DES HYPOSTASES
On appelle brève une note qui vaut un temps el longue celle qui en vaut plusieurs.
Gomme il arrive souvent qu'une note vaut plusieurs temps ou qu'un temps se compose de plusieurs notes, il a fallu des sig'nes différents pour Texprimer. Ces sig^nes s'écrivent soit au-dessus, soit au-dessous des caractères et s'appellent hypostases (ûwocTTaTwtà (njjjieTa). Donc une hypostase est un sig*ne musical muet, qui exprime le iroiov de la mélodie et qui s'écrit soit au-dessus, soit au-dessous des caractères.
Il y a deux sortes d' hypostases :
Les unes expriment la mesure et sont appelées ey^P^^'^î 1®^ autres, qu'on nomme aj^pova, expriment la manière dont il faut émettre le son.
Les hypostases de la première espèce sont au nombre de six :
Vaplie ('Atc^tî) •
1 iS klasma (KXa<>[Aa) >j
Le gorgon (ropyov) r
Vargon {*AfyQ>f) -1
La 6aria (1) (Bapetbt) \
La croix (Sraupoç) • +
L'aplie a la valeur d'un temps. Pour exprimer deux temps , elle devient diplie • • , pour en exprimer trois, triplie • • • , quatre, tétraplie • • •« , etc.
Toutes les fois que Vaplie se trouve sous un caractère, le son qu'il exprime vaut deux temps : un temps pour le caractère, un temps pour Vaplie.
(1) On verra plus loin pourquoi l'auteur fait figurer la haria au nombre des hypostases qui expriment la mesure, bien qu'elle doive être rangée et qu'il la range lui-même parmi les hypostases qui n'expriment pas la mesure.
Vaplie s'écrit sous Vhyporrhoé de cette manière f , et augnaaente d'un temps la valeur de la seconde note. [Si l'on sous-entend ré comme note initiale, Vhyporrhoé avec Vaplie se traduira ainsi en notes euro-
péennes
Elle peut s'écrire aussi sous Vapostrophe surmontée du gorgon :
et sous Vantikénoma (1)
Quel que soit le caractère sous lequel est écrite Vaplie, il acquiert une valeur de deux temps. Vaplie s'écrit sous tous les caractères, excepté le§ kentimata, parce que ce caractère a une valeur qui ne saurait excéder un temps. Quand sous un caractère se trouve Vaplie double, triple ou quadruple, etc., la valeur du caractère s'accroît d'un nombre de temps correspondant.
La diplie, la triplie, Vaplie quadruple, etc., s'écrivent dans tous les cas où Ton emploie Vaplie. Quand elle se trouve écrite en dehors des caractères et jointe à une baria, Vaplie représente un silence d'un temps, la diplie, un silence de deux temps, la triplie, de trois, etc.
Le klasma a la valeur d'un temps et se place sur tous les caractères, excepté Vhyporrhoé et les kentimata. En effet, Vhyporrhoé reçoit Vaplie au lieu du klasma. Quant aux kentimata, leur valeur ne peut excéder un temps. .
Lorsqu'un caractère est surmonté du klasma, la note qu'il représente acquiert une valeur de deux temps, et, dans l'exécution, il faut que la voix ondoie en quelque sorte.
J-e gorgon a pour effet de décomposer le temps en deux parties : moitié pour le caractère sur lequel il est placé et moitié pour le caractère précédent. Donc, lorsqu'on veut exprimer que deux sons
(1) Voir au chap. des kypostases qui n'expriment pas la mesure.
ne dépensent qu'un (emps, on place le gorgon sur le second caractère:
Quand on veut exprimer que trois sons dépensent un seul lèmps, on emploie le double g'org'on |J" et on le place sur le second caractère :
Quand on veut que quatre sons ne dépensent qu'un temps, on emploie le triple gporg^on ^ et on le place sur le second caractère :
et ainsi de suite.
Quand un caractère a le gorgon en dessus et Vaplie en dessous, le gorgon agit le premier et ensuite Yaplie :
nj
Il en est de même lorsqu'un caractère est affecté du double gorgon ou du triple gorgon soit avec Yaplie, soit avec la diplie.
rpj rpj jmj nnj
Mais, quand Vaplie et le gorgon sont au-dessus, il faut distinguer si Yaplie est devant ou derrière le gorgon.
