DES CARACTÈRES
Les caractères qui servent à écrire les intervalles de la mélodie sont au nombre de dix.
Il y en a de trois espèces : des caractères ascendants, des caractères descendants et un caractère neutre.
Le caractère neutre est :
h'ison (t(jov) t«»^ (1).
Il y a cinq caractères ascendants:
Voligon (ôXiyov) «-m» et
La pétaste (7reTa(JTy)) "«lO Ck
Les kentimata (xevTTOjJiaTa) %% a
Le kentima (xevTTijJia) % S
Vhypsile {\iifr{kr\) y g
(I) Le zéro exprime Timmobilité de la voix. Les lettres indiquent que la voix franchit d*un bond un ou plusieurs degrés de l'échelle. Les chiffres expriment une série de sons qui se suivent par degrés conjoints.
Il y a quatre caractères descendants :
U apostrophe (àTroGTpoço;) *> a
Xlhyporrhoé (ûTcoppoT)) # 2
Uélaphron (eXaçpov) C^ 6
La chamile [jpL]yfîkri) V^ à
Aucun de ces caractères, pris isolément, ne représente un son déterminé. Chacun n'exprime, par lui-même, que l'intervalle qui sépare le son qui précède de celui qui suit. Il est donc nécessaire, pour déterminer le son exprimé par chaque caractère, de se rapporter à une note initiale connue; ce qui suit va le démontrer.
L'ison indique que le son ne.chang^e ni en montant ni en descendant, mais qu'il reste le même. C'est ce qu'indique le zéro placé à côté. Quand Vison se trouve placé au commencement d'un morceau, il produit le son initial (1).
Voligon, la pétaste, les kentimata veulent que la voix s'élève d'un deg^ré. C'est ce qu'indique la lettre a.
U apostrophe veut que la voix descende un deg'ré; c'est ce qu'indique encore la lettre a.
Uhyporrhoé veut que la voix descende deux deg^rés en faisant entendre le son intermédiaire. C'est ce qu'indique le chiffre 2 placé à côté.
Le kentima veut que la voix franchisse d'un bond deux deg*rés en montant, c'est-à-dire monte d'une tierce. C'est ce qu'indique la lettre p.
L'élaphron veut que la voix franchisse d'un bond deux deg^rés en descendant, c'est-à-dire descende d'une tierce. C'est ce qu'indique la lettre p.
Uhypsile veut que la voix franchisse d'un bond quatre deg'rés en montant, c'est-à-dire monte d'une quinte. C'est ce qu'indique le ^.
(i) Le signe qui indique quel est le son initial s^appeiie martyrie. La martyrie ne se chante pas, elle fixe le point de départ; et l'on chante sur Vison le son initial déterminé par la martyrie.
La chamile veut que la voix descende d'une quinte. G*est ce qu'indique le ^.
Donc, pour écrire une mélodie :
On se sert de Yison^ lorsque le son ne change pas;
Lorsqu'on a une série de sons qui se suivent par degrés conjoints, en montant, on emploie Voligon, lapétasteet les kentimata;
Quand on veut exprimer une série de sons qui se suivent en descendant par deg^rés conjoints, on se sert de V apostrophe et de Vhyporrhoé.
Dans les cas où la voix doit franchir d'un bond plusieurs deg^rés en montant, on a recours à des combinaisons de caractères. En effet, ni le kentima ni Vhypsile ne peuvent s'employer seuls. Uélaphron et la chamile^ au contraire, jouissent de cette propriété.
De la combinaison des caractères.
La combinaison des caractères consiste dans l'art de les associer entre eux suivant certaines règ'les, de manière à représenter tous les intervalles qui peuvent se produire d'un son à un autre.
Des dix caractères musicaux, quelques-uns peuvent s'employer seuls. Ce sont: Vison, Yoligon, la pétaste, Y apostrophe, la chamile et Yélaphron.
Les autres ne peuvent s'employer isolément, mais ils servent à augmenter la valeur des caractères auxquels ils sont associés, dans une certaine mesure, suivant la place qu'ils occupent.
Ainsi le kentima, s'il est placé en avant de Yoligo7i ou au-dessous, indique que la voix doit franchir un intervalle de tierce; et, s'il est placé au-dessus de Yoligon, un intervalle de quarte.
^■"^^ \ on
(i) Dans notre traduction en notation européenne, nous représentons l'unité de temps par \9l noire. (Voir p. 105.) Dans la traduction de tous les exemples où la présence d'une martyrie n'indique pas quel
h'oligon et la pétasie se subordonnent à tous les caractères , excepté les kentimata [i).
Dans ce cas, le caractère inférieur perd sa valeur et Ton compte seulement celle du caractère supérieur. Ainsi, quand Vhypsile est placée sur Vo/igon, la quantité de Voligon se perd, et Ton compte seulement la valeur de Yhypsile.
Quand V apostrophe et Vélaphron sont associés de cette façon "^C^ , cela indique que la voix, au lieu de franchir un intervalle de tierce, doit émettre deux sons se succédant par deg^rés conjoints ; le premier de ces deux sons est censé affecté d'un gorgon{2).
Voligàn et la pétasie se subordonnent au kentima et à Vhypsile de cette manière :
Dans ce cas, on le voit, leur propre valeur disparaît. Ils se subordonnent aussi à Vison et aux caractères descendants. Dans ce cas, également, le caractère placé en dessous ne compte pas.
I i l n i n i il i l i l i l
JVi ' fjjVJj i fJV^ ' rJ ' rJ
Le tableau suivant indique les diverses combinaisons de caractères
est le son initial , nous avons supposé qu'il correspond à un ré , et nous l'avons représenté par une note dont la queue est tournée dans un autre sens que celle des autres noires. Avec un seul caractère, les Byzantins expriment un intervalle, mais cet intervalle est abstrait; il n'exprimera des sons déterminés que s'il est précédé d'une martyrie. Il faut deux notes européennes pour figurer un intervalle ; mais elles ont l'avantage d'exprimer par elles-mêmes des sons déterminés.
