‹ Études Sur La MéthémoglobineChapitre 24 sur 33 · RECHERCHES EXPÉRIMENTALES · texte numérisé non relu

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES

Je m'efforcerai de suivre autant que possible, dans ce chapitre, les divisions que j'ai déjà établies dans la première partie de cet ouvrage. !

Modes de production de la méthémoglobine. — J'ai d’abord vérifié la production de méthémoglobine parl’action de certains agents, tels que: permanganate de potasse, ferricyanure de potassium, eau iodée, chlorate de potasse. Les deux dernières substances agissent bien moins rapidement que les deux premières. Avec le chlorate de potasse surtout la transformation est très lente, tandis qu’elle est presque instantanée avec le ferricyanure. Toutefois l’action du ferricyanure est bien moins prompte sur les solutions d'hémoglobine oxycarbonée qu'il transforme également en méthémoglobine.

J'ai encore vérifié que si on laisse exposé à l’air un papier filtre imbibé d’une solution d’oxyhémoglobine, ce papier présente au bout de quelques jours une coloration brune ; l’oxyhémoglobine qu’il contenait est passée à l’état de méthémoglobine. Il suffit pour s’en assurer de faire détremper le papier filtre dans l’eau distillée, de filtrer la solution ainsi obtenue et de l’examiner ensuite au spectroscope ; on distingue alors très nettement le spectre de la méthémoglobine acide, ou, après l'addition de quelques gouttes d’ammoniaque, le spectre de la méthémoglobine alcaline, ou encore, après l'addition de sulfure ammonique, le spectre de l’hémoglobine réduite.

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J'ai fait une étude plus approfondie du spectre et de quelques réactions de la méthémoglobine. J'ai d’abord essayé de déterminer d’une façon bien exacte les positions et le nombre des bandes d'absorption des modifications acides et alcalines de la méthémoglobine et je me suis ensuite occupé de différencier à l’aide de ses apparences spectrales cette dernière substance de l'hématine dont le spectre en solution acide présente de grandes ressemblances avec celui de la méthémoglobine également acide.

… Spectre de la méthémoglobine acide. — En premier lieu, quel

est le nombre des bandes d'absorption de la méthémoglobine acide ? Nous avons vu quelles sont les divergences à cet égard, et nous avons vu aussi qu’il nous était impossible de rien conclure de certain des preuves de toute nature données par les divers auteurs à l'appui de leurs opinions respectives.

Si l’on transforme à l’aide d'un peu de ferricyanure de potassium ou encore à l’aide de permanganate, ou bien par un moyen quelconque, une solution d’oxyhémoglobine en méthémoglobine, dans une cuve placée devant la fente du spectroscope, on voit peu à peu les deux bandes de l’oxyhémoglobine (PL. IL, fig. 1) s’estomper et s’atténuer considérablement, tandis qu’apparait une bande dans le rouge ; de plus si la solution est suffisamment étendue, on aperçoit une quatrième bande dans le bleu. La couleur de la solution est devenue brune. Le spectre de la méthémoglobine paraît alors constitué par quatre.bandes, mais les deux bandes intermédiaires ne sont-elles pas dues à un reste d’oxyhémoglobine non décomposée ?

Je crois pouvoir affirmer qu'il n’en est rien: et d’abord quelle que soit la proportion de ferricyanure ajoutée à la solution d'oxyhémoglobine, quelle que soit la durée de son action, les deux bandes sont toujours visibles dans le spectre. Elles ne disparaissent que pour une dilution très grande ou

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