‹ Études sur la mortalité dans les bagnes et dans les maisons centrales de force et de correction, depuis 1822 jusqu'à 1837 inclusivement... d'après des documents officiels fournis par les ministères de l'Intérieur et de la MarineChapitre 4 sur 6 · DU ROYAUME · texte numérisé non relu

DU ROYAUME

confirmée on Toit que la marche ordinaire de l’existence est ment bagneque parcelui de la maison centrale, et que, dans ces démit gens trouvent des conditions beaucoup moins favorables pour lt pour le maintien de leur santé qu’au milieu des travaux pins ou arsenaux maritimes. Mais, d’un autre côté, si l’on continue la com] on voit que, tandis que dans la jeunesse et même l’âge mûr, les parler sont très-grandes, elles tendent de plus en plus à s’effacer ; de la vieillesse; de telle sorte que la mortalité devient presque id

mesure que l’homme approche de sa fin. La captivité devait donc avoir la même influence sur des organisations devenues semblables. -- -- - -

Là dernière colonne de chacun des deux tableaux précédents contient l’indication du nombre données , quai-est possible de vivre-dans les -maisons eeotrales. de foree-et de-correction calculé pour chaque classe d’âge. Les différences que j’ai notées-entre les deux sexes sous le rapport de Iàmortalité aux diverses époques de là vie, se retrouvent ici.seusuuenutre forme. Ainsi, pour ne tenir compte que -des rapports moyens, les femmes condamnées à une -réclusion perpétuelle, dont l’âge moyen..seraitdn -ans 84, ne pourraient pas vivre pins de no ans 25 dans les maisons centrales, et les hommes, dont l’âge moyen serait de 3o ans 86, ne -vivraient que i y ans 99. Ce qui placerait le termele plus éloigné possible de l’existence à l’âge de 48 ans 80 :(3o,8o + 17,99) pour les hommes, et à l’âge de 58 ans 69pour l’autre sexe (02,84 rh a5,25). On a vu précédemment que la limite de la vie possible était 55 ans iS pour les forçats des bagnes, dont l’âge moyen était de 3o ans 66. -

Lépoque de la captivité à laquelle la mort a en lieu indiquant jusqu’à un certain point la nature et la mesuré de l’influence réelle de la captivité sur la vie du détenu, j’ai dû cal-

celle des condamnés à plus de dixarisqui renferme un certain nombre de détenus à vie donnent des chiffres de beaucoup inférieurs.

Il en est, à peu de chose près, de même pour les femmes. Cependant la perspective d’un emprisonnement prolongé au delà de dix ans semblerait avoir pour ce sexe une très-notable influence sur la santé; attendu que le rapport demortalité, présenté par la catégorie des condamnées à plus de dix ans et à perpétuité (lequel est de o,oi3a), est plus élevé qu’aucun de ceux des autres catégories. Ce résultat tranche tout à fait avec celui présenté par l’autre sexe; et c’est d’autant plus remarquable que, sous le rapport de l’influence d’un séjour plüs ou moins long en prison, cette meme, catégorie des condamnés à plus de dix ans donnait, pour les deux

captivité.

TABLEAU LXVL—Mortalité des condamnés contenus dans le tableau LX1Y, calculée selon l’âge moyen et la durée moyenne de la captivité, pour chaque maison centrale (hommes).

nous avons constaté la puissance dans le paragraphe précédent, pouvaient modifier les résultats des calculs et donner lieu par conséquent à quelque erreur d’appréciation, j’ai cru devoir établir la comparaison; entre les deux périodes, non-seulement en agissant sur les détenus

selon leur âge au moment de la condamnation et suivant la durée de leur peine, pour chaque établissement séparément. Deux autres tableaux contiennent les décès survenus parmi ces condamnés.