Rappelons d'abord que si le gorgon est placé seul sur Voligon ^^mmm JLmm ,
(1) Dans cet exemple et dans ceux qui suivent jusqu'à la fin du chapitre, nous traduisons les valeurs sans nous préoccuper des sons.
il a pour effet de diviser le temps en deux : un demi-temps doit être attribué à Yoligon, et un demi-temps à Vison.
Lorsque Vaplie est placée à g^auche du gorgon, le temps est divisé en trois parties : Vison prend deux tiers du temps, et Voligon le dernier tiers :
Quand Vaphe est à droite du gorgon. Vison prend un tiers du temps et Voligon deux tiers :
Lorsqu'une diplie se trouve placée à g*auche du gorgon, comme il suit, le temps est divisé en quatre parties : Vison prend trois quarts du temps, et Voligon un quart :
Si, au contraire, la diplie est à droite dix gorgon, Viso?i prend un quart du temps et Voligon trois quarts :
Quand le double gorgon est placé ainsi, il divise le temps en 3 parties et chacun des trois sons en prend un tiers :
Lorsqu'une aplie est placée en avant du premier gorgon, elle divise le temps eh quatre parties : la première apostrophe prend deux quarts du temps et les deux autres sig^nes chacun un quart :
Quand ïaplie est placée devant le second ^or^ow, le premier son vaut un quart, le deuxième deux quarts, et le troisième un quart :
Si Yaplie est placée derrière , alors les deux premiers sons valent chacun un quart et le troisième vaut deux quarts :
Quand une diplie est placée avant le premier gorgon, le temps est divisé en cinq parties : le premier son prend \ et chacun des deux
autres § :
Si la diplie est placée avant le second gorgon , le premier son dépense § du temps, le second g et le troisième g :
Si la diplie est placée après le second gorgon^ les deux premiers sons dépensent chacun \ et le troisième son dépense | :
Une division analog'ue du temps a lieu, lorsqu'il se trouve une aplie ou une diplie sur le triple ou le quadruple gorgon ; dans ce cas on devra toujours tenir compte de la position occupée par Vaplie ou la diplie relativement au gorgon triple ou quadruple.
C'est ce qu'on verra dans le tableau suivant :
it n
^ EjU* ^-^
(1) Cette martyrie indique que la dernière note du groupe est un si.
Vargon vaut un temps. Il se superpose à Votigon surmontant les kentimata ^^^L. . Dans, ce cas les kentimata avec Yoligon valent un temps, et Vargon un autre temps. Le gorgon, on le voit, est là sousentendu, puisque les deux caractères, Yoligon et les kentimata, ne dépensent qu'un temps à eux deux.
Si Vargon est doublé de cette manière S , alors on compte trois temps en tout : un temps pour les deux caractères pris ensemble et deux temps pour le double argon.
Si Ton se sert du triple argon "S , alors on compte en tout quatre temps, et ainsi de suite.
Le silence s'exprime au moyen de deux sig*nes ou hgpostases, dont l'un est a^povov (qui n'exprime pas la mesure) et dont l'autre est lyj^povov (qui exprime la mesure). Ces 2 signes sont la baria et Vaplie. Combinés, ils forment le sig*ne \^ qui exprime un silence d'un temps. Si on met une diplie, le silence est de deux temps, une triplée, de trois temps, etc.
Dans le cas où il y a un gorgon au-dessus du silence, le temps se divise en deux. Pendant la première partie du temps on prolonge le son précédent, pendant la seconde partie du temps, il y a silence (1).
(i) Dans la traduction de cet exemple et des deux exemples qui suivent, nous avons représenté le S071 p7'écédenti qui est sous-entendu dans la notation grecque : dans celle-ci il n'y a qu'un temps d'exprimé, dans notre traduction il y en a deux.
