‹ Études sur la paroleChapitre 122 sur 126 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

Nous avons parcouru par la bonté de Dieu, les cinq livres de Moïse, qui nous ont présenté, d'un côté, les grands principes sur lesquels reposent les relations de rhomme avec Dieu et de Dieu avec rhomme, et de l'autre, la délivrance d'un peuple mis à part pour Lui, et toutes les conditions sous lesquelles il se trouve placé , soit sous la grâce , soit sous la loi , soit sous le gouvernement de Dieu établi sur lui par la médiation spéciale de Moïse.

Nous avons pu y examiner son histoire dans le désert , et le modèle présenté dans le Tabernacle des choses qui devaient être dites plus tard , les sacrifices et la sacrifiçature , moyens de relation avec Dieu accordés aux pécheurs , où manque, il est vrai, l'image de la parfaite liberté que nous avons de nous approcher de Dieu, le voile n'étant pas encore déchiré, niais où l'ombre des choses célestes se trouve placée

Nous avons parcouru par la bonté de Dien^ es cinq livres de Moïse, qui nous ont présenté, l'un côté, les grands principes sur lesquels repo^ »ent les relations de rhomme avec Dieu et de [)ieu avec Thomme , et de l'autre, la délivrance Tun peuple mis à part pour Lui, et toutes les auditions sous lesquelles il se trouve placé , loit sous la grâce , soit sous la loi , soit sous le gouvernement de Dieu établi sur lui par la nédiation spéciale de Moïse.

Nous avons pu y examiner son histoire dans 6 désert , et le modèle présenté dans le Tabernacle des choses qui devaient être dites plus ard , les sacrifices et la sacrificature , moyens le relation avec Dieu accordés aux pécheurs , m manque , il est vrai , l'image de la parfaite iberté que nous avons de nous approcher de Heu, le voile n'étant pas encore déchiré, mais à l'ombre des choses célestes se trouve placée

devant nos yeux avec un détail infiniment in« téressant. — Enfin » nous avons vu que Dieu ayant, à la fin du trajet , dans le désert , prononcé la justification définitive de son peuple , et fait reposer sur lui sa bénédiction malgré les efi*orts de ses ennemis , déclare sous quelles conditions le peuple retiendrait la possession de la terre et y jouirait de sa bénédiction ; enfin , quelles seraient les conséquences de la désobéissance , révélant en même temps ses conseils à l'égard de ce peuple, conseils qu'il accomplirait pour sa gloire. Ceci nous amène à la prise en possession de la terre de la promesse par le peuple sous la conduite de Josué.

Ce Livre est plein d'intérêt et d'enseignement, comme nous présentant en type les combats des héritiers des cieux avec les malices spirituelles dans les lieux célestes. Si l'Église est bénie de toutes bénédictions spirituelles dans les lieux célestes , c'était de bénédictions temporelles dans les lieux terrestres qu'Israël allait jouir. Il est facile de comprendre que si l'on peut avec raison employer le nom de Canaan comme expression figurée du repos du peuple de Dieu , il s'agit ici, non du repos même, mais des combats spirituels qui assurent aux vrais croyants la jouissance des promesses de Dieu. L'Ëpttre aux Éphésiens nous présente ce qui répond précisément à la position d'Israël dans ce Livre.

L'Église ayant été vivifiée et ressuscitée avec Jésus , c'est dans les lieux célestes qu'elle a ses combats; c'est là qu'elle rend témoignage, le témoignage de la sagesse infiniment diverse de Dieu. Josué représente donc Christ , non pas venant d'en haut en personne pour prendre possession de la terre « mais conduisant son peuple par la puissance de l'Esprit qui agit et demeure au milieu de ce peuple. Toutefois en Josué , ainsi que dans toutes les autres person- Des typiques , on retrouve les fautes et les péchés qui trahissent la faiblesse de l'instrument et la fragilité du vase où, pour le moment. Dieu avait daigné mettre sa gloire.

Appliquons-nous maintenant à l'étude de ce Livre. Le Chapitre I nous montre Josué mis à l'œuvre par l'Éternel, qui lui ordonne de passer le Jourdain pour entrer au pays qu'il a donné aux enfants d'Israël.

Ârrètons-nous un instant sur cette commission directe de l'Éternel. Moïse tient ici la place, non du médiateur vivant, mais de la parole écrite. Tout ce qu'il a commandé , l'ayant été de lapart de Dieu, était, il est évident, la parole de Dieu pour Israël. Josué est l'énergie qui lui fait posséder les promesses.

Premièrement, nous avons le principe de la prise de possession. La connaissance des limites assignées de Dieu, ne suffisait pas, Dieu les avait

tracées très-exactement 9 mais la possession était attachée à une condition. « Je vous ai donné tout lieu où vous aurez mis la plante de vos pieds. » Il fallait y aller, surmonter les obstacles avec le secours et par la puissance de Dieu , et en prendre possession de fait. Sans cela, ils ne posséderaient pas ; et, en effet , c'est ce qui est arrivé. Ils n'ont jamais pris possession de tout le pays donné de Dieu. Cependant pour la foi , la promesse était sûre. Nul ne pourra subsister devant toi tous les jours de ta vie. La puissance de TEsprit de Dieu , de Christ par son Esprit , vraie énergie du croyant, suffît à tout. Car elle est, en effet, la puissance de Christ lui-même, qui a toute puissance. Aussi, la promesse de n'être jamais délaissé ni abandonné , conservait toute sa force. Voilà, dans le service du Seigneur, sur quoi Ton peut compter : — sur une telle puissance de sa présence que nul ne subsistera devant son serviteur, puissance qui ne l'abandonne jamais.

Vient ensuite au verset 7 l'exhortation de l'Éternel. « Seulement fortifie-toi et te renforce de plus en plus , afin que tu prennes garde de faire selon la loi que Moïse, serviteur de Dieu (titre qui lui est toujours donné ici) , t'a ordonnée. » La force et l'énergie spirituelle, le courage de la foi sont nécessaires, pour que le cœur soit hhre des influences, des craintes et des mo-

tifs qui agissent sar Thomme naturel , et qu il puisse faire altention à la parole de Dieu.

Rien de si déraisonnable dans le monde que la marche présentée dans la Parole , rien qui nous expose comme elle à la haine de sou prince. Si donc Dieu n'est pas avec nous, rien de si insensé ; s'il y est, rien de si sage. Si Ton n'a pas la force de sa présence , on n'ose pas prendre garde à sa Parole , et dans ce cas il faut bien se garder de commencer la guerre* Mais ayant le courage qu'inspire la toute-puissance de Dieu par sa promesse , on peut pren-dre la bonne et précieuse parole de notre Dieu ; ses préceptes les plus sévères ne sont que la sagesse pour discerner la chair et une direction pour la mortifier; de sorte que la chair ne nous aveugle ni ne nous entrave. Le chemin le plus difficile, celui qui nous mène aux plus rudes combats , n'est que le chemin de la victoire et du repos , nous faisant avancer dans la connaissance de Dieu. C'est le chemin dans lequel ouest en communion avec Dieu^ Lui qui est la sourpe de toute joie; ce sont les arrhes et l'avant-goût du bonheur éternel et infini.

Si seulement cette parole du Dieu souverain se fait entendre, «ne t'en détourne, ni à droite, ni à gauche , afin que tu prospères partout où tu iras» , quelle joie pour celui qui, par la grâce , se met en avant pour faire l'œuvre de Dieu !

