d’une solution de méthémoglobine à du sang normal, et il n’a pu par l'examen au spectroscope retrouver la méthémoglobine dans le mélange.

« En me fondant sur des expériences directes, ajoute Hayem, je crois pouvoir dire que, par ce mode d’examen, il faut que la méthémoglobine atteigne environ 10 ?/, de la quantité totale de matière colorante pour que le spectre devienne caractéristique. »

Mais quelles sont ces expériences directes? C’est ce que Hayem n’a pas jugé utile de nous indiquer.

Toutefois, si la méthémoglobine se trouve, non pas à l’intérieur des globules rouges, mais dans le sérum, et:c’est le cas dans les injections intra-veineuses de méthémoglobine, il sera facile d’en reconnaître de faibles traces au spectroscope ; il suffira pour cela de laisser coaguler le sang et d'examiner ensuite le sérum pur.

Hoppe-Seyler indique un procédé pour la recherche de la méthémoglobine basé sur ce fait que le sous-acétate de plomb précipite la méthémoglobine de ses solutions ; « si la raie entre C et D n’est pas suffisamment apparente, on ajoute à la liqueur à examiner de l’acétate triplombique tant qu'il se forme un précipité, on jette le résidu sur un filtre, on le met en suspension dans l’eau et l’on ajoute peu à peu du carbonate de soude jusqu’à redissolution de la matière colorante ; on sépare ensuite le carbonate de plomb et l’on soumet à l'examen spectroscopique le liquide qui passe à la filtration. » Ce procédé pourrait s’appliquer à un mélange d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine, puisque, d'après Hoppe-Seyler, l’oxyhémoglobine ne serait pas précipitée par le sous-acétate de plomb. Nous verrons, dans

Le 88 — le chapitre suivant, ce que, d’après mes expériences, il faut penser à cet égard.

Etant donné les procédés de dosage que nous avons à notre disposition, et la facile transformation de la méthémoglobine globulaire en hémoglobine dans l’organisme, il est, je crois, à peu près impossible d'apprécier la quantité de méthémoglobine qui se forme dans le sang.sous l'influence de certains agents; mais l’on peut, à l’aide des procédés spectrophotométriques, déterminer assez exactement la quantité de méthémoglobine qui se trouve dans une solution de cette substance ou même dans un mélange de deux solutions d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine.

Il suffit pour cela de connaitre les constantes photométriques de la méthémoglobine. Hüfner et Otto, ayant obtenu de la méthémoglobine de porc pure et cristallisée, purent en faire des solutions aqueuses de concentration connue et déterminer ainsi les rapports d'absorption A, A", pour les régions D32E-D53E et D 63 E- D 84E ; ils les trouvèrent égaux à 0,002602 et 0,001990, tandis que pour ces mêmes régions les constantes À, A”, de l’oxyhémoglobine seraient, d’après von Noorden, égales à 0,001324 et 0,001000.

Connaissant les valeurs de A, et A°,, on pourra maintenant déterminer le degré de concentration d’une solution de méthémoglobine ; il faudra d’abord s'assurer que la solution ne contient pas d’autre matière colorante que la méthémoglobine, en examinant le liquide sous des épaisseurs variables, et mesurant chaque fois au spectrophotomètre, les coefficients d'extinction pour les deux mêmes régions spectrales; le rapport de ces coefficients devra être constant.

S'il en est ainsi, ilsuffira, pour connaître le degré de concentration de la solution aqueuse de méthémoglobine, de l’examiner au spectrophotomètre sous une épaisseur connue m et de mesurer dans la région spectrale D 63 E - D 84E qui corres-

ELU pond à la deuxième bande de l’oxyhémoglobine, l'intensité lumineuse l” de la lumière qui a traversé un pareil milieu. Si l’on emploie le spectrophotomètre de Hüfner ou celui de M. Crova, cette intensité l” sera donnée par la formule : Fc x dans laquelle I représente l'intensité lumineuse primitive et « l’angle des sections principales de l’analyseur et du polariseur.

Connaissant l’on pourra calculer le coefficient d'extinction € et par suite la concentration, c’est-à-dire le poids de méthémoglobine dissoute dans un centimètre cube de la solution. Si en effet on pose égale à l'unité, l'intensité lumineuse primitive Ï, on a:

log l m ou e—— log l

si l’on examine la solution sous une épaisseur de un centimètre.

La concentration c est donnée par la formule :

Dim AE

Si l’on veut au contraire déterminer la quantité de méthémoglobine contenue dans un mélange d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine, il faudra déterminer les coefficients d’extinction E,, E, du mélange dans les deux régions D 32 E - D58 E etD63E -D84E, et l’on aura, en appelant æ la concentration de la méthémoglobine :

7 — AnA'n(E, A, — E, À) A’, An — A, An.

La concentration de l’oxyhémoglobineserait également donnée par la formule | __ A A’, (E A, —E, A) CREER D Su Vie

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