(1) Cela veut dire, comme la suite le montre, non pas que Voligon et Idi'pétaste ne peuvent se placer sous les kentimaia, mais que, lorsqu'ils le font, ils ne perdent pas pour cela leur valeur.
(2) Voii' plus loin au cliap. des hypostases.
usitées dans la notation orientale et les intervalles que ces combinaisons expriment.
Composition de FOligon.
^ I — P I ,ss.^ I ^a« I ^ I ^^ i' /
IsL \ \J \ }iJ^ \ J^ \ Il \ il
ta ç ça Ç ij 6
j r r ij r I j r r I j r I j r I j r I
ta (2) i6 ly i5 te ^
^ Ij Mj Hj Hj Mj n
Composition de la Pétaste.
{{) Le zéro et Ta/pAa, placés à une certaine distance l'un de l'autre, indiquent deux inter Vallès distincts juxtaposés. Il en est de môme des lettres ut a, g a, ^a, etc.
(2) Les lettres ta, i6, i-]f, etc., placées côte à côte, indiquent un seul et même intervalle.
I li I -b I
la
N J Mj
Composition des caractères descendants.
Oa 2 2 6 2aa6a
I f jjif j i i,jj i fj ^^
I <i, i«5. i^iS I •> , 1
Jlr JlrJl
Mlr^JJjlr^^JJj l r j l r jirj i rj i
DE LA PARALLAGE.
IaB. parallage, c'est Taction de solfier.
On place sous les caractères le nom des sons qui y correspondent, de manière que Télève, en voyant les caractères, chante les notes qu'ils expriment.
Quand Télève a appris à chanter une leçon, en nommant les notes, il suffit qu'au nom des notes il substitue les syllabes des mots pour exécuter le morceau, tel qu'il doit l'être.
Avant tout, il faut se g*arder d'oublier, dans la pratique du solfég'e, que, dans toute mélodie, il y a un sig*ne appelé martyrie (jjiapTupia) qui se place au commencement pour indiquer le son initial. La notion de ce point de départ est indispensable pour chanter une mélodie.
Après la martyrie^ viennent les caractères qui se succèdent en indiquant soit l'émission d'un son identique au son initial {Vison) ^ soit un mouvement ascendant ou descendant.
Ce double mouvement (ascendant ou descendant) peut se faire par deg^rés conjoints ou disjoints.
L'élève doit observer la valeur des caractères, et émettre le son correspondant.
Montrons-le par un exemple pris sur la première échelle continue.
Pour solfier dans le g*enre diatonique on emploie la martyrie 7 . Cette martyrie indique que le son Tua [ré) est la note initiale. Puisque le premier caractère qu'on rencontre est Vison, on doit chanter ira (r^) sur Vison.
Puis aux deux apostrophes on doit appliquer les deux sons descendants VY) (ûfo), Ço) {si)j — aux trois oligon, les trois sons ascendants vti (ûfe), Tua (r^), Pou [mi), — aux deux apostrophes les deux sons descendants tzcl [ré), VT) (âfe), et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on arrive au dernier son xoc [ré). (Voir l'ex. I au verso.)
Après avoir chanté ira [ré) sur Vison^ on chantera ya {fa) sur le Aentima et pou [mi) sur V apostrophe; sur l'autre kentima on chantera ^i [sot)^
et sur Y apostrophe, ya [fa), et ainsi de suitejusqu'à la fin, (Voir Tex. If.) Quel que soit le son représenté par un caractère simple ou par des caractères composés, il faut qu on l émette franchement et quon n émette que celui-là.
Il faut beaucoup d'attention et une préparation suffisante pour arriver à ce résultat.
Exemple I.
'izj. vY) Z,(ù vTj ira 6ou na vï)
ira
6ou
ya
ou
fc
ira êou ya 8i ya 6ou ya 8i xe 8i ya 6ou
ya 8i xe Çw xs 8i ya 8i xe ^w vyj Çw
xs 8i xs Cm vt) Tta vy) Î^u
X£ Ôl
xs' c
VY) t^o) xe 8i
ya 8i xe ^a>
xe
ya
6ou
(i) Cette martyrie indique que le son initial est ré, mais ne désigne pas l'octave à laquelle cette note doit se faire. Dans notre traduction , nous prenons arbitrairement, tantôt le ré situé au-dessous de la portée (clef de soi), tantôt le ré de la quatrième ligne.
ya
6ou xe 8i va êou ica 6ou ya 8i ya êou
iça VYj ica
6ou
ya
6ou lïa V1Q Ç(i) VY) ica
Exemple IL
ica
ya
6ou 8i ya xe 8i Çw xe viq Çw
ica ira Ç(») VYJ
xe
i xe
ya
8i 6ou ya
izoL TZOL 8t 6ou xe ya Çw 8i vy) xe ica ica
xe Çw ya 8t ica ica xe 6ou Çw y a vtj
ya
8i ica iça 8i vyj ya Çw 6ou xe tiol lua
Çw êou Yr\ ya ica
ira
ya V7) 6ou Çw
ica
ica
VTj 6ou ica ica 6ou vtj ica icot icx tcx ica
Les maîtres exercent les élèves au solfège, en écrivant sous les caractères le nom des notes. Cette méthode sert à faciliter l'étude de la musique et non à obtenir un résultat définitif. J^'on devra ensuite effacer le nom des notes et laisser seulement les caractères, afin que l'élève, en les voyant, s'accoutume à trouver les sons qui y correspondent.