DE BREST, ROCHEFORT ET TOULON
§ i.—Mortalité des forçats considérés en général, et en tenant compte de leur âge au moment de leur condamnation et de la durée de leur peine.
Le nombre des forçats entrés dans les trois bagnes du royaume, durant une période de seize années, de 1822 à' i83y inclusivement, a été de 14,082, parmi lesquels, 9,117 ont été reçus à Toulon, 3,ig3 à Brest, et 1,772 3 Rochefort. Outre les défalcations dont il a été parlé précédemment ( voyez la note, page. 7 ), j’ai négligé, dans ce relevé, un petit nombre
les études dont les résultats sont consignés dans ce travail (1).
Le tableau suivant présente la répartition des forçats, par catégories d’âge et de peine.
TABLEAU I.—Forçats entrés dans les trois bagnes dn royanme, de 1822 à 1837, classés selon leur âge au moment de la condamnation et selon la dorée de leur peine (1).
■ chaque catégorie d’âge.
bagnes réunis. Tl importait pour l’étude de la mort celle de la durée du séjour dans la chiourme sur le
ar captivité dans laquelle ils on
forçats, depuis.leur entrée été de 4 , 5o8 pour les trois
és selon l’âge des forçats moment de
Fnne on dans l’antre catégorie. Il suffira de diviser par a le nombre d’années nécessaires pour l’extinction complète des condamnés à perpétuité. C’est de cette manière qu’a été formée la dernière colonne du tableau précédent. Chacun des nombres qu’elle renferme exprime la durée de la vie probable, pour chaque catégorie d’âge correspondante.
Après avoir établi quelle est la mortalité dans les bagnes, il importait de constater à quelle époque de la captivité la mort fait les plus nombreuses victimes. L’impression produite sur te condamné à son arrivée a la chiourme,. parle spectacle, nouveau pour lui, dn genre de peine qu’il doit subir, agit-elle sur son moral, et, par suite, sur son organisation physique, avec assez de puissance pour être une cause de maladie mortelle ? Ou bien cette impression est-elle nulle ou singulièrement faible sur ces natures perverties et pour la plupart déjà à l’éprenve de pareilles atteintes ; et la mort ne survient-elle qu'après nn temps pins ou moins long, et seulement lorsque le régimedu bagne a peu-à peu affaibli l’organisme et détruit les. sources 'de la vie ? Les résultats numériques, présentés dans le tableau suivant répondront à ces questions. Dans ce tableau, j’ai calculé les rapports de mortalité pour chaque catégorie d’âge et pour chaque année de la captivité, en prenant tontes }es précautions pour que les calculs aient toute la riguenr possible. Pour que les résultats importants consignés dans ce tableau paissent inspirer tonte confiance, je dois indiquer la manière dont il a été dressé..
ioj pour Brest'
72— jRochefort.
243 — Toulon.
Le tableau suivant indique la mortalité calculée en raison de la dorée moyenne de la captivité et de Fâge moyen dans chaque bagne séparément.
TABLEAU XIII. — Mortalité des forçats contenus dans le tableau précédent, calculée, selon - * . l’âge moyen* etc.. . •.
totalité des forçats. C’est donc réellement à des causes locales particulières à chaque établissement, et tout à fait-indépendante du caractère -physique ou moral -de sa population , que doit être rapportée l’inégalité remarquable que présentent, sous le rapport de la mortalité lîéslrois bagnes deBrest, Rochefort étToulon.
lime reste à examinerai les résultats obtenus pour des trois bagnes réunis * relativement à l’époque de là captivité à laquelle lainort a lieu dans la pins grande proportion, se reproduiront dans chaque bagne en particulîèr. Le tableau suivant prouvera que ce qui est vrai pour la totalité des forçats, l’est également pour chacun des trois bagnes pris séparément partout et toujours c’est dans les premiers temps deTa captivité, et surtout pendant la première année, que la mortalité est la plus considérable.