seconde période, la diminution s’est fait remarquer dans sept maisons centrales bleà Gaillon, où la mortalité est, à peu de chose près, ce qu’elle était dans la

vaux et à "Montpellier, où îë chiffre moyen des, décès est descendu du double au sim même au delà. D’un autre côté, l’augmentàtion’deîa mortalité, à peine appréciable à 1 jrtout it^Haguenau, a été très-marquée à Fontevrâui.t. et â Clermont principalement.

iest, à peu de chose près, ce qu’elle était dans la période précété très-sensible à Rennes, Cadillac, Beaulieu et surtout à Clair-> * chiffre moyen des, décès est descendu du double au simple, et

port avec l’accélération ou le ralentissement de la marche des décès. Les résultats particuliers sont, à cet égard, identiquement semblables aux résultats généraux. De sorte que telle maison centrale ; qui-a : sübi une augmentation dé mortalité pi^ente : 1e^ff'ré-ie-pius r élevé de ses décès à une époque plus-éloignée dé l’entrée en prison^ que tel autre établissement où l’on observe le fait contraire. A Clairvaux, par exemple, la mortalité a été moins considérable dans lapeeonde periodeyetrlè rapport demortâîîtéieplusélevé,pourcettêmême période, se présente dès la-deuxième, année de là captivité, tandis qu’il ne s’était montré que dans la cinquième année pour, la première période durant laquelle la mortalité avait,été, en somme, pliis cqnsidérable.^’un autre côté,à Fontevrauit, où la mortalité générale a pris tant d’accroissement dans ces derniers temps, c’est seulement pendant la cinquième année épie dans là seconde période k-mort fait les plus nombreuses victimes, tandis que c’était dès la troisième année que cela avait îièu’pour la période précédente.

Ces mêmes résultats se reproduisent à peu def chose près dans les maisons de femmes.

Ainsi; s’il eSt'vrai, comme on l’a vu,que, .terme moyen, le chiffre le plus élevé des décès s’observe à une époque plus éloignée du début de k captivité, dans la seconde période, en unême temps que dans cette période,-k mortalité est en général moins considérable, les choses ne.se

Les décès survenus parmi ces condamnés, ont été classés, dans le tableau suivant, sous le rapport de la durée de la-peine infligée au détenu décédé et suivant l’année de captivité dans ! laquelle la mort a eu lieu.,.

la dorée de la p eine et selon l'année de la captivité dans laquelle ils ont eu lieu.

lût les gens sans profession déte s, lesquels y figurent pour un peu plus du es semblables, suivant l’analogie que la p >u la position sociale qu’elles Occupaient avant leur jugement se avéc l’autre des cinq divisions établies pour les hommes (i ).‘ 7 j|l; - Les dix tableaux qui suivent renferment les détenus non récidiv selon leur âge; la durée de leur peine et la nature de leurs crimes tégorie de professions.

tantes des villes pour le plus grand nombre. Ce résultat n’a, du reste, rien qui doive beaucoup étonner, ces deux catégories étant celles qui se ressemblent le plus sous le rapport dés habitudes, du genre de vie et aussi de la constitution physique et morale.

leur condamnation une placé plus ou moins distinguée dans la société : si toutefois il esl permis d’attacher quelqü’importance aux résultats fournis par un aussi petit nombre de femmes que celles qui ont été étudiées ( 38 entrées et 4 décès ). Cette grande différence avec léi autres catégories de professions, existe pour les deux sexes, elle est surtout remarquable poui

lais elle lui est inférieure dans les quatre autres: catégories-.

Quant aux condamnés pour attentat à la pudeur, leur mortalité est. généralement.plus ce idérable que celle des autres condamnés,,si ce n’est, comme je viens de le dire-,,dans laçai

le moins élevé des trois ordres de coupables.

