‹ Études sur la mortalité dans les bagnes et dans les maisons centrales de force et de correction, depuis 1822 jusqu'à 1837 inclusivement... d'après des documents officiels fournis par les ministères de l'Intérieur et de la MarineChapitre 5 sur 6 · CELLE DE LÀ POPULATION LIBRE · texte numérisé non relu

CELLE DE LÀ POPULATION LIBRE

Les tables de Demonferrand sont de trois sortes. L’une est destine'e a une partie de la France dans laquelle la mortalité est lente; une antre a été calculée pour les départements dans Iesqûels an contraire la mortalité est rapide; la troisième s’applique à la France entière,

grandes existent entre ces trois tables: ainsi, pour les- individus do sexe masculin de l’âge de trente ans, le danger annuel de mort qu’elles présentent varie entre les nombres 73,84 et to 5 . De ces trois tables, j’ai pris celle dans laquelle la mortalité est la plus rapide, de préférence aux deux autres, comme fournissant un point de comparaison plus exact. Car, bien que les détenus et les forçatsssoient pris dans toutes les parties d<Ha France, l’état de leur constitution est, gm ÿnéral, tel quand'ils entrent dans les prisons ou dans les bagnes, par suite soit d’un vice origmèl, soif? de la misère ou' de la débaucKé dans laquelle ils ont vécu pour le plus grand nombre, qu’ils constituent, en réalité, le rebut de la société, aussi bien sous le rapport physique que sous le rapport moral. On peut donc regarder la mortalité d’une semblable population comme devant être la plus rapide possible, même dans l’état de liberté.

Cela posé, je vais indiquer commenta-été-dressé le tableau suivant, qui renferme les résultats de la comparaison de la mortalité des détenus et des forçats, avec celle de la popu-.

Les rapports de la suite a," dans ce tableau, soit parmi les forçats, soit parmi les détenus, exprimant la mortalité moyenne, pour un an , déduite de la mortalité totale calculée pour

le nombre moyen d’années de captivité subie par chaque catégorie d’âge, j’ai dû, pour plus d’exactitude ^établir de même la suite 4 , renfermant les rapports de mortalité pour chaque classe- d’âge correspondante de la:population- libre. Ainsi, ces rapports, ’telS qruls exïstent dans ce tableau, expriment la mortalité moyenne pour un an , déduite de celle d’un nombre d’années égal à la durée moyenne de la captivité de chaque catégorie d’âge, en comptant ces années à partir de l’âge moyen de chacune dé' ces''catégories, c’est-à-dire de 17 ans 5 pour la première, de 22 ans 5 pour la seconde, et ainsi de suite. Les rapports respectifs de ces deux suites, divisés les uns par les autres, ont donné pour quotientsles.no'mbres qui constituent la suite- cr" Ges nombres indiquent’lès chances annuelles-de mort offertes à chaque'catégorie d’âge par la captivité, les chances de la population libre, dans la vie ordinaire, étant égales à 1. En examinant ces résultats,. on suivra facilement les divers degrés de l’influence exercée

Quant aux diverses classes d’âge, on voit (colonne c du tableau précédent)que les chant de mort, qui dans la période de 16 à 20 ans étaient avec celjes de la population libre ds le rapport.de a à 5 environ; après être restées les mêmes pour la période suivante, augme tent tout à coup d’une manière brusque après a5 ans, et continuent de croître jusqu’à période de 36 à /\o ans, dans laquelle elles atteignent leur maximum. A partir de là, el décroissent d’une manière assez régulière jusqu’à l’âge de 61 à 65 ans, où elles sont

en liberté. Dans la vieillesse confirmée, c’est-à-dire de 66 à 70 ans, les chances dem

D’où l’on voit que, dans les bagnes, c’est l’âge adulte, et surtout la période de 3o à 4o an où les chances de mort sont les plus nombreuses; vient ensuite la période dé 65 à 70 an L’épioque de la vie la plus favorisée’, sous ce rapport, semblerait être l’âge de 5o à 65 an: et ensuite, à un degré un peu inférieur, l’adolescencè et la jeunesse depuis 16 jusqn

à cê qui s’obsèrve dans, .les bagnes. Dans ces derniers etablissements, les chances de mort, .quoique différentes pour chaque classe d’âge, ne présentent cependant pas dans leur marche des inégalités trop grandes; tandis que dans les maisons centrales ces inégalités sont aussi tranchées que possible. Ainsi, parmi les détenus, le chiffre maximum-des chances de mort des individus de 16 à 20. ans est de 5,72, etle chiffre minimum, celui de la période de 66 à 70 ans, de 2 ,o 3. (je m’ai pas pris celui de la période suivante, plus; faible encore, car il n’existe point de condamnés de cét âge dans les bagnes). Entre ces deux chiffres extrêmes, la différence est 3,69. Parmi les forçats, au contraire,le minimum .est de .2,26 et le maximum de 3,62 : diffe-

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