TABLEAU XIV. — Mortalité calculée pour chaque année de captivité, pour chaque bagne fl b
, antérieurement à son jugement;
précédemment (note, page parmi lesquels on a compté sultats significatifs.
mortalité des forçats
i précédemment que l’impression produite
In
de celles des pri
cependant il faut admettre que leur constitution est, en général, plus faible originairement, plus détériorée par les!excès et la débauche, dont les occasions sont plus fréquentes, dans les iyifleSj àü sein desquelles vivent principalëment ces individus, que dans les campagnes. La force de la constitution, «ne santé vigoureuse n’est donc pas j absolument parlant, une condition aiissi favorable pour résister aux influences délétères de la vie du bagne que des habitudes de ; captivité, si je puis parler ainsi, contractées antérieitrément et depuis longtemps par le fait d’une profession sédentaire exercée au sein des villes. Il est bien-vrai que les forçats sont employés à des travaux assez rudes- mais ces travaux, exécutes en plein air et toujours! proportionnés aux forces des individus, deviennent des conditions de bonne santé bien préférables, pour l’ouvrier des villes, à celles qui pouvaient exister pour lui dans sa boutique ou dans son atèlier. 11 n’en est point dé . même de l’habitant des campagnes. ^Indépendamment; des causes morales qui sont toutes-puissantes sur lui, il ne trouve point dans la captivité, qùoir qu’ellè soit modifiée par quelques fleures d’un travail' un peu pénible, les bienfaisantes influen-
air et au soleil,- et-loin de l’atmosphère plus ou moins malfaisante du bagne.
La nature du crime exerce sur les résultats des calculs de mortalité, sèlon les diverses professions, une influence qu’il faut aussi noter. On remarquera d’abord que la mortalité est notablement moindre - parmi les condamnés pour attentats commis contre les personnes que parmi les voleurs. Ce fait existe pour toutes les catégories, excepté cependant pour celle des artisans sédentaires qui présentent des rapports de mortalité presque identiquement égaux
et des assassins, ils présentent des particularités assez remarquables, la grande différence qui existe entre la mortalité de cet ordre de con- ;
On voit que la mort est beaucoup plus rapide parmi les hommes occupés avant leur condamnation à l’exploitation du sol et aux divers travaux de l’agriculture que parmi ceux qui avaient exercé une profession industrielle sédentaire, et cela dans une assez forte proportion. Cette influence si notabl e sur les habitants des campagnes a des effets analogues, quoique
ux categories de professions avaient *. -^ ---- r —-lit résulter quelque similitude dans l'orga¬
nisation physique-ou morale. Quant aux vagabonds, mendiants- gens sans aveu, contenus dans-hfcdernière catégorielles professions, f influence dont jeparle est peu marquée sur eux, quoique la présence d’un assez grand nombre de sbldats et de marins, dans cette catégorie; eût duapporter quelques modifications aux résultats des calculs.- -
Pour ce qwest de la catégorie des professions; libérales,: le petit nombre de forçats qu’elle contientcommande âne graûde reservedâns îés-iddiïctions a tirer~des-faits que 1 des observations plus multip liées viendraient'peut-être contredire. J’ai du cependant mentionner,les résultats présentés par cette catégorie : j’ai pensé qu’ajoutés à d’autres qui pourraient être fournis par les observations ultérieures, ces résultats, tout imparfaits qu’ils sont, ne seraient pas sans quelque utilité. ,... ,
L’influence de la.profession antérieure à la condamnation-ne change rien aux iaitspnécé-
igrande avec laquelle la mort frappe les forçats. A >,; et les condamnés pour viol mei
ml’ai
la profession : seule catégo-
- qu’ils aieQt'exërcée âva'nt^lëür énîreë’âuTjâgner Qüan
. rie, celle des gens sans professioua vouée, ; la mort a fail les plus nombreuses victimes pendant la seconde.année ; - dp la captivité.. Dans .les.quati».à!Utres : categories, la loi générale-établie plus haut, d’une mortalité plus considérable pour cet ordre-decriminels durant la première année de la captivité, reçoit ^a confirmation. ; ;
-à l’org
physique et morale du condamné par la profession qu’il exerçait avant son entrée au bagne, introduisent-eUes quelques changements aux résultats de l’influence exercée sur la mortalité . soit par la perspective d’une ppine dp longue durée ou perpétuqUe,, saitpar le fait d’un plus ou moins grand nombre d’années passées dans les cliiourmes ? Le tableau , suivant fournit )es données nécessaires pour, répondre^ cette question • il .présente, les ; rapports de mortalité calculés pour, chaque catégorie-de peine, en tenant compte .de la .profession aoterieure et de l’âge du condamné.
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