‹ Études sur la musique ecclésiastique grecqueChapitre 12 sur 32 · QUATRIÈME MODE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME MODE

Les mélodies du quatrième mode ont des finales différentes, suivant les différentes espèces de chant.

Dans les chants très-lents, appelés papadiques y la finale est sol. Cette variété du quatrième mode, désig^née sous le nom d'ayta, constitue un mode véritable. C'est Vhypophrygien antique (gramme de sol avec fa

nahirel) sauf les altérations suivantes : le la est élevé d'un quart de ion, et le si abaissé d'un quart de ton. De plus, le fa et le ré d'en bas sont soumis aux altérations accidentelles résultant de la loi d'attraction.

5 J- J- tuo toD 2 ton %- 2 -^

Dans les chants modérés appelés GTtj(^Y)papi)ca, la finale est ré; nous retrouvons ici la gamme phrygienne que nous avons rencontrée déjà dans plusieurs mélodies du premier mode plagal, transposées soit à la quarte, soit à la quinte inférieures :

xr

TT-

il Q

Enfin, dans les chants heirmologiques (chants vifs) et dans quelques chants stichirariques, la finale est mi. Cette troisième variété, appelée léytToç^ constitue elle aussi un mode spécial qui joue un rôle fort important dans la musique de l'Eg'lise g'recque. Beaucoup des mélodies les plus expressives de sa liturg'ie appartiennent à ce mode, dans lequel on retrouve un très-proche parent du dorien antique et du troisième mode de notre chant g*réçorien.

Voici son ambiivs :

ton l""

Si Ton examine le pentacorde dans la limite duquel le >.eyeToç conserve toujours son caractère, il semble être exactement semblable au dorien. Voici en quoi il en diffère.

Deux notes de ce pentacorde obéissent à la loi d'attraction : le fa se hausse d'un quart de ton quand la mélodie monte, et le la se baisse d'un quart de ton, quand la mélodie descend ; ce que nous exprimerons, en affectant le fa d'un demi-dièse, et le la d'un demi-bémol.

Il Q m Q T/o

Q il

En outre, le ré inférieur qui, dans le dorien, est séparé du mi par un intervalle d'un ton, se trouve, dans le >.éY£To;, toujours surélevé d'un quart de ton, soit qu'on monte, soit qu'on descende, et distant du mi de trois quarts de ton seulement.

Si Ton compare le >.£YeTo; avec le second mode, on voit que leur ambitus est le même. Dans les deux modes, le ré inférieur est demi-dièse, et \e fa est soumis à l'attraction en montant. Mais, dans \e second mode, le la est fixe; il se trouve toujours à une distance de trois quarts de ton du sol, soit que la mélodie monte, soit qu'elle descende; — dans le XéyeToç, il est variable et obéit à la loi d'attraction. Enfin (et c'est là une différence capitale) leur finale est .différente. Dans le second mode, la finale est sol; dans le XeyeToç, la finale est mi.

Dans les exemples du >i£YeTo;, qu'on trouvera ci-joints, la note qui joue le rôle le plus important après le m/, n'est ni le la, ni le si, mais le soi

Les mélodies du quatrième mode avec finale soly que nous citons, donnent lieu à une remarque. Elles indiquent que la division de la g*ammc doit se faire non pas en quinte et quarte :

O il Q — —

mais en quarte et quinte :

^ O fcj ^ ^^r^

L'octave hypophrygienne peut donc, comme la dorienne et comme V hypodorienne (1), recevoir une double division.

(i) On sait que, dans l'antiquité, il y avait un mode appelé locrien qui avait la même octave que Vhypodorien; seulement cette octave se divisait ainsi :

tandis que l'hypodorien se divisait de cette manière :

Dans la figure B, la finale «o/joue le rôle de dominante, par rapport à la tonique ut; on a là une gramme majew^e renversée. Au contraire, dans la fig^ure A, la finale sol est une fondamentale harmonique vis-à-vis de laquelle rejoue le rôle de dominante. Toutes les mélodies du quatrième mode avec sol pour base appartiennent- elles à Toctave sol-sol divisée en ftiarte et quinte? C'est ce qu'il nous est impossible de déterminer, vu le petit nombre d'échantillons de ce g'enre qu'il nous a été donné de recueillir.

Mélodies du q uatrième mode {avec sol pour finale) .

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