Puis rËternel l'exhorte à l'étude assidue de ce Livre de la loi, «alors son serviteur rendrait heureuses ses entreprises. » Voilà donc les deux grands principes de la vie et de l'activité spirituelles. 1^ La présence assurée de la toute-puissance de Dieu, de sorte que rien ne pourra subsister devant son serviteur. 2° La réception de sa Parole, la soumission à sa Parole, l'étude assidue de sa Parole , la prenant pour guide absolu du chemin, ayant le courage de le faire à cause de la promesse et de l'exhortation de Dieu. En un mot , l'Esprit et la Parole sont le tout de la vie spirituelle. Munie de cette force, la foi va en avant , fortifiée parla parole encourageante de notre Dieu. On ne saurait séparer l'Esprit et la Parole , sans tomber dans le fanatisme d*un côté, ou dans le rationalisme de l'autre, sans se mettre hors de la dépendance et de la direction de Dieu. La raison s'emparerait des uns , l'imagination des autres.

Au reste, rien de plus Imaginatif que . la raison dépourvue d'un guide! Enfin, l'ennemi des âmes s'emparerait des uns et des autres. On aurait Yhomme sous son influence , à la place de Dieu. Triste échange dont l'incrédule se console en se flattant qu'il n'y a rien au-delà de sa portée , parce qu'il réduit tout aux limites de sa propre intelligence. J'avoue que rien ne me parait plus mesquin que cette incrédulité

qui prélend qu'il n'y a rien dans la sphère morale et intellectuelle au-delà des pensées de rhomme, et qui refuse à l'homme la capacité de recevoir des lumières d'une intelligence plus excellente, seule chose qui élève Thommè audessus de lui-même tout en le rendant moralement excellent , en lui donnant de l'humilité par le sentiment de la supériorité d'un autre.

Béni soit Dieu de ce qu'il s'en est trouvé qui ont profité de la grâce qui a communiqué à l'homme de sa sagesse parfaite! Lors même que le vase imparfait qui l'a reçue en a altéré un peu les traits et la perfection , néanmoins ils en ont profité pour se mettre à leur place. Heureuse place devant la présence de Celui dont la connaissance est la joie infinie et éternelle!

Il y a encore une règle pratique importante à reconnaître dans ces paroles ^ 1.9 : Ne t'ai- je pas commandé ? Si l'on n'a pas la conscience de faire la volonté de Dieu, si, avant de commencer d'agir, on ne s'en est pas assuré auprès de Lui, jamais on n'aura de courage dans l'exécution. Peut-être bien que ce qu'on fait est la volonté de Dieu , mais n'en ayant pas la conscience , on agira avec hésitation, sans courage et sans joie ; on reculera devant la moindre objection. Tandis que lorsqu'on est assuré d'être dansla volonté de Dieu, et qu'il a dit : Ne t'ai-je pas commandé? rien par la grâce ne saurait nous

effrayer. J'ajoute cependant un mot, ou plutôt j'attire l'attention du lecteur sur ce que Dieu dit. Car bien que le commandement de Dieu ibspireun courage qu'on n'aurait pas eu sans cela, aucune révélation n'est par elle-même laforce pour agir; mais Dieu ajoute: «Ne t'épouvante point et ne t'effraie de rien, car l'Éternel ton Dieu est avec <oe partout où tu iras.» Nous avons dans le Nouveau Testament un exemple frappant du principe dont je viens de parler. SaintPaul monte dans le troisième ciel, ouil entend des choses dont il n'est pas permis à l'homme de parler. Est-ce que cela a été sa force dans le combat? Sans doute cela donnait à ses vues une portée intérieure qui réagissait sur toute son œuvre , mais ce n'était pas sa force dans l'œuvre. Au contraire, cela tendait à alimenter la fausse confiance de la chair. Au moins la chair en aurait profité pour s'enorgueillir. Dételles révélations rendaient l'humiliation nécessaire , et amenait de la part de Dieu, non de nouvelles grâces (quoique tout fût grâce), mais ce qui humiliait et rendait l'Apôtre infirme et méprisable (1) selon la chair. Alors

(1) Une vaine curiosité cherche quelle pouvait être cette écharde. Peu nous importe ce que c'était. 11 y aurait une écharde différente pour chaque cas où Dieu trouve bon d'en envoyer. Ce sera toujours quelque chose de propre k humilier celui quienabesoîa. Il suffît

étant faible , la force lui est donnée autrement : non dans Temploi, ni dans la conscience des révélations , cela l'aurait rendu faible en prè* tantà l'élévation de la chair ; mais dans la grâce et la force de Christ qui agissait dans cette infir-mité. Là était sa seule force , et il se gloriiSe de cette infirmité dans laquelle la puissance de Christ s'accomplissait en lui , qui était Tocca-* sion de la manifestation de cette puissance et qui, en démontrant que Paul était faible, démontrait que Christ lui-même était dans l'œuvre avec Paul. Il nous faut toujours une force immédiate de Christ , agissant de sa part , force qui s'accomplit dans l'infirmité, pour faire son œuvre, force constante ; hors de lui nous ne pouvons rien. Souvenons-nous de cette vérité. Je n'ajoute qu'un mot sur la fin du Chapitre. Il est des chrétiens (je ne puis dire approuvés de Dieu) qui s'arrangent en deçà du Jourdain , c'est-à-dire, delà puissance de la mort et de la résurrection appliquées à l'âme par l'Esprit de Dieu. Le territoire où ils s'établissent n'est pas l'Egypte ; il est après la mer Rouge ; il est

pour notre instruction spirituelle de savoir par la Pa-« rôle , que c'était, quant à Paul, une infirmité qui tendait à le faire mépriser dans sa prédication. ( Voy. Gai. IV, 14.) Le but de Dieu dans une telle épreuve est trop évident à toute âme spirituelle , pour qu'il soit nécessaire d*y insister.

dans les limites du pays d'Israël ; hors d'Egypte et en deçà de TEuphrate , fleuve babylonien. Mais ce n'est pas Canaan. C'est un pays qu'ils ont choisi pour leur bétail et pour leurs possessions ; ils y établissent leurs enfants et leurs femmes. Ce n'est pas Josué qui a conquis ce pays-là; ce n'est pas le lieu du témoignage de la puissance de l'Esprit de Dieu , ce Canaan qui est au-delà du Jourdain. Cependant, lors même qu'on peut y placer ses enfants et les siens, il faut, bon gré, mal gré, que les hommes de guerre prennent part aux combats des enfants de Dieu, qui ne veulent du repos que là où se trouve la puissance de Dieu, c'est-à-dire en Canaan, dans les lieux célestes, tous les ennemis en ayant été chassés. Aussi lorsque le péché d'Israël , et la faiblesse qui en était la suite , ont exposé le peuple aux attaques triomphantes de leurs ennemis, des ennemis de Dieu, ce pays est tombé le premier en leur pouvoir. «Ne savezvous pas que Bamoth de Galaad est à nous, » n'a pas porté bonheur au peuple mécontent de sa perte. Pour le moment tout allait bien, c'est-àdire , aussi longtemps que Ruben , Gad et la demi-tribu de Manassè demeuraient sous l'autorité de Josué , et que , par lui , la puissance de Dieu conduisait le peuple. Eux aussi disent à Josué, ce que Dieu lui avait dit : Fortifietoi et te renforce.

Que de fois au milieu des enfants de Dieu il s'introduit une marche ou un principe inférieur à l'excellence de l'œuvre qui se fait dans l'intention de Dieu , qui aussi longtemps que la puissance de Dieu agit selon cette intention, ne se dégage pas , pour ainsi dire, de l'œuvre, pour se mettre en relief et y produire de l'affliction et du malaise! Mais, lorsque le fleuve divin baisse à la suite de l'infidélité de l'homme, alors paraissent des fruits amers , des pertes spirituelles , de la faiblesse, de l'amertume de cœur, de ces divisions qui résultent de l'impossibilité de concilier ce qui est spirituel avec ce qui est charnel , et de conserver un témoignage spirituel ea se conformant à la marche du monde. Or, ce témoignage est au-delà du Jourdain. Que les deux tribus et demie suivent ce chemin, à la bonne heure ; mais on ne peut sortir de Canaan pour prendre place avec elles. Hélas 1 ces belles prairies propres à nourrir le bétail , n'ont trouvé que trop de Lot et de tribus d'Israël pour s'y arrêter en pure perte. Les bas-fonds qui se rencontrent dans notre voyage chrétien se traversent sans danger peut-être à la marée haute , mais lorsque la marée est basse , il faut des pilotes habiles pour lés éviter et flotter toujours dans le plein courant de la grâce de Dieu , dans le lit qu'elle s'est creusé elle-même, et pour ellemême, mais il en est un sûr et constant, et nous y

sommes en sûreté si nous sommes contents de le suivre. Dieu nous a donné ce qu'il faut pour cela. Peut-être faudra-t-ii se contenter d'une petite barque ; le pilote infaillible y sera.

Au premier moment Moïse n'avait pas été satisfait de la proposition des deux tribus et demie. La chose était permise sans doute. Mais en général les premières pensées de la foi sont les meilleures ; elles n'envisagent que les promesses, le plein eifet des promesses et des pensées de Dieu. Les considérations qui viennent après, ne se rapportent pas à cela.

Le Chapitre second contient l'histoire intéressante de Rahab. *

Qu'il est beau de voir la grâce de Dieu plaçant, dès le commencement, ses jalons pour que les yeux de la foi aient une direction sure à mesure que Dieu est obligé de rétrécir ses voies à l'égard de l'homme , et de se limiter dans ses relations avec lui , jusqu'à ce que le précieux sang de Christ ait donné à cette grâce tout son essor et sa liberté. Semence de la femme , semence d'Abraham, semence de David, cela se limite toujours plus. Les promesses même , quant au gouvernement de Dieu, font place à la loi , jusqu'à ce qu'un petit résida d'Israël devienne le vase , orgueilleux en proportion de sa misère , d'un encore plus petit résida de fidèles qui attendaient la rédemtption d'Israël . Et que

de pensées bornées , quoique vraies, se trouvèrent dans le cœur de ces précieux fidèles , au prix de Tattente d'un Abraham et des déclarations solennelles d'un Enoch ! Le Seigneur , toujours parfait, toujours précieux » a bien pu dire (on le comprend, quoique les profondeurs de son cœur aient été infiniment au-delà de notre courte sonde) : « J'ai un baptême dont il faut que je sois baptisé, et combien je suis pressé jusqu'à ce qu'il soit accompli! » Mais il y a toujours eu de ces jalons pour la foi. Si Dieu agit, il va au-delà des bornes qui limitent ses voies gouvernementales du moment , et dépasse ses relations établies avec les hommes. C'est ainsi que la nature divine de Jésus et les droits divins de sa personne se manifestent. Il n'est envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. Voilà les limites de ses relations formelles avec les hommes. Mais si la foi saisit la ■bonté de Dieu , est-ce que cette bonté peut se nier, ou se borner à ceux qui pour le moment servent de cadre à ses voies de gouvernement? Non, Christ ne saurait dire : Dieu n'est pas bon ; je ne suis pas bon comme vous le supposez. Comment Dieu se renierait-Il? La syrophénicienne obtient ce qu'elle demande. Précieuse prérogative de la foi qui sait connaître et reconnaître Dieu à travers tout , qui l'honore tel qu'il est et le trouve toujours ce qu'il est.

£q quoi se manifeste la foi de Bahab que TApôtre cite comme exemple? démonstration admirable que la manière dont Dieu agit en grâce est avant et au-dessus de la loi, que la grâce franchit la limite imposée aux hommes par la loi , tout en maintenant son autorité ; autorité toutefois qui ne se fait jour qu'en condamnation. Quelle est ,dis-je, celte foi de Râhab? C'est la foi qui reconnaît que Dieu est avec son peuple , tout faible et tout petit qu'il soit , ne jouissant pas de son héritage , errant sans patrie sur la terre , mais aimé de Dieu, Si Abraham a cru Dieu lorsqu'il n'y avait point de peuple^ Rahab s'est identifiée avec ce peuple, lorsqu'il n'avait autre chose que Dieu. Elle savait bien que l'héritage était à ce peuple ; elle comprenait, quelle que fut la puissance de ses ennemis, malgré leurs villes murées et leurs chariots de fer, que leur cœur s'était fondu. C'est toujours le cas des instruments de l'ennemi, quelles que soient, du reste , les apparences , lorsque le. peuple de Dieu est sous la conduite de l'Esprit de Dieu dans le chemin de l'obéissance que Dieu lui a tracé.

Ainsi, au milieu des gentils, cette pauvre pécheresse, membre méchant et méprisé d'une race maudite et vouée à la destruction, est sauvée , et son nom est un témoignage à la gloire de Dieu. Sa maison reconnue à cette marque

assurée, le cordon de fil écarlate, devient la retraite et la sauvegarde de tout ceux qui s'y retirent ayant foi à la parole donnée.

Maintenant le peuple va entrer dans la terre de la promesse. Mais comment y entrer? Voilà le Jourdain au plus fort de la crue de ses eaux, qui se présente comme une barrière devant le peuple de Dieu, gardant les domaines de ceux qui s'opposent à ses espérances. Or, le Jourdain représente la mort, mais la mort envisagée plutôt comme terme de la vie humaine et signe de la puissance de l'ennemi, que comme fruit et témoin du juste jugement de Dieu. Le trajet de la mer Bouge était bien aussi la mort, mais le peuple était là comme participant à la mort et à la résurrection de Jésus (en iSgure) comme accomplissant son rachat et le libérant pour toujours de l'Egypte, lieu de son esclavage, c'està-dire , de tout droit de Satan sur lui. C'est alors que le peuple entrait dans le pèlerinage du désert.

Le rachat, le salut parfait qui a été acquis parle précieux sang de Jésus, introduit le chrétien dans ce pèlerinage. Avec Dieu , il ne fait que traverser le monde comme une terre déserte, altérée et sans eau. Cependant ce pèlerinage , tout en étant la vie d'un racheté, n'est que la vie ici-bas. Mais , ainsi que nous avons vu, il y a la vie céleste , les combats dans les

lieux célestes qui se livrent en même temps* Quand je dis en même temps , je ne veux pas dire dans le même moment, mais dans la même période de notre vie naturelle en ce monde. Autre chose sont les moments où nous traversons ce monde fidèlement ou infidèlement dans les circonstances de chaque jour , sous rinfluence de Tespérance d'une meilleure patrie ; autre chose est de livrer des combats spirituels pour la possession des promesses et des privilèges célestes, comme des hommes déjà morts et ressuscites, comme n'étant absolument plus de ce monde. Ces deux choses se réalisent dans la vie chrétienne. Or , c'est comme mort et ressuscité en Christ qu'on est dans le combat spirituel. Pour faire la guerre en Canaan, il faut avoir passé le Jourdain .C'est donc la mort et la résurrection en Christ , considérées dans leur puissance spirituelle, non dans leur elBcace pour la justification du pécheur, mais dans leur réalisation pour sa vie dans les lieux célestes où Christ est entré. Lacoipparaison de Phil. III et Col. II et III montre la liaison de la mort et de la résurrection avec le vrai caractère de la circoncision de Christ. Dans Phil. III , le retour de Christ est introduit comme devant mettre la dernière main à l'œuvre par la résurrection du corps. Dans l'un et l'autre passage , il y a une application du moment actuel à la vie

céleste. Or , il y a séparation complète , même ici-bas , entre le pèlerinage et cette vie céleste. Cette dernière influe puissamment sur le caractère de notre vie de pèlerinage. Cette influence était absolue et parfaite dans le cas du Seigneur Jésus. Mais sa vie en relation avec les hommes , bien qu'expression toujours parfaite de l'effet de sa vie de communion céleste, était évidemment tout autre chose. La joie de la vie céleste détruisait absolument tous les motifs de la vie d'homme ici-bas, et amenant les souffrances de sa vie terrestre en relation avec l'homme , produisait la vie de patience parfaite devant Dieu. En lui tout était sans péché , mais sa joie elle-même était ailleurs. Dans le chrétien aussi, rien n'est commun entre ces deux vies. La nature n'entre nullement dans celle d'en haut. Dans celle d'ici-bas, il est des choses qui tiennent à la nature et au monde , non dans le mauvais sens du mot monde, mais en tant que création. Rien de cela n'entre dans la vie de Canaan. Christ seul a pu traverser la mort, épuisant sa force en se tenant là selon le sang de l'alliance éternelle , et a pu en ressortir selon la puissance de la vie qui était en lui , c(car en lui était la vie. » Il a frayé ce chemin. Il a fait de la mort une puissance qui détruit cette chair qui nous entrave , et une délivrance de ce qui en nous donne prise à l'en--

loiemi avec lequel nous avoDS à combattre étant dès-lors introduits en Canaan. G*est pour cela que TApôtre dit : « Toutes ch.oses sont à vous, soit la mort, soit la vie. » Or, tout vrai chrétien est mort et ressuscité eu Jésus; le savoir et le réaliser , c'est aulre chose. Mais la parole de Dieu nous présente les privilèges du Chrétien selon leur vraie force en Christ.

L'Arche de TÉternel passait devant le peuple qui devait laisser la distance de deux mille coudées entre elle et lui , afin qu'il connût le chemin où il devait marcher, car il n'avait pas cidevant passé par ce chemin-là. Qui , en effet, a traversé la mort avant que Christ , vraie arche deTalliance, ait frayé ce chemin?L'homme innocent etl'homme pécheur n'y pouvaient rien. Ce chemin leur était également inconnu , ainsi que la vie céleste qui en est la suite. Celle-ci est tout entière au-delà du Jourdain ; les scènes des combats spirituels n'appartiennent pas à l'homme dans la vie d'ici-bas. Toute l'expérience du désert , quelque fidèle qu'il soit , n'y entre pour rien, bien que les grappes de Canaan puissent encourager sa marche. Mais Christ a détruit pour les siens toute puissance de mort, en tant que puissance de l'ennemi et symbole de son empire; elle n'est que le témoin de la puissance de Jésus. C'est bien la mort, mais comme nous l'avons dit, c'est la mort de ce qui nous entrave.

J'ajouterai quelques courtes remarques. C'est 'e titre de Dominateur de toute la terre, que Tosué répète comme étant celui que Dieu prend ci ; car c'est en témoignage de cette puissante érîté que Dieu avait planté Israël en Canaan. Lussi II établira en puissance selon ses conseils e qui avait été placé entre les mains d'Israël» lour qu'il le gardât selon sa responsabilité. Ce lernier principe est la clef de toute l'histoire de a Bible, quant à l'homme, Israël , la loi et tout 56 dont elle s'occupe.

Ainsi ce Chapitre nous fournit des indices rès-clairs de ce dont Dieu assure l'accomplissement dans les derniers jours, lorsqu'il se montrera en effet dominateur de toute la terre, en Israël ramené en grâce par sa puissante efficace. Et il faut être attentif à ce témoignage rendu au but de Dieu en établissant Israël dans sa terre. Le temps de la moisson viendra et la force de l'ennemi débordera. Mais comme Chrétien on est déjà au-delà. La force de l'ennemi a franchi toute limite dans la mort de Jésus, et l'on ne dit pas maintenant : « Dominateur de toute la terre , » mais «c II à toute puissance dans les deux et sur la terre.

Remarquons encore comment Dieu encourage son peuple. Il faut combattre, il faut que la plante des pieds soit posée en chaque lieu de la terre de promesse pour la posséder^ et que dans les

combats on sente et la force de l'ennemi et l'entière dépendance de Dieu. Mais en combattant franchement pour lui, Il veut aussi qu'on sache que la victoire est assurée. Les espions disent à Josué: <c Certainement rÉternel a livré tout le pays entre nos mains, et même tous les habitants du pays ont perdu courage à notre vue.nVoilàce qu'on sait et ce qu'on éprouve par le témoignage du St-£sprit, si différent de celui de la chair, iqpporté par les dix qui étaient revenus avec Caleb et Josué.

Mais si l'on est introduit dans une vie qui est ati^elà de la mort par la puissance de l'Esprit de Dieu , en tant que morts et ressuscites en €hrist, il faut se souvenir de cette mort par laquelle on a été délivré de ce qui était en deçà d'elle, de la ruine de l'homme tel qu'il est et de la création déchue à laquelle il appartient . Douze hommes, un de chaque tribu, devaient apporter des pierres du milieu du Jourdain , du lieu oè les sacrificateurs s'arrêtaient de pied ferme avec l'Arche , pendant que tout Israël passait à sec. Le St-Esprit apporte avec lui , pour ainsi dire , le mémorial émouvant de la mort de Jésus » par la puissante efficace de laquelle il a fait tourner en vie et en délivrance tout l'effet de la force de l'ennemi de nos âmes. La mort monte avecnous du fond de la tombe de Jésus , non plus maintenant comme mort ; elle est devenue vie pour *

nous. Ce mémorial devait être placé à Goilgaly circonstance dont la force sera considérée dans le chapitre suivant ; nous ne nous arrêtons ici que sur le mémorial même. Les douze pierres poar les douze tribus présentaient l'ensemble des tribus de Dieu. Ce nombre est le signe delà perfection dans les instruments humains, en rapport ici comme ailleurs avec le Christ , comme dans le cas des Pains de proposition.

Ici encore l'Esprit nous assigne une place plus avancée, à nous Chrétiens. Il y avait douze Pains de proposition , et nous n'en formons qu'un seul dans notre vie d'union par le St- Esprit avec Christ notre chef , vie qui est celle dont nous parlons ici. Or, c'est sa mortqui nous est rappelée par le mémorial que nous a laissé la tendre bonté du Seigneur , qui daigne attacher du prix à notre souvenir de son amour. Je ne parle ici de ce mémorial que comme étant le signe de ce qui devrait toujours être une réalité. Nous mangeons sa chair, nous nous abreuvons de sa vie donnée pour nous. Étant un maintenant dans la puissance de notre union avec Christ ressuscité , morts au monde et au péché, c'est du fond du fleuve où II est entré pour en faire le chemin de la vie pour nous , de la vie céleste , que nous rapportons le précieux mémorial de son amour et du lieu où il a accompli son œuvre. C'est un corps rompu que

nous mangeoDS , un sang versé que nous bu^ Yons ; et c'est pourquoi le sang était absolument interdit à risraël selon la chair; car , comment boire la mort quand on est mortel? Mais nous nous en abreuvons, parce que la mort de Christ est notre vie , et c'est en réalisant la mort de ce qui est mortel que nous vivons avec lui. Le souvenir du Jourdain, delà mort lorsque Christ y était , est celui de la puissance qui a assuré notre délivrance dans la dernière forteresse de celui qui avait l'empire de la mort. C'est le sou* venir de l'amour qui y est descendu, afin que, quant à nous, elle perdit toute sa puissance, sauf pour nous faire du bien et nous être témoin d'un amour infini et immuable.

La puissance de la vie en résurrection ôte toute force à Satan. « Celui qui est né de Dieu se garde soi-même , et le Malin ne le touche pas. Dans notre vie terrestre , ayant la chair en nous , nous sommes exposés à la puissance de Tennemi , et la créature n'a pas de force contre lui , lors même qu'elle ne serait pas entraînée dans un mal positif. Mais si la mort est devenue notre abri , nous faisant mourir à tout ce qui donne prise à Satan , que pourrait-il faire ? Peut-il tenter un mort ou vaincre celui qui vit après la mort ? Or , si cela est vrai , le réaliser en pratique est nécessaire aussi. Vous êtes morts , c'est pourquoi mortifiez, >> (Co/.,

III. C'est là .ce que veut dire Guilgal. Il ne s'agit pas encore de prendre des villes » de réaliser les magnifiques promesses de Dieu.

Il faut auparavant la mortification de soimême. Avant de vaincre Madian , Gédéon a dû renverser Tautel qui était chez lui. Le désert n'est pas le lieu où s'accomplit la circoncision , lors même qu'on y a été fidèle. La circoncision est l'application de la puissance de l'Esprit à la mortification de la chair chez celui qui a part à la mort et à la résurrection de Jésus. Ainsi , Paul dit {Phil. III) : «Nous sommes la circoncision. » Quant à la vie extérieurement morale , il l'avait déjà. Avaitil ajouté la vraie piété à sa religion de forme , la vraie crainte de Dieu à ses bonnes œuvres? C'était bien plus que cela. Christ avait tout remplacé en lui : premièrement , en fait de justice, ce qui est le fondement; mais, de plus, l'Apôtre dit : «c'est afin que nous le connaissions , et la puissance de sa résurrection « étant rendus conformes à sa mort , pour avoir part à la résurrection des morts. » Aussi , est-ce en courant vers le but qu'il attend la venue de Jésus , pour accomplir cette résurrection , quant à son corps. Dans l'Ëpitre aux Colos* siens , chap. II , il nous parle de la circoncision de Christ. Est-ce seulement qu'il a cessé do pécher ( effet certain , au reste , de cette œuvre

de Dieu ) ? Non ; car pour décrire cette œuvr^ de Dieu , il ajoute : a Étant ensevelis avec Lui. par le baptême, en qui aussi vous êtes ensemble ressuscilés avec Lui par la foi de Tefficace d^ Dieu, qui l'a ressuscité des morts. » Les conséquences de la vie céleste se trou vent au Ch. III, V. i, qui est en rapport immédiat avec le verset que nous venons de citer. Aussi , l'œuvre estelle ici couronnée parla manifestation des Saints avec Jésus lorsqu'il paraîtra.

Notre Guilgal est au 5^ v. «Mortifiez donc.» -^On voit que c'est fondé surla grâce. Vous êtes morts, mortifiez donc. — Étant dans cette position, on la réalise. « Faites votre compte que vous êtes morts'», dit l'Apôtre (Rom.^ VI), en parlant du même sujet. C'est la force en pratique de la figure des pierres tirées du Jourdain. Elles étaient un signe de notre union avec Christ qui a été mort. Ressuscites avec Lui, nous pouvons nous dire déjà morts avec Lui: Lui, mort pour le péché, nous, morts dans le péché; Dieu nous a vivifiés avec Lui. Tout ce qu*Ila fait était pour nous. Associé avec Lui vivant , uni à Lui par l'Esprit , je m'approprie, ou plutôt , Dieu m'attribue tout ce qu'il a fait , comme si cela me fût arrivé à moi-même ; Il est mort au pëché , en Lui je suis mort au péché. Alors , je « mortifie » ; ce qu'on ne saurait faire comme étant encore vivant. Or , la

irconcision étant l'application pratique de ce [ui précède, on se souvient de lamort de Jésus, t la mortification s'accomplit par la grâce , [ans la conscience de la grâce. Autrement, ce ne erait que l'effort d'une âme sous la loi» et dans e cas on aurait une mauvaise conscience et »ointde force. C'est ce qu'ont essayé des moines incères ; mais la grâce , Christ et sa force l'étaient pas dans leur tentative. S'il y avait de a sincérité ; il y avait aussi la misère spiriuelle la plus profonde. Pour mourir, il faut la fie , et si nous avons la vie , nous sommes déjà Dorts en Celui qui est mort pour nous. C'étaient les pierres prises au fond du Jourdain qui étaient posées en Guilgal , et le Jourdain était léjà passé avant qu'Israël fut circoncis. Le soutenir delà grâce et de la mort comme témoipoage d'un amour qui a accompU notre salut , m s'occupant en grâce de notre péché, se trouvait là où la mortification devait avoir lieu. ]lhrist mort pour le péché, ep amour parfait» en efficace immanquable , est notre force pour nourir au péché. En chaque détail , il faut donc (6 souvenir qu'on est mort et se dire : Si je ^nis mort par la grâce, qu'ai-je à faire du péîhé, qui suppose que je vis encore ? C'est dans îette mort qu'est Christ dans la beauté et dans !a puissance de sa grâce ; c'est la délivrance même. Quant au progrès , l'Âpàtre dit : « Je

m'efforce de prendre , ce pour quoi j'ai été pris par Jésus-Christ.»

Ainsi, en étant mort et seulement ainsi ^ l'opprobre d'Egypte sera ôté. Tout signe du monde est un opprobre pour celui qui est céleste. L'homme céleste seul, qui est mort avec Christ, se débarrasse de ce qui tient à l'Egypte. Or, la vie de la chair y tient toujours; mais pour celui qui est mort et ressuscité avec Christ , et vivant d'une vie céleste , le principe de la mondanité est déraciné. Il y a dans la vie de l'homme un lien nécessaire avec le monde tel que Dieu le voit ; il n'y en a plus chez un mort. La vie d'un ressuscité n'est pas. de ce monde , elle n'a pas de lien avec lui.. Celui qui ^ possède peut le traverser et faire bien des choses que d'autres font. Il mange, travaille , souffre ; mais , quant à sa vie et à son but, il n'est pas du monde , comme Christ n'était pas du monde. C'est Christ ressuscité et monté en haut, qui est sa vie. Il mate sa ehair , il la mortifie ; car elle est de fait ieibas ; mais lui ne vit pets en elle. Le camp était toujours à Guilgal. C'est là qu'après ses victoires et ses conquêtes, se rendait le peuple, — armée de TÉternel. $i nous ne le faisons pas, nous serons faibles, la chair nous trahira et nous serons ^livrés à l'ennemi au moment dq combat ^ et oi^ême du con^bat ^inçèrenae^i^t q^-»

gagé dans Tieavre de Dieu. C*est à Guilgal qu*est élevé le monument des pierres du Jourdain ; car , si la conscience d'être mort avec Jésus est nécessaire pour pouvofr mortifier la chair, c'est dans cette mortification qu'on parvient à connaître ce que c'est qu'être ainsi mort. On ne réalise pas la communion intérieure ( je ne parle pas maintenant de la justification), la douce et divine jouissance d« ta mort de Jésus pour nous, avec une chair non mortifiée. Cela ne se peut pas. Maià , si l'on revient à Guilgal, à la mortification bénie de notre propre chair, on y trouve toute la douceur (et elle est infinie) , toute la puissante efficace de cette communion avec la mort de Jésus, avec l'amour qui s'y est manifesté. Ainsi nous n« restons pas dans le Jourdain ; mais il reste dans le cœur tout ce qu'il y a de précieux dans cette œuvre magnifique , œuvre que les Anges désirant sonder , f|ui est pour nous , et que Christ nous approprie dans son amour. Il se trouve avec nous à Guilgal , endroit sans apparence ni victoire qui ait de l'éclat devant les hommes , mais où Celui qui -est la source de toute victoire , se trouve dans la force et la communion qui nous rendent capables de vaincre.

Mais il y avait encore douze pierres posées au milieu du Jourdain ; et , en effet , si nous aig-

Nous en mangeons, comme étant son peuplera» cheté , dans la jouissance.de cette position dans le pays de promeâse et de Dieu , pays qui nous appartient à la suite de ce rachat et de notre résurrection avec Christ. On ne jouît ainsi de la mort de Jésus (|u*au-delà du Jourdaih , étant ressuscité avec Lui. Alorà , en paît , dans sa communion et avec un sentiment ineffable d*ac* tîon de grâces , on revient à la mort de l'Agneau , on le contemple , on s*en nourrit ; lé bonheur et Tintelligeiice célestes ne font qu'ajouter à son prix.

Dès le lendemain de la ^àqûe , lé peuple mangea du crû du pays. Ainsi ressuscites et assis dans les lieux célestes , ce sont les choses d*en haut qui nourrissent et entretiennent Tàme dans la vigueur et dans la joie (1). Dès-lors aussi , la manné Cesse. Ceci est d'autant plus remarquable, que Christ, nous le savons, est là Vraie manne ; mais Christ ici-baS , Christ selon la chair. Je contemplé aveô adoration Jésus (Dieu manifesté en chair) , je nourris mon âme

(I) Ro nafquonâ akissî que la simplicité et la siucérite chrétiennes • là sainteté pratique de la vie chré** tienne , le pain sans levain (qui se mangeait le lendemain de Paque] est une chose céleste* Rien en deçà du Jourdain ne peut Tètre. C'est du crd de ce pays-là ; aussi se lie-t-il à Jésus et k li paix de sa morti comm« è une chose qui précède.

<Aes attraits puissants d<3 sa grâce dans son hiîtniliation, mats dans cet état, il restait seul. Le igrain de froment doit tomber dans la terre et y "mourir , ^inon il reste seul. Mais , tout en connaissantt^e qu'il a été , c'est un Christ assis làliant , qui est mort et ressuscité , que je connais maintenant. C'est à ceci que Paul fàtf allusion , lorsqu'il dit : t< Si nous avons connu Christ selon la chair , nous ne le connaissons plus ainsi maintenant. » Le mémorial de sa mort dont nous avons parlé, est bien sans doute la base de tout. Rien de plus précieux. Mais c'est maintenant à un €hrrst céleste que •nous avons affaire. Nous contemplons, en cherchant à l'imiter, ce précieux modèle qu'il nous a donné comme homme céleste sur la terre. •Nous trouvons nos délices dans la contemplation •de toute sa grâce icb-bas ; mais notre communion est avec un Christ dans le ciel. Et le Christ quB nous connaissons sur la terre est un Christ céleste, et non un Christ terrestre, comme les Juifs le connaîtront plus tard. En traversant le désert (et nous le traversons). Christ, comme manne, nous est infiniment précieux. Son humiliation, sa grâce nous consolent, nous ^soulagent et nous soutiennent. Nous sentons qu'il a passé par les mêmes épreuves , et le <;œur est soutenu par cette pensée , que ce même Christ est avec Dous. C'est le Chrisl dû\vV.\w^Ms

sainteté est compromise par les souillures , la négligence et rinsouciaDte légèreté des sieos , par le manque du sentiment qui convient à la présence de Dieu lui-même; car c'est Dieu luimême qui est là.

Dans le Chap. VI , nous trouvons les prîn* cipes sur lesquels sont basées les conquêtes dés Israélites. L'œuvre est tout entière de Dieu, Il peut bien exercer sou peuple dans le combat, mais c'est Lui qui fait tout. Chacun monte devant soi. Il y a là soumission à l'emploi des moyens , consentement à suivre une marche ridicule et sans but aux yeux du monde, mais qui proclame hautemeïil la présence de TÉternel au milieu de son peuple, une entière dé-^ pendance de Dieu^ une parfaite confiance en Lui, qui déclare en face de tous qu'on n'a à faire que ce qu'il dit.

La promesse est sure, on agit en obéissance. Voilà le principe. Josué , type de l'énergie et de l'intelligence du St-Ësprît dans un homme qui jouit de la communion du Seigneur , est assuré de la réussite, et dans cette conviction de foi ilagitsans hésitation. ElTectivement toute la puissance de l'ennemi tombe sans l'emploi d'au- €un moyen dont il puisse se rendre compte. Un autre principe, c'est qu'il ne peut y avoir aucune communion quelconque avec ce qui fait kipaîssance de l'ennemi de Dieu, avec le monde

et ce qui en fait la force. Tout est interdit. Il en est de même avec nous dans ce monde. Si le monde de Sodome enrichit Abraham , il est dé-^ pendant de ce monde; il lui doit quelque chose; il n^en est pas libre pour être entièrement à Dieu. Si Ton prend deTinterdit, où devient interdit. Dieu peut employer ces choses en se les consacrant, s*il le veut. Mais si Thomme , si le chrétien s'en mêle, il est en interdit. Les murs qui montent jusqu'au ciel, les plus gran« îles difficultés ne sont rien; mais la sainteté, la séparation complète du monde, parce que la puissance est de Dieu, voilà ce qui est la con-* dition de la force. Jéricho, expression de la force et des armes de l'ennemi, entant quepre* mière ville placée comme barrière pour arrêter la marche du peuple de Dieu, est mise pour toujours en interdit, et un jugement est pro-* nonce contre celui qui la relèverait. (Voyez 1 Rois y XVI, 34v) Les principes abstraits de la force de Dieu et de la puissance de l'ennemi , sont présentés par cette ville dans leur évidence et leur contraste. Or, si Dieu est là, et le monde entièrement condamné , sa grâce retire de ce monde un peuple qui par la foi est sauvé de ses abominations.

Le Chap. VU expose les principes du gouvernement de Dieu ou ses voies au milieu de son peuple engagé dans le combat. La victoire

tort simple. «Israël apéchë.o L'homrntB, mèroe ^elui qui est spirituel, regarde aux effets , parce qu'ils 'e louchent de près , tout en reconnaissant la puissance de Dieu et le lien entre Lui et son peuple. Mais Dieu regarde à la cause et eu même temps à ce qu'il est. Il est amour , il est vrai ; mais 11 ne veut pas sacrifier les principes de son Être même, ni ^e renier luimême dans les relations qui sont fondées sur ce qu'il est. Sa gloire est certainement liée par )a grâce au bien-être de son peuple. Mais II saura la revendiquer et même bénr son peuple Il la fin , $ans compromettre ces principes. Ce ïie serait pas main tenir sa gloire au milieu de son peuple , s'il permettait en lui des choses contraires 4 son caractère essentiel et usait de sapuîssance pour les maintenir dans un état qui renierait sa nature. La relation serait faussée et Dieu lui-même compromis ; chose absolument impossible. Il y a du péché, et la force de Dieu ne s'y trouve plus ; car Dieu ne veut pas s*identifier avec le péché. Et souvenonsnous ici , qu'il y avait aussi dii péché dans la négligence qui allait en avant sans consulter Dieu. Le cri de Josué n^amène pas de suite la délivrance ; mais premièrement la découverte du péché, à l'égard duquel Dieu est très-précis el très*exact. Remarquez qu'il sonde tout et prend connaissance des plus petits détails,

^uand il s'agit du gouvernement de sonpeil-* pie. (Voyez le versel il de ceCh.VII.) Âu$si« Dieu ne dit pas : « Ils n*ont pas pu ; » mais « Ils ne pourront subsister. » Triste changement. Auparavant tï'était : « Nul ne pourra subsister devant toi. » IVlaintenaint ils ne pourront subsister eux-mêmes. Quand il ti'y a pas sainteté, Dieu laisse voir en pratique la fai* blesse de son peuple ; car il n'y a de force (ju'en Lu! , et Lui ne veut pas sortir avec eux, ni donner ainsi sanction et encouragement au péché. Cependant remarquions ici, que souvent Dieu ne retire pas tout de suite sa bénédiction de ceux qui ne sont pas fidèles. Il les châtiera d'un côté, et les bénira de l'autre. Il agit avec pMienc<* , Il les instruit dans sa grâce , Il ne les bénit pas là où le mal se trouve ; mais II agit avec urne tendresse admirable et une parfaite connaissance de cause , se donnant la peine , pour ainsi dire, de suivre l'âme en détail, selon son état et pour son bien ; car II est plein de grâce. Que de fois il attend ainsi la repcntance de son peuple ! Hélas î que de fois II l'attend en vain !

Mais ici , noirs avons le grand principe sur lequel II agit, comme en Jéricho sa puissance exercée en faveur de son peuple , manifestant que tout est entièrement de Lui. Un autre principe important nous est présenté ici. Le peuple

l^'hisloire de ce rétablissement du peuple danâ la faveur de Dieu. Hélas! Sinhar (Babylone) et l'argent commencent bientôt leur inQuence dans les voies du peuple de Dieu. Il les trouve chez ses ennemis, et le cœur rharnel les convoite» Remarquez aussi que , s'il y a fidélité et obéissance, Dieu ne manque jamais de montrer et d'ôter ce qui empêche la bénédiction de son peuple.

Le Chapitre VIK nous montre le retour d'Israël à sa force en Dieu.

Si tout le peuple a été compromis dans le péché, il faut qu'il soit rétabli dans la confiance d'une manière sensible, qu'il soit affermi, et que par conséquent il subisse ce qui est nécessaire pour son rétablissement. Il doit faire des expériences. On en éviterait beaucoup en marchant dans la simplicité et l'intégrité de la foi» Jacob en fil plus qu'Abraham, et c'est lors de ses infidélités qu'Abraham en a fait le plus, qu'il a fait au moins celles qui se présentent comme exercices sentis du cœur. Toutefois, Dieu s'en sert pour que nous apprenions ce que nous sommes et ce qu'il est; deux choses, si nous les ignorons , qui rendent les expériences nécessaires.

Le succès est maintenant certain; mais il faut que tout le peuple monte à l'attaque de cette petite ville qui , à en juger selon la force bu-

maine 9 poavait être prise par deux ou trois mille hommes. L'orgueil et la fausse confianee reçoiventici une sévère leçon. Que de peiueJosué doit se donner! Dresser une embuscade, feindre de fuir, tout cela pour prendre une petite ville,^ et pas beaucoup degloireaprès tout. Il faut plus de peine pour revenir dans te chemin de la bé* nédiclion, que pour se tenir loin du mal. Mais la simplicité de la confiance et sa vigueur naturelle ne se retrouvent qu'après toute cette peine.

Cependant la puissance de Dieu l'accompagne et tout réussit, quoique la manifestation de cette puissance ne soit pas telle qu'à Jéricho. Enfin, par la direction de Dieu, Josué étend l'étendard. Il ne parait pas que l'embuscade l'ail vu , ni que ce fût un signal convenu (1). Mais aussitôt qu'il est étendu , l'embuscade se lève, entre dans la ville et y met le feu. C'est ainsi que le Seigneur » agissant par son Esprit au moment opportun^ produit de l'activité en ceiix même qui ne savent peut-être pas pourquoi, à un moment donné, ils sont poussés en avant, et croient agir par des motifs qui leur sont propres , tandis

(1) Il parafl d'aufanl plus que ce D*était pa^ un signa! convenu el que cet ao(e a le sens que je lui donne ici » que Josué ne retira pas Tétendard , jusqu'à ce qu'on eèt entièrement défait les habitatits de Haï , k la façon de rinterdit; ce qui oe a*accorde pas avec l'idée d'un sina-» pic signai

i^sevelir le même jour. Car celui qui est pendu j»est malédiction de Dieu. C'est pourquoi tu ne » souilleras point la terre que TËternel ton Dieu » te donnera en héritage. » — La victoire d'Israël était complète. La malédiction pesait sur ses ennemis qui étaient les ennemis de Dieu. Ils étaient faits malédiction et signalés comme tels. Or, selon la foi de Josué, la terre était déjà tellement donnée à Israël de par rËternel, qu*elle ne devait point être souillée, de sorte qu*il ût descendre le corps mort de la potence pour qu'elle ne le fut pas en effet.

Le second fait, c'est que Josué bâtit l'autel sur la montagne de Hébal. Ayant pris possession de la terre comme terre consacrée , ils recon-^ naissent l'Éternel comme le Dieu d' Israël ^ eu l'adorant sur cette terre. L'Autel était là, comme témoignage et comme lien entre le peuple et rElernel qui lui avait donné le pays. En étudiant le Deutéronome, il a déjà élé fait mention de l'emplacement de cet autel; je n'y reviens pas. {Deut., XXVII. 4 — 8.) Je laisse au lecteur à juger si Josué eût mieux fait de dresser cet autel, aussiiât après avoir passé le Jourdain. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas toujours à Dieu que nous pensons' premièrement, lorsque nous jouissons des effets de sa puissance. C'est bien notre folie, soit pour ce qui concerne la joie , soit pour ce qui tieatà I4 sûreté,

Josué fait lire ici non-seulement les malédictions attachées comme menaces aux violations de la loi , mais aussi tout ce qui parlait des Toies de Dieu dans son gouvernement du peuple.

Mais si une telle position proclame les droits de Dieu et déclare la confiance du peuple , elle amène bientôt les combats. L'ennemi ne consent pas à ce qu'on s'empare du territoire qu'il a usurpé ,et à ce que tout soit envahi. Mais les ruses de l'ennemi sont plus à craindre que sa force, et même elles sont seules à craindre; car dans sa force il rencontre le Seigneur. Dans ses ruses il trompe ou cherche à tromper les fils des hommes. Si l'on résiste à l'adversaire, il s'enfuit; mais, pour parer à ses ruses, il faut toutes les armes de Dieu. Christ répond à ses ruses par la Parole, et lorsque l'ennemi se déclare, Il lui dit: «Va-t'en, Satan.»

Les habitants de Gabaon feignent d'être venus de loin. Les principaux d'Israël usent de la sagesse humaine, au lieu de consulter Dieu. Cette fois ce n'est pas confiance dans la force , mais dans la sagesse de l'homme. Les principaux, accoutumés à réfléchir et h diriger, sont plus portés à donner dans ce piège. Tout méchant qu'il soit, dans son incrédulité, le peuple, désireux du résultat, est souvent plus près de la pensée de Dieu , pour qui le résultat est sûr. Le doule s'est présenté à l'esprit des princi^

coDtieDi la leçoD instructive, que , quelles que soient nos victoires et nos conquêtes , il nous faut toujours revenir à la place qui nous con-^ vient devant Dieu, dans l'anéantissement de nous-mêmes ; à l'application de la connaissance que nous avons ^de Dieu, la résurrection de Christ nous ayant introduits dansle pays céleste; au jugement et à la mortification de la chair; à la circoncision spirituelle , qui est la mort de la chair par la puissance de la résurrection. Il y a un temps pour agir et un temps pour Tinac-^ tion en se tenant -devant Dieu pour que nous soyons propres à agir. L'activité , la puissance qui nous accompagne, le succès, tout tend à nous éloigner de Dieu, ou du moins à distraire noa cQBurs légers.

Mais le camp , le point de départ pour la vic-^ toire, est toujours à Guilgal. Ce n'est pas là que Tennemi nous attaque si nous sommes fidèles. Les attaques partent de notre côté , quels que soient les mouvements de nos adversaires.

Remarquons aussi que, malgré tous les man-i quements du peuple et de Josué, en résultat tout a bien tourné. Il y a eu des fautes , et ces fautes ont reçu leur châtiment , comme dans le cas de Gabaon et celui de Haï. Mais la marche du peuple étant fidèle au fond , Dieu fait tout concourir au bien. Ainsi, la paix avec Gabaon ijmène la victoire Sjir les rois qui l'attaquent*

Dans les détails, il y a sujet d'humiliation et de châtiments ; dans l'ensemble, la main de Dieu parait avec la dernière évidence. Il est rare que chaque pas de notre course soit un pas que la foi et la dépendance de Dieu aient dirigé. On s'en humilie justement; mais lorsque le but est celui du Seigneur, Il va en avant et conduit tout pour faire triompher son peuple dans cette sainte guerre, qui est la sienne.

Les victoires d'Israël appellent de nouveau la guerre sur lui; mais la confédération de ses ennemis ne sert qu'à les livrer tous ensemble entre ses mains. Si Dieu ne permet pas la paix, c'est qu'il veut la victoire. Ici un nouveau principe nous est présenté. Dieu ne veut absolument pas que le siège d'influence pour le monde le devienne pour son peuple, car son peuple ne relève que de Lui. La conséquence naturelle de la prise de Hatsor eût été d'en faire le siège du gouvernement, et un centre d'influence dans le gouvernement de Dieu , en sorte que cette ville fut pour Dieu ce qu'elle avait été auparavant pour le monde, car Hatsor avait été la capitale de tous ces royaumes. Mais c'est tout le contraire; Hatsor est détruite totalement. Dieu ne veut pas laisser une trace de l'influence qui auparavant gouvernait ; Il veut faire toutes choses entièrement nouvelles. La capitale et l'influence seront siennes, entièrement et exclusivement

eues chez les chrétiens! Mais le Saint-Esprit prend connaissance de cet état, en vue et par rapport à ce qui leur appartient de droit ; c'est ce que fait comprendre la seconde partie de ce livre.

Quoiqu'il restât à posséder une assez grande partie du pays , Josué partage le tout entre les tribus selon le commandement deTËterneU qui déclare que Lui-même chassera les habitants devant Israël. Mais le peuple n'a guère répondu à cette promesse. Les villes des Philistins ont bien été prises, mais leurs habitants n'ont pas été exterminés; ils sont restés et ont bientôt retrouvé leurs forces. Ici, on peut remarquer que , là où il y a de la^fidélité , il y a dn repos. L'œuvre de Josué eut pour effet que le pays fut tranquille sans avoir la guerre. Même résultat pour celle de Caleb (XIV, 15). Dans la distribution des villes aux Lévites, on retrouve cette même vérité (XXI, 43-44). Dans les détails , il n'en est pas ainsi ; toute l'étendue du pays est donnée à Israël , et chaque tribu a sa part ; aussi ce qui est échu à chaque tribu lui est donné en plein droit par l'Éternel lui-même. Les limites en sont marquées , car l'Esprit de Dieu prend connaissance de tout pour distribuer tout l'héritage spirituel, et à chacun selon les pensées de Dieu. Rien n'est incertain dans les arrangements de Dieu. Mais on trouve que

pas une tribu n'a chassé de son domaine tous les ennemis de Dieu , pas une seule n'a réalisé la possession de tout ce que Dieu lui avait donné.

Juda et Joseph prennent possession de leurs portions ; nous savons qu'ils sont toujours restés à la tète d'Israël, accomplissant ainsi les conseils de Dieu, quant à la royauté pour Juda et au droit d'aînesse échu en grâce à Joseph (Chap.XV, XVI, XVII) : le Tabernacle de Dieu est aussi posé en paix (Ghap. XVIII) ; mais une fois en repos , les tribus sont bien lentes à prendre possession de ce qui leur appartient; histoire trop constamment réalisée du peuple de Dieu. Ayant trouvé du repos , il laisse ce que Dieu a promis. Cependant, comme nous l'avons vu, l'Esprit de Dieu n'a pas manqué de désigner au peuple , en détail , tout ce qui lui appartient.

Les villes de refuge sont établies (Ch. XX j, c'est-à-dire , la terre étant à l'Éternel , il est pourvu à ce qu'elle ne soit pas souillée, et à ce que chacun puisse retrouver son héritage , lorsqu'il en aura été éloigné pour un temps par sa faute.

L'établissement des deux tribus et demie de l'autre côté du Jourdain , donne lieu à des difficultés et à des soupçons; toutefois ces tribus étaient fidèles au fond. Elles ont souffert de leur position , l'égoïsme ayant tant soit peugàtc

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