Quand on veut réduire la durée du silence au quart du temps, on emploie le signe :
Le sig*ne qui exprime le contraire est celui-ci :
Dans ce cas, le prolongement du son précédent ne dure qu'un quart de temps et les trois autres quarts sont remplis par le silence.
Toutes les règles données pour la division du temps s'appliquent à la division du silence.
La croix (<jTaupo;} signifie que le chanteur doit respirer entre deux sons (1).
DES HYPOSTASES QUI n'eXPRIMENT PAS LA MESURE (<77)(jLeta ÛTToaTaTtxà ajj^pova).
Ces hymstases expriment la manière dont il faut émettre les sons; c'est ce qui les a fait aussi appeler tropiques. Elles sont au nombre de six :
La baria (papeia) \
Vomalon (ofjiaXov)
Uantikénôma (àvTtîcévci)(jLa)
Le psiphiston (^yiçkjtov)
Uhétéron ou syndesmos {ht^av yi ouvSecp!:). . \J endophônon (ev^oçwvov)
(i) Ce signe semble placé à tort par l'auteur parmi les hypostases qui exp^Hment la mesure.
Ces hypostases ont pour but d'indiquer de quelle manière le son doit être émis.
Quand la baria est placée devant un caractère, la note qu'exprime ce caractère doit être émise avec une certaine lourdeur, de manière à trancher sur la note précédente et sur ,1a note qui suit.
Ce signe se place devant tous les caractères excepté les kentimata.
Souvent on l'emploie pour la consù^uction d'une ligne (2), comme dans l'exemple suivant :
^^ »■ " ■ y li ^ 1^ 3 ■
Uomalony placé sous un caractère, doit produire une fluctuation de la voix dans le larynx, quelle que soit l'acuité du son ; il s'écrit sous tous les caractères excepté les kentimata, \apetaste et Vhyporrhoé.
(i) Cette martyrie représentant un sol, la pétaste, qui est le premier caractère, représente un la,
(2) Nous avons prié un savant grec, M. TriantafilUdis, de nous expliquer ce passage, dont le sens est une énigme, non pas seulement pour nous, mais pour les maîtres orientaux contemporains. M. Triantafillidis nous a répondu qu'on ne pouvait l'expliquer autrement que par des hypothèses. Voici celle qu'il propose et qu'il nous a formulée dans les termes suivants : « Le mode d'écriture qui a précédé le système actuel était encore assez sténographique. On employait quelques groupes de signes pour exprimer toute une série de sons constituant une cadence, une plii*ase, trait ou ligne. Peut-être la baria faisait-elle partie d'un de ces groupes : alors le passage cité serait la ligne même donnée en analyse, car roffet de la baria s'y fait entendre deux fois. Cette hypothèse serait presque une vérité, si Chrysanthe, au lieu de dire «on l'emploie », avait dit « 07i remployait ».
(3) Le bànol n'est pas exprimé ici, dans la notation byzantine, par un signe particulier dont l'évidence frappe les yeux comme dans l'écriture européenne. Il n'est indiqué au lecteur que par la connaissance que ce dernier doit avoir du mode dans lequel le passage est écrit et des intervalles que l'échelle de ce mode implique.
La marfy ne placée au commencement de cet exemple représente un fa; Vison, étant le premier caractère, doit donc produire un fa.
Vanti/cénoma placé sous Voligon avec un caractère descendant placé à la droite de Voligon de cetle manière .,5' -! — veut que la note exprimée par YoHgon soit lancée en quelque sorte.
Lorsque sous Vanti/cénoma lui-même se trouve une aplie, une diplie ou une triplie, avec un caractère descendant placé à droite, alors le son exprimé par V apostrophe doit être enchaîné et lié avec le son précédent :
Vantikénoma se place sous lous les caractères, excepté les kentimata; à la droite de tous, excepté de Vhyporrhoé.
Le psiphiston exigée que Ton profère avec vig'ueur le son des caractères sous lesquels il est écrit; il se place sous Vison et sous tous les caractères ascendants, excepté les kentimata; il se met à g^auche des caractères descendants.
te
TT
Uhétéron lie les caractères ascendants avec les caractères descendants et Vison avec Vison ou V apostrophe, Vélaphron et la chamile avec Vison.