Quant aux condamnées pour attentat a la pudeur, dans une. seule catégorie, .celle des professions actives, la mortalité n’est pas plus élevée pour elles que pour les deux autres classes, ce qui a lieu au contraire dans les quatre autres catégories dans une proportion re-

Parmi les femmes, les résultats présentés par la première, la seconde et la quatrième catégorie clé professions ne diffèrent en rien des résultats généraux-/'consignés précédemment, relativement à la rapidité plus ou moins grande avec laquelle la mort survient pendant la- <luree de là condamnation. Dans ces trois catégories, c’est toujours pendant la troisième année

quième année de la captivité, tandis qu’il se montrerait dés la première pour la categorie des condamnés sans profession. Il est difficile de se rendre compte d’unesemblable dissemblance . Centre deux catégories de détenues dont le rapport de mortalité est en somme à peu près identique. On comprend toutefois que l’influence de la vie prisonnière doive se faire sentir avec plus de lenteur sut des femmes qui opt en quelque sorte contracté l’habitude du genre de vie qu’elles doivent mener en prison par l’exercice antérieur d’une profession sédentaire, et que le contraire ait-lieu pour des femmes de mauvaise vie pour la plupart, habituées à l’oisiveté, au vagabondage, en un mot, à l’abus de la liberté, malgré l’espèce de bien-être matériel qu’elles semblent ressentir durant les premiers jours, dans la maison centrale ? comparativement à leur étàt de misère antérieur.

En ce qui concerne l’influence de la nature du crime ou délit, le peu d’élévation des chiffres sur lesquels ont porté les calculs ne permet de- tirer quelque conséquence Utile qu’à ■ l’égard des condamnées pour attentat aux propriétés. Or, les résultats présentés par cette classe de détenues sont tout à fait semblables à ceux mentionnés pour les trois classés réunies dans chaque catégorie de professions. On peut voir néanmoins que les modifications apportées à la marche de là mort, chez les hommes condamnés pour voies de fait pu pour attentat à la pudeur, dans le plus grand nombre des catégories professionnelles, ne s’observent point chez les femmes. Ainsi le maximum de la mortalité ne semble pas s’être rapproché de l’époque de l’entrée en prison, pour la première classe , pu s’en être éloigné, pour la seconde, comme céla paraît avoir eu lieu pour le sexe masculin

Polir ce qui est de l’influence exercée sur la moyenne annuelle des décès par la durée plus ou moins iongué du séjour en prison, je répéterai ici les observations faites précédemment, sàvoir, que cette influence étant, dans ses résultats, subordonnée à l’époque de l’apparition du maximum de la mortalité, les catégories de professions pour lesquelles ce maximum apparaît à une époque éloignée de l’entrée dans les maisons centrales pourront présenter une mptalité moyenne plus forte dans les classes de peines les plus élevées. Au contraire, celles qui offrent ordinairement ce maximum â peu de distance du début de la captivité fourniront un résultat opposé. C’est ce qui arrive, en effet, ainsi qu’on le verra par le tableau suivant.

de non-récidive, n’ayant pas pn être introduites ici, les résultats n’auront pas toute la préci-

La dernière colonne de ce tableau démontre que la mortalité est moins considérable , toutes choses égales d’ailleurs, parmi les détenus mariés que parmi les veufs et les célibataires, et cela pour l’un comme pour l’autre sexe. Comme si des habitudes plus régulières, un degré plus élevé de moralité, un genre de vie moins misérable, conditions qui accompagnent ordinairement l’état de mariage même parmi les classes les plus pauvres de la société, exerçaient sur la constitution physique ou morale des condamnés mariés certaines modifications heureuses qui les protègent jusqu’à un certain point contre les influences funestes du régime des maisons centrales de force et de correction.

Ici se terminent les études sur la mortalité des détenus des maisons centrales. Dans le cours de ces études, j’ai comparé les détenus aux forçats des chiourmes, toutes les.fois que cela m’a paru devoir produire quelque résultat intéressant. Il me reste maintenant à comparer la mortalité de ces deux ordres de condamnés avec celle de la population libre de la France : cela fera le sujet de la troisième partie de mon travail.

Page 1