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briné prenait à l’air, sous l’action d’un courant d'hydrogène sulfuré, une couleur rouge sale quand on l’examinait sous une certaine épaisseur et que tout le sang des animaux empoisonnés par l'hydrogène sulfuré montrait cette même coloration. Examiné au spectroscope, ce sang lui avait paru présenter, en outre des deux bandes caractéristiques de l’oxyhémoglobine, une troisième bande dans le rouge. Cette action ne pouvait se produire qu'en présence de l'oxygène, et l'hydrogène sulfuré seul n'était pas capable de la provoquer. En 1866, Hoppe-Seyler, étudiant plus à fond l’action de l'hydrogène sulfuré sur l’hémoglobine, avait admis qu’il se formait dans ces conditions un sulfure d'hémoglobine ou d'hématine qui était détruit par une action trop prolongée de l'hydrogène sulfuré; un corps nouveau prenait alors naissance et il se déposait du soufre. Dans sa Chimie physiologique, en 1881, le même auteur, revenant sur l’action de l'hydrogène sulfuré libre sur l’oxyhémoglobine, admet qu'il se forme ie1 une combinaison très analogue à la méthémoglobine, combinaison qu'il désigne provisoirement sous le nom de sulfure de méthémoglobine. Ce sulfure, très soluble dans l’eau, posséderait une couleur rouge sale en solution concentrée, yert olive en solution étendue ; il n'aurait pas été obtenu à l’état cristallin ; de même que la méthémoglobine, il absorberait très énergiquement la lumière violette et bleue ; pour un degré de concentration convenable, il présenterait dans le rouge du spectre une bande d'absorption qui serait un peu plus éloignée de l'extrémité la moins réfrangible que la bande correspondante de la méthémoglobine. Enfin, en réponse au dernier travail de Jæderholm parut, en 1882, un nouveau mémoire de Hoppe-Seyler ; l’auteur réfute les expériences de son adversaire, et s'efforce de démontrer que l’on obtient de la méthémoglobine par réduction de l’oxyhémoglobine, et que par réduction de cette méthémoglobine on détermine toujours la
PR formation d’hémoglobine, jamais d’oxyhémoglobine; mais il est pour cela évidemment nécessaire d'opérer à l’abri de l'air.
La discussion sur la constitution de la méthémoglobime reprend alors de plus belle. C’est d’abord Saarbach qui soutient que la méthémoglobine est un peroxyde d’hémoglobine. Dans la réduction de la méthémoglobine en hémoglobine il se forme toujours de l’oxyhémoglobine comme produit intermédiaire. Dans la transformation de l’hémoglobine en méthémoglobine il se produit également de l’oxyhémoglobine.
Ce sont ensuite Hüfner et Otto qui rapportent avoir obtenu parfois, en voulant préparer de l’oxyhémoglobire de pore cristallisée, une bouillie de cristaux de couleur sale, d'aspect satiné, qui n'étaient autres que dés cristaux de méthémoglobine qu'ils purent redissoudre et refaire cristalliser. Ces cristaux avaient la forme de fines aiguilles brunes, solubles dans l'eau, et leurs solutions présentaient le spectre caractéristique de la méthémoglobine. Hüfner et Otto indiquent du reste le procédé à employer pour la préparation de ces cristaux, qu'ils ont pu dessécher et soumettre à l'analyse organique. Ces auteurs estiment que la solubilité de la méthémoglobine est moindre que celle de l’oxyhémoglobine ; il en est de même de sa puissance de coloration en solution neutre; relativement à la constitution de la méthémoglobine, ils inclinent à penser que ce corps bien défini est fort analogue à l’oxyhémoglobine et en diffère, non par son contenu en oxygène, mais bien par le mode d'union de cet oxygène qui est faiblement uni à l’hémoglobine dans l’oxyhémoglobine, tandis que la méthémoglobine constitue une combinaison plus stable.
Henninger, au contraire, remarque que lorsqu'on trensforme dans un appareil construit par lui, et en opérant dans un courant d'hydrogène afin d'empêcher l’action de l’air, l’hémoglobine en méthémoglobine par un agent oxydant (ferricyanure de potassium) ou qu’on opère la transformation inverse par un
agent réducteur tel que l’hydrosulfite de sodium, on n’observe Jamais au spectroscope la production de la moindre trace d'oxyhémoglobine. Il admet par suite que la méthémoglobine est moins oxydée que l’oxyhémoglobine. De plus, dans l’oxyhémoglobine, une molécule d'oxygène formerait avec l'hémoglobine une combinaison facilement dissociable, tandis que dans la méthémoglobine l'oxygène se serait combiné avec le fer de façon à former un produit beaucoup plus stable. Le fer qui se trouve à l’état de minimum dans l’hémoglobine serait à l’état de maximum dans la méthémoglobine.
En 1883, J. Otto, dans une assez longue étude sur la méthémoglobine, reprend les dernières expériences de Hoppe-Seyler et de Saarbach, relativement à la réduction de la méthémoglobine en hémoglobine par le sulfure ammonique et à la transformation de l’'hémoglobine en méthémoglobine sous l'influence de différents agents. Se produit-il dans les deux cas de l’oxyhémoglobine comme terme intermédiaire ? J. Otto a modifié la disposition des expériences faites par les auteurs précédents, mais n’est pas arrivé à des résultats bien certains, dans le premier Cas au moins, je veux dire dans le cas de la réduction de la méthémoglobine. Mais peu lui importe, la nouvelle opinion émise par Hüfner explique tous les résultats discordants : la méthémoglobine ne contient ni plus ni moins d'oxygène que l’oxyhémoglobine ; elle en contient juste autant ; seulement cet oxygène, fortement combiné à l’hémoglobine dans le premier composé, lui est au contraire lächement uni dans le second ; si donc l’on vient à réduire de la méthémoglobine, il pourra se former soit directement de l’hémoglobine, soit d’abord de l'oxyhémoglobine et enfin de l’hémoglobine, suivant que l'agent réducteur agira instantanément ou commencera par détacher l'oxygène avant de le soustraire complètement à la molécule.
Pour démontrer sa manière de voir, Otto détermine, à l’aide
du spectrophotomètre, la quantité d’oxyhémoglobine contenue