CHAPITRE XXtl , XXIII
tu péché qui Fa versé , — les anciens s'excusent an plaidant Fignorance de ce, qui avait été fait. Il en sera de même quant à Israël ; toutefois il n'y a que le sang de la génisse qui n'a jamais porté de joug , qui puisse effacer le péché. Ainsi , la culpabilité du sang innocent sera ôtée de dessus Id peuple. Les directions qui suivent sont bien des directions 'pratiques pour Israël ; mais il m'a semblé aussi y voir des principes de Dieu envers son peuple. Ainsi, Israël sur la terre et FÉglise dans le ciel , ont été l'un et l'autre le vrai premier-né que Dieu ne veut pas déshériter. Et le fils rebelle présente aussi Israël dans sa désobéissance finale à Dieu,
Le chap. XXII renferme des ordonnances établies pour empêcher le peuple de manquer à la hienveillance et à la miséricorde , et le garder de ce qui nuirait aux sensibilités de la nature, en tendresse ou en pureté. De même aussi , tout mélange est défendu dans le labourage et dans les semailles. Les mêmes égards sont exigés en faveur des femmes , qui sont protégées contre le déshonneur que pourrait leur faire lin mari brutal et sans procédés , tandis que l'impureté e^t punie de mort. Ainsi (chap.XXIII), le peuple est instruit dans les^ sentiments qui lui convenaient selon Dieu , par rapport aux nations (eu égard àla manière de faire ie ces nations) en cas de guerre. Il est instruit iussi dans les convenances , quant à la pureté
WO^ BEUTÉRONOlie
du camp 9 puisque Dieu y était ; il est instruit dans la volouté de Dieu à l'égard de toutes sortes de choses , telles que le cas de Tesclave qui se serait sauvé de chez son maître , des choses moralement impures, de la vigne même d'un voisin, et, chap. XXIV, chose plus sérieuse, du divorce et de tout ce qui le regardait, de la délicatesse envers les pauvres , des gs^es des ouvriers , de ce qui restait à glaner pour les pauvres. L'esprit de toutes ces ordonnances est très -instructif, et la bonté et la tendresse de Dieu , qui daigne prendre connaissance de toutes ces choses et qui enseigne à son peuple la délicatesse , les convenances , cette considération d'autrui , ces sensibilités , ces égards qui , en ôtant la brutalité et en amollissant la dureté du cœur de Thomme, forment ses voies d'après cette charité dont TËsprit de Dieu se revêt lorsqu'il agit dans le cœur 4e l'homme. Ici, il est vrai, tout est imparfait. Il y a des choses qui sont supposées ici , et qui servent de base à ces ordonnances , que la pleine opération de l'Esprit de Christ ôterait entièrement: le divorce, par exemple , et d'autres choses supportées comme existant à cause de la dureté de leur cceur. Mm les limitations et les conditions que la loi de Dieu y apporte , mettent un frein à la méchanceté de cette volonté , qui en opprimant les autres s'endurcit elle-même. Le chap. XXV ajoate des ordonnances qui font suite à ce que
CHAPITAfi XXY 201
Dous avons déjà lu , en prenant garde qu'un de leurs frères ne soit pas déshonoré à leurs yeux , cju'aucune famille ne périsse du milieu de son 2>eupl6y en maintenant la pureté et la droiture. ^uant aux ennemis acharnés de Dieu et de sou ][>euple, Israël ne chercherait jamais leur paix. X'àmabilité humaine est souvent inimitié contre IDieu. Cette ordonnance est d*autant plus>em£u:- <Iiiable , que nous Vavons à la suite de tant d'au- "très qui veillaient à ce qu'on eût des égards même pour un oiseau. L'Éternel avait pris soin qu'un Égyptien pût trouver l'entrée de l'asseml>lée de Dieu ; mais ces affections devaient être en exercice envers les Égyptiens pour le bien de l'âme même des Israélites. Us ne devaient pas s'endurcir contre ceux au milieu desquels ils avaient été. Mais, épargner les Amalécites qui ve* naient à la rencontre d'Israël pour lui barrer le chemin et détruire les faibles d'entre ce peuple , c'était oublier ce qui était dû à Dieu qui le ramenait ; et , quant au peuple , cela aurait été l'indifférence du cœur au mal , et non l'épanché* ment d'une affection naturelle ; ce n'était pas non plus se rendre à ses souvenirs dont la charité pouvait se mêler en bien , en devenant l'oubli des maux faits autrefois. Là où il y a quelque noblesse de sentiments , des hommes qui se connaissent, tout en s'étant fait du mal, se connaissent toujours lorsque le mal est passé. Mais \l ^ ^ w\!k
â9â DBUTéRONOMË
esprit qui ne réclame rien sinon le dégoût : on ne fait que s'épargner soi-même et admettre cet ' esprit même dans le cœur, pour y participer, lorsqu'on le tolère. Il ne s'agit pas de juger , il s'agit de l'état de son propre cœur. L'éloignement de Dieu d'un Égyptien était reconnu ; mais s'il était rapproché de lui pendant trois générations, pourquoi serait-il tenu dans l'éloignement, pourquoi demeurerait-il étranger? Mais Amalec ne craignait pas Dieu ; il n'y avait rien qui le reconnût. Que pouvait-on y reconnaître donc ? Il faut introduire Dieu dans nos affaires, dans nos relations , et la charité , la fermeté , la justesse dans nos jugements se retrouveront toutes à leur place et se reproduiront dans toutes nos voies.
Pour clore cette suite d'ordonnances, nous avons (chap. XXVI) un tableau de toute beauté, du culte qui est à la suite de la jouissance de la terre, selon les promesses de Dieu, tableau rempli d'instruction pour nous aussi.
Premièrement, le grand sujet de ce livre y reparaît comme partout ; Israël se trouve dans la terre que Dieu lui avait donnée pour héritage.
Mais, pour le culte, il ne s'agit pas ici de s'approcher de Dieu dans le sanctuaire , par des sacrifices qui, supposant le péché, ouvraient le chemin pour que le peuple se trouvât dans la présence de l'Éternel. Il jouit de la promesse et se présente en adorateur, rendant des actions de