CHAPITRE XXVII
ses pensées relativement à son droit d'aînesse
étaient profanes. Maintenant commence Thistoire
de Jacob. Héritier des promesses et les appréciant,
il emploie, pour en finir, des moyens mauvais et
honteux. Dieu répond à sa foi et punit son péché
et son infidélité. Dieu eût pu donner suite à la
bénédiction par ses propres voies ; Jaceb préféra
les siennes et ne s'attendit pas à Dieu. Tout fut
dirigé d'en haut pour répondre à la foi et châtier le
mal dan^^le croyant. Esaii, de propos délibéré et
en ayant le choix, avait abandonné son droit.
Dieu n'était point dans ses pensées ; quand les
conséquences sont là, il ne peut être l'effet de la
bénédiction. Il faut agir par la foi seule , si l'on
veut être béni. Jacob devient maintenant l'image
d'Israël exilé et vagabond , héritier des promesses
sur lequel Dieu veille, mais proscrit.
Les pèlerinages d'Abraham étaient dans la Terra promise , ceux de Jacob en dehors ; choses bien différentes l'une de l'autre. Dieu était bien avec Jacob , et ne l'a jamais laissé. Mais Abraham marchait avec Dieu dans la réalisation de sa présence ; il bâtissait sop autel dans les divers lieux où il s'arrêtait dans son pèlerinage ; Jacob n'avait point d'autel , pendant le sien ^ loin du pays de la promesse ; car une marche comme la sienne éloigne de la communion de Dieu. De ce que Dieu, dans sa fidélité , va avec nous , il ne s'ensuit pa^ que nous soyons avec Lui. ^
Mais aussitôt que Jacob ploie sous le châtiment, pauvre, isolé , n'ayant que son bâton et une pierre pour son chevet , Dieu se révèle à lui et lui garantit toutes les promesses. Dieu lui apparaît, non pas dans une pleine révélation de communion, mais dans un songe, et ici toutes les promesses sont répétées , mais avec une notable différence d'avec toutes les précédentes : la promesse de bénédiction aux nations est faite à Jacob et à sa semence ; car ici la figure nous met en rapport avec le peuple dlsraël et la bénédiction de la terre ; ainsi , ce n'est pas simplement la seule semence , Christ , qui soit en vue , mais la ' semence d'Israël en possession du pays , la possession de la terre pendant lemillenium. Mais une autre promesse, précieuse et importante , est ajoutée, assurant Jacob que, quoique exilé et vagabond , Dieu le garderait partout où il irait et le ramènerait au pays , et qu'il ne l'abandonnerait point qu'il n'eût accompli tout ce qtf II lui avait dit ; Dieu était au-dessus de l'échelle , Jacob était l'objet de la promesse et de \d^ bénédiction de la terre , mais la terre entière était sous le gouver-r nement providentiel des cieux ; et les anges avaient soin de Jacob , montant et descendant pour accomplir la volonté de Dieu * .
1 Christ est l'objet en Jeao , TécheUe ne sert qu'à lier les deux parties